Portrait par Jeanne Hoffstetter
Olivier Saladin et le théâtre…
« Un regard, un geste et les mots qu’on choisit. »
« Je suis très sensible à ça, ce qui correspond bien au théâtre. Restituer m'a toujours intéressé. » poursuit-il. Qu'il soit seul en scène ou entouré de ses complices, qu'il ait joué Corneille, Molière, Goldoni ou les contemporains, depuis Le début des années 80 les planètes sont pour lui en ordre de marche.
Toujours poussé par son intuition, il répond présent aux demandes de reprises s'il « le sent bien», restant néanmoins attentif à celui ou celle qui viendra le chercher pour une nouvelle aventure sans toutefois oser la solliciter. « Vous imaginez, si j'allais voir quelqu'un en lui disant : J'aimerais beaucoup jouer « Le Roi Lear », d'abord je trouverais ça d'une prétention folle, et ensuite pour travailler avec quelqu'un ça ne peut marcher qu'avec le regard, le désir de l'autre. » A peine «Art»* succès mondial de Yasmina Reza, mis en scène par François Morel, s'achève-t-il sous l'enthousiasme du public, qu'il s'octroie un brin de repos « avant de repartir à l'attaque » et de retrouver « Ancien malade des hôpitaux de Paris », d'après Daniel Pennac. Une sorte de comédie-thriller médical où, seul en scène, il se démultiplie et nous impressionne. « J'ai peut-être un peu vieilli mais le personnage, lui, n'a pas vieilli, alors ça va ! » dit-il en riant. « Je fais du texte ma lecture personnelle et aujourd'hui, je pense que j'ai envie de changer certaines petites choses dans l'interprétation. Je ne veux pas retrouver la même chanson, il faut que l'air change un peu, je ne me censure pas, j'improvise légèrement dans les zones où je peux me le permettre sans trahir l'auteur. »
Les textes qui ne disent pas autre chose que ce qu'ils disent m'ennuient un peu.
« Un texte ? Je le sens tout de suite et j'aime bien sentir que je peux jouer autre chose que ce qui est simplement écrit. Je me demande toujours ce que moi je peux apporter. Les textes qui ne disent pas autre chose que ce qu'ils disent m'ennuient un peu. C'est en ça, qu'à mon avis, l'écriture théâtrale est la plus difficile des écritures. »
Le comédien qui me parle si bien du théâtre, de celui qui l'inspire, jeune n'en rêvait pourtant pas particulièrement. Petit garçon né au Havre, l'école, il n'aimait pas. Tout à la fois timide, mais un peu déluré, un peu angoissé, il ne garde pas de l'enfance un souvenir spécialement heureux, mais plutôt celui « d'un tissu moiré qui change selon l'endroit d'où on le regarde. » Plus tard, au retour du service militaire en tombant sur une annonce de Paris-Normandie proposant des cours de théâtre, il se dit « Pourquoi pas ? Je vais rencontrer des gens ». Son intuition le pousse, il découvre, il aime et tout en travaillant comme carreleur, continue. « Et le Théâtre des Deux Rives à Rouen m'a proposé de travailler avec eux. Voilà, depuis je n'ai jamais arrêté ! »
Entre deux « coups de feu » il accorde du temps à sa vie sociale, fait du bateau, du vélo, du jardinage et s'investit toujours dans « Paysages de France », association qui lutte contre l'enlaidissement de nos paysages. Aurait-il imaginé faire une telle carrière ? « Non, bien sûr que non. A chaque fois que l'on fait un spectacle, on se dit que c'est peut-être le dernier parce qu'on dépend du regard des autres. »
Les textes qui ne disent pas autre chose que ce qu'ils disent m'ennuient un peu.
« Un texte ? Je le sens tout de suite et j'aime bien sentir que je peux jouer autre chose que ce qui est simplement écrit. Je me demande toujours ce que moi je peux apporter. Les textes qui ne disent pas autre chose que ce qu'ils disent m'ennuient un peu. C'est en ça, qu'à mon avis, l'écriture théâtrale est la plus difficile des écritures. »
Le comédien qui me parle si bien du théâtre, de celui qui l'inspire, jeune n'en rêvait pourtant pas particulièrement. Petit garçon né au Havre, l'école, il n'aimait pas. Tout à la fois timide, mais un peu déluré, un peu angoissé, il ne garde pas de l'enfance un souvenir spécialement heureux, mais plutôt celui « d'un tissu moiré qui change selon l'endroit d'où on le regarde. » Plus tard, au retour du service militaire en tombant sur une annonce de Paris-Normandie proposant des cours de théâtre, il se dit « Pourquoi pas ? Je vais rencontrer des gens ». Son intuition le pousse, il découvre, il aime et tout en travaillant comme carreleur, continue. « Et le Théâtre des Deux Rives à Rouen m'a proposé de travailler avec eux. Voilà, depuis je n'ai jamais arrêté ! »
Entre deux « coups de feu » il accorde du temps à sa vie sociale, fait du bateau, du vélo, du jardinage et s'investit toujours dans « Paysages de France », association qui lutte contre l'enlaidissement de nos paysages. Aurait-il imaginé faire une telle carrière ? « Non, bien sûr que non. A chaque fois que l'on fait un spectacle, on se dit que c'est peut-être le dernier parce qu'on dépend du regard des autres. »
Paru le 17/05/2026
(151 notes) THÉÂTRE MONTPARNASSE Jusqu'au vendredi 26 juin
TEXTE(S). Cette nuit-là, le docteur Galvan trouve la foi médicale, la perd, la retrouve, la perd à nouveau, et ainsi de suite car la nuit fut longue. Il fallait qu’il le raconte à quelqu’un. Désolé que ce soit vous.
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