Spécial Avignon par Patrick Adler
Hitchcock et Mary Rose.
Gémeaux
Hitchcock/Lidon ou la rencontres de deux maîtres incontestés.
Quand deux monstres sacrés se rencontrent, qu'est-ce qu'ils se racontent... ? Vous imaginez la suite. Du haut de Sa Suffisance, le Grand Alfred ne se serait pas forcément penché sur le cas Lidon. En revanche, le Grand Christophe Lidon l'a fait. Et bien fait. Entre théâtre et cinéma, vous allez plonger dans la psyché de ce « deus ex machina » de Hollywood. Et c'est juste ...jubilatoire !
Quand deux monstres sacrés se rencontrent, qu'est-ce qu'ils se racontent... ? Vous imaginez la suite. Du haut de Sa Suffisance, le Grand Alfred ne se serait pas forcément penché sur le cas Lidon. En revanche, le Grand Christophe Lidon l'a fait. Et bien fait. Entre théâtre et cinéma, vous allez plonger dans la psyché de ce « deus ex machina » de Hollywood. Et c'est juste ...jubilatoire !
Ça vous dirait de découvrir une lecture privée d'un scénario mis sous le boisseau depuis des lustres ? Ce n'est pas hollywoodien, cela n'a rien à voir avec « Les dix Commandements ». Ici, pas de tralala, de décors grandioses, tout est simple : ambiance cosy-chic d'un grand hôtel, joli canapé, petit bureau, fauteuil, une porte qui s'ouvre sur un grand écran en fond de scène, des éléments sonores et visuels. Non, de commandements, il n'y en a qu'un : celui du Maître, interrompu parfois par une clochette qu'agite la scénariste-maison J.P. Allen, la seule qui reste et supporte, juste en maugréant, les travers (de porc ?) du réalisateur libidineux. Cette clochette a valeur symbolique d'avertissement. Ne pas dépasser la ligne blanche.
Bon, Ça vous dit ? Moi aussi. En anglais. Me too. Et voilà, nous y sommes ! Cher public, que vous soyez féministe ou non, vous allez assister au premier « Me-too » de l'histoire du cinéma américain. Sous couvert de lire un scénario inspiré de l'histoire de « Mary Rose », écrite par l'auteur de Peter Pan, le vénéneux et habile Hitchcock va s'appuyer pour le jeu de la méthode (« The Method »), celle développée par Stanislavski, reprise à l'Actor's Studio par Strasberg, pour assouvir ses propres fantasmes. Pour faire court, il ne s'agira pas pour sa blonde - comme diraient nos cousins Québécois - de faire semblant, mais de jouer vraiment, d'incarner le personnage. On connait tous son fantasme pour les blondes (pas les cigarettes, bien que l'ogre pourrait les consommer aussi vite), de Kim Novak à Grace Kelly en passant par Eva-Marie-Saint sans oublier celle qui nous intéresse aujourd'hui : Tipi Hedren, Tipi la fondeuse, celle qui osera se refuser à lui, jusqu'au bout, celle dont le machiavélique Alfred finira par briser sa carrière. En somme, Hitchcock préfigurait les Weinstein, Epstein d'aujourd'hui, ces hommes auréolés d'un pouvoir absolu, qui généraient des recettes faramineuses et devenaient de fait « intouchables ». Toucher, en revanche, était leur moteur, c'est donc sournoisement qu'en interprétant les différents personnages du scénario il essaie de voler, qui un baiser, qui une étreinte qui...Le tout, sous le regard de connivence, à peine marri, de la scénariste. Il n'est qu'à relire les archives pour attester la mysoginie - d'aucun diront, mâtinée d'humour - du réalisateur : « Dieu a créé les blondes pour en faire des victimes » ou encore « Irresponsable et infantile, vous avez tout pour faire une excellente comédienne ». Même devenue spectre dans la pièce, Tipi Hedren alias Mary Rose subira les derniers assauts du Maître du suspense. Chant du cygne pour ce dernier qui, en voulant tourner cette œuvre très « personnelle » se verra refuser son scénario. Fin de l'emprise, l'armure se fend, le mythe est déboulonné.
