Zoom par Patrick Adler
Gustave Parking, de mieux en mieux, pareil
Mélo d’Amélie
Les québécois ont leurs poètes : Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Sol... Nous, nous avions Trenet, Prévert, Brassens, Higelin... tous disparus. Restent Renaud et... Gustave Parking, notre "fou jonglant", un clown philosophe génial de 70 printemps qui s'interroge aujourd'hui encore sur le devenir de notre planète. Captivant !
À l'image de son affiche, qu'il a ressortie pour sa rentrée parisienne - elle a quinze ans ! - il n'a pas changé, a toujours ce débit-mitraillette, cet œil rieur - et moqueur -, ce goût des autres qui l'amène à partager et ce sourire de grand gamin longiligne. Car sa force à lui, c'est le jeu, l'interactivité avec le public. Pour ce faire, il n'a pas changé et a toujours sur lui sa carte-maîtresse : la sincérité. Il le dit d'emblée "Je fais avec des objets simples et récupérés. Comme moi". La salle s'esclaffe. Le bonhomme n'en finit pas de jouer de l'auto-dérision, ce qui le rend d'autant plus sympathique. Mais le clown, s'il apparait foutraque dans son joyeux bordel et un brin diffluent, passant avec malice du coq à l'âne, n'en est pas moins structuré, inventif et diablement cultivé. Les aphorismes pleuvent, les jeux de mots aussi - évidemment -, comme les anagrammes (Marine Le Pen /Amène Le Pire) et sa novlangue ravit le public qui s'exerce à suivre ses raisonnements très "fouillés". Un exemple valant mieux que moult explications, nous vous en livrons quelques-uns : que doit-on à Lucy ? Nos gênes (hallucinogène), la schizo-Siffredi, il faut que l'homme s'éman-slip. Étonnant, non ? eût dit le regretté Desproges. Et derrière ses jongleries avec les mots comme avec les mains, celui qui est parti ces quinze dernières années enseigner aux Antilles l'improvisation théâtrale dans des quartiers dits "sensibles" n'a qu'une vertu cardinale : le vivre-ensemble. À en juger par une de ses conclusions, cet homme, qui n'aime rien tant que les mots qui rapprochent, en a trouvé un qui fait sens dans le conflit israélo-palestinien : Passerelle (le mix rêvé de Palestine et Israël).
Si vous aimez la poésie, la réflexion, le rire intelligent, si vous aimez partager (car vous serez mis à contribution pendant ces quatre-vingt minutes), courez-voir Gustave Parking dans son nouvel opus qui dit déjà tout dans son sous-titre : de mieux en mieux, pareil. On est fans !
Si vous aimez la poésie, la réflexion, le rire intelligent, si vous aimez partager (car vous serez mis à contribution pendant ces quatre-vingt minutes), courez-voir Gustave Parking dans son nouvel opus qui dit déjà tout dans son sous-titre : de mieux en mieux, pareil. On est fans !
Paru le 15/05/2026
(3 notes) THÉÂTRE LE MÉLO D'AMÉLIE Jusqu'au samedi 29 août
ONE (WO)MAN SHOW. Gustave Parking, personnage de bateleur moderne, philosophe, enchaîne les tournées : en France, en Europe, sur tous les continents et joue dans des salles aussi prestigieuses que l'Olympia et le Casino de Paris. Ce clown-poète dessine un oiseau avec une endive, joue du jazz à l'aide d'une bassine ...
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