Spécial Avignon par Patrick Adler
Olympe Audouard
Petit Louvre
On peut avoir fait de hautes études (Sciences-Po/Droit/ENA), exercé de brillantes fonctions (Sous-préfecture/inspection des finances/Fondation du Patrimoine/CAPA) et aimer taquiner la muse. La culture, c'est son dada, à cet éternel jeune homme qu'est François de Mazières, maire de Versailles. À 13 ans déjà, il fréquentait son Conservatoire. Plus tard, sous l'égide de Jean-Jacques Aillagon, alors ministre de la Culture, puis longtemps Patron du domaine du Château de Versailles, il défendit la loi sur le mécénat. Pour paraphraser son essai "La culture n'est pas un luxe", c'est dire si l'homme est en tous points légitime et ces trente années du "Mois Molière" sont une illustration magistrale de sa contribution à l'Art, au théâtre en particulier. Alors, quand vient se glisser furtivement une création de son cru dans l'édition 2026 à Versailles et à Avignon, nous ne pouvons qu'y prêter attention. Et c'est une très bonne surprise !
Vous connaissiez Olympe Audouard ? Que nenni. Et pourtant... si vous saviez ! Lui sait qui va, une heure durant, par sa prose épurée et des dialogues fort documentés, nous faire découvrir la première journaliste de France. Olympe, un nom prédestiné pour celle qui eut à se hisser toujours plus haut, bravant le patriarcat ambiant, obtenant le droit de divorcer et la garde de son enfant - du jamais vu à l'époque- ! Olympe Audouard fut aussi et surtout la première femme à diriger un journal : "Le Papillon". Elle aura supporté les quolibets machistes de pharisiens haut placés. Moquée par tous ces satrapes qui la reléguaient au rang de "bas bleu" mais soutenue par les grands noms de l'époque (Théophile Gauthier, Victor Hugo) elle imprima son temps, faisant autorité sur tout et tous. De là à dire qu'avec elle, ça marchait "Audouard et à l'œil...". Plus sérieusement, elle force l'admiration car, entre les déboires professionnels et les drames personnels (la mort de son fils), elle a tout assumé et s'est toujours projetée, voyageant à l'envi, découvrant d'autres cultures, apprenant inlassablement. Excellente bretteuse, reine de la rhétorique, elle ne craignait aucun duel verbal et entendait bien faire entendre son point de vue et ses droits.
Pour incarner ce petit bout de femme énergique et opiniâtre, il fallait le punch et l'exigence de Gwenaël Ravaux qui se fond avec bonheur dans la psyché de ce personnage pour le moins surprenant quand on se réfère à l'époque. Et pour tous les hommes qui jalonnèrent sa vie, Nicolas Rigas, habitué des lieux et fidèle du "Mois Molière" où il commit nombreuses créations, est le "couteau suisse" idoine. Aussi à l'aise dans les habits de Théophile Gauthier que dans ceux du médecin, du prêtre, de Abd-el-Kader et consort, il est convaincant. Tous deux sont mis en scène avec bonheur par le jeune Martin Loizillon, autre habitué du festival, qui a su insuffler le rythme nécessaire à ce biopic théâtral. On ne pouvait clore ce chapitre sans citer le travail remarquable du brillant Alexandre Camerlo dans la scénographie qui reproduit le lieu de création du journal, jusqu'à la typo, permettant une fluidité des déplacements des deux comédiens qui apparaissent et disparaissent derrière ce grand élément en bois. Se cultiver dans une pièce courte, bien construite et bien jouée, que demander de plus ? Courez les applaudir et découvrir cette Olympe dont la flamme restera dans l'histoire de la presse.
Pour incarner ce petit bout de femme énergique et opiniâtre, il fallait le punch et l'exigence de Gwenaël Ravaux qui se fond avec bonheur dans la psyché de ce personnage pour le moins surprenant quand on se réfère à l'époque. Et pour tous les hommes qui jalonnèrent sa vie, Nicolas Rigas, habitué des lieux et fidèle du "Mois Molière" où il commit nombreuses créations, est le "couteau suisse" idoine. Aussi à l'aise dans les habits de Théophile Gauthier que dans ceux du médecin, du prêtre, de Abd-el-Kader et consort, il est convaincant. Tous deux sont mis en scène avec bonheur par le jeune Martin Loizillon, autre habitué du festival, qui a su insuffler le rythme nécessaire à ce biopic théâtral. On ne pouvait clore ce chapitre sans citer le travail remarquable du brillant Alexandre Camerlo dans la scénographie qui reproduit le lieu de création du journal, jusqu'à la typo, permettant une fluidité des déplacements des deux comédiens qui apparaissent et disparaissent derrière ce grand élément en bois. Se cultiver dans une pièce courte, bien construite et bien jouée, que demander de plus ? Courez les applaudir et découvrir cette Olympe dont la flamme restera dans l'histoire de la presse.
Plus d'informations : theatre-petit-louvre.fr/avignon/pl26-olympe-audouard/
Paru le 05/07/2026