C'est jubilatoire en tout ! Par la scénographie qui nous plonge entre théâtre et cinéma, par la bande sonore et le travail sur les lumières et, last but not least, par la distribution : le génial Eric Prat se voit offrir un rôle à sa (dé)mesure : il incarne Hitchcock sans l'imiter, se contentant d'accentuer la lippe et la démarche lourde mais assurée, la bouche est gourmande et humide, l'œil concupiscent, malicieux, diabolique et le phrasé...jubilatoire. Marjorie Frantz - iconique Merteuil - est comme toujours impeccable et convaincante. Quant à Mélanie Page, elle est une Mary Rose à la fois faible et forte, éthérée, fragile, angélique et rebelle. Courageuse, elle n'abdique en rien et retrouve sa dignité en échappant aux griffes d'un prédateur obscène et puissant.
Il lui en aura fallu du temps pour montre cette oeuvre, mais, en bon Maître des horloges et du suspense, Christophe Lidon est assuré aujourd'hui de vous offrir un ascenseur émotionnel qui pourrait vous conduire au syndrome de Stendhal ! Amateurs de sensations fortes, attachez vos ceintures ! C'est, je le répète... jubilatoire !
Bon, Ça vous dit ? Moi aussi. En anglais. Me too. Et voilà, nous y sommes ! Cher public, que vous soyez féministe ou non, vous allez assister au premier « Me-too » de l'histoire du cinéma américain. Sous couvert de lire un scénario inspiré de l'histoire de « Mary Rose », écrite par l'auteur de Peter Pan, le vénéneux et habile Hitchcock va s'appuyer pour le jeu de la méthode (« The Method »), celle développée par Stanislavski, reprise à l'Actor's Studio par Strasberg, pour assouvir ses propres fantasmes. Pour faire court, il ne s'agira pas pour sa blonde - comme diraient nos cousins Québécois - de faire semblant, mais de jouer vraiment, d'incarner le personnage. On connait tous son fantasme pour les blondes (pas les cigarettes, bien que l'ogre pourrait les consommer aussi vite), de Kim Novak à Grace Kelly en passant par Eva-Marie-Saint sans oublier celle qui nous intéresse aujourd'hui : Tipi Hedren, Tipi la fondeuse, celle qui osera se refuser à lui, jusqu'au bout, celle dont le machiavélique Alfred finira par briser sa carrière. En somme, Hitchcock préfigurait les Weinstein, Epstein d'aujourd'hui, ces hommes auréolés d'un pouvoir absolu, qui généraient des recettes faramineuses et devenaient de fait « intouchables ». Toucher, en revanche, était leur moteur, c'est donc sournoisement qu'en interprétant les différents personnages du scénario il essaie de voler, qui un baiser, qui une étreinte qui...Le tout, sous le regard de connivence, à peine marri, de la scénariste. Il n'est qu'à relire les archives pour attester la mysoginie - d'aucun diront, mâtinée d'humour - du réalisateur : « Dieu a créé les blondes pour en faire des victimes » ou encore « Irresponsable et infantile, vous avez tout pour faire une excellente comédienne ». Même devenue spectre dans la pièce, Tipi Hedren alias Mary Rose subira les derniers assauts du Maître du suspense. Chant du cygne pour ce dernier qui, en voulant tourner cette œuvre très « personnelle » se verra refuser son scénario. Fin de l'emprise, l'armure se fend, le mythe est déboulonné.
C'est jubilatoire en tout ! Par la scénographie qui nous plonge entre théâtre et cinéma, par la bande sonore et le travail sur les lumières et, last but not least, par la distribution : le génial Eric Prat se voit offrir un rôle à sa (dé)mesure : il incarne Hitchcock sans l'imiter, se contentant d'accentuer la lippe et la démarche lourde mais assurée, la bouche est gourmande et humide, l'œil concupiscent, malicieux, diabolique et le phrasé...jubilatoire. Marjorie Frantz - iconique Merteuil - est comme toujours impeccable et convaincante. Quant à Mélanie Page, elle est une Mary Rose à la fois faible et forte, éthérée, fragile, angélique et rebelle. Courageuse, elle n'abdique en rien et retrouve sa dignité en échappant aux griffes d'un prédateur obscène et puissant.
Il lui en aura fallu du temps pour montre cette oeuvre, mais, en bon Maître des horloges et du suspense, Christophe Lidon est assuré aujourd'hui de vous offrir un ascenseur émotionnel qui pourrait vous conduire au syndrome de Stendhal ! Amateurs de sensations fortes, attachez vos ceintures ! C'est, je le répète... jubilatoire !
Plus d'informations : www.theatredesgemeaux.com/hitchcock-et-mary-rose
Paru le 04/07/2026




