Dossier par Philippe Escalier
Antigone
Théâtre de Poche-Montparnasse
Cette pièce de Jean Anouilh, créée en 1944, reste l'un des textes les plus troublants et les plus féconds du théâtre français. Après son « Candide », Didier Long retrouve le Poche avec l'une des œuvres majeures du répertoire portée par une belle distribution à laquelle participe Valérie Vogt.
Didier Long
Il est devenu au fil des années un artisan incontournable du théâtre privé parisien. Au Poche dont il est l'un des partenaires réguliers, il a signé, entre autres, « Rimbaud Verlaine, éclipse totale » de Christopher Hampton et «L'Échange» de Paul Claudel. Avec « Antigone », il retrouve Anouilh, dont il connaît de longue date la densité paradoxale.
Deux lectures antagonistes et également recevables sortiront de cette pièce écrite entre 1941 et 1942 : ceux qui y voient un acte de résistance à l'ordre oppressif, ceux qui n'y lisent qu'une accommodation au pouvoir. C'est précisément ce trouble que le metteur en scène cherche à préserver. La confrontation entre Antigone et Créon oppose, explique-t-il, deux logiques qui se tiennent chacune. Créon, qui n'était pas destiné à régner, a endossé le pouvoir par devoir, convaincu que l'on ne refuse pas de servir son pays. Face à lui, Antigone incarne un absolu et une liberté que rien ne tempère.
Pour accentuer le déterminisme de la tragédie, Didier Long a choisi que tous les personnages demeurent sur scène en permanence, se relayant à tour de rôle dans les passages du chœur, à l'exception d'Antigone elle-même. Le spectateur est ainsi invité à se déterminer, à prendre parti, avant de se raviser peut-être au moment où Antigone accepte trop sereinement sa mort. Une fois la pièce lancée, Didier Long jouera le garde en alternance, mais comme il le confie volontiers : « ce sont avant tout les acteurs qui l'occupent tout entier ! ».
Valérie Vogt
Née à Reims, Valérie Vogt grandit dans l'univers poètique du Café du Palais, institution de la Cité des sacres que tient sa famille, où la culture et les mots ne sont jamais absents. La venue au lycée de Philippe Adrien, venu parler d'« Ubu », détourne la jeune femme de ses projets d'avocate ou de psychiatre. Elle monte à Paris et intègre le Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique.
Sa carrière, forte de quatre décennies, conjugue théâtre, cinéma et télévision sans jamais s'enfermer dans un registre unique. Au plateau, elle a défendu aussi bien « Médée » d'Euripide que des comédies plus légères, aux côtés de metteurs en scène aussi différents que Jérôme Savary, Philippe Adrien, Marion Bierry, Thomas Le Douarec ou Alexis Michalik, dont elle partage longtemps l'affiche d'« Edmond ». Au cinéma, elle apparaît en 2024 dans « Le Deuxième Acte » de Quentin Dupieux. Engagée, elle siège au conseil d'administration de l'Adami. Elle est aussi marraine de l'association ELA, qui aide les familles touchées par la leucodystrophie.
Aujourd'hui au Poche, retrouvant le grand répertoire, elle rejoint la distribution d'« Antigone » aux côtés d'Éric Laugérias, Hermine Granville, Cassandre de Kerraoul, Séverine Vincent, Robin Hairabian et Antony Cochin. Elle jouera aussi cet été en Avignon aux Lucioles, « Le voyage d'Alice en Italie » de Lukas Bärfuss, mis en scène par Stéphanie Dussine.
Il est devenu au fil des années un artisan incontournable du théâtre privé parisien. Au Poche dont il est l'un des partenaires réguliers, il a signé, entre autres, « Rimbaud Verlaine, éclipse totale » de Christopher Hampton et «L'Échange» de Paul Claudel. Avec « Antigone », il retrouve Anouilh, dont il connaît de longue date la densité paradoxale.
Deux lectures antagonistes et également recevables sortiront de cette pièce écrite entre 1941 et 1942 : ceux qui y voient un acte de résistance à l'ordre oppressif, ceux qui n'y lisent qu'une accommodation au pouvoir. C'est précisément ce trouble que le metteur en scène cherche à préserver. La confrontation entre Antigone et Créon oppose, explique-t-il, deux logiques qui se tiennent chacune. Créon, qui n'était pas destiné à régner, a endossé le pouvoir par devoir, convaincu que l'on ne refuse pas de servir son pays. Face à lui, Antigone incarne un absolu et une liberté que rien ne tempère.
Pour accentuer le déterminisme de la tragédie, Didier Long a choisi que tous les personnages demeurent sur scène en permanence, se relayant à tour de rôle dans les passages du chœur, à l'exception d'Antigone elle-même. Le spectateur est ainsi invité à se déterminer, à prendre parti, avant de se raviser peut-être au moment où Antigone accepte trop sereinement sa mort. Une fois la pièce lancée, Didier Long jouera le garde en alternance, mais comme il le confie volontiers : « ce sont avant tout les acteurs qui l'occupent tout entier ! ».
Valérie Vogt
Née à Reims, Valérie Vogt grandit dans l'univers poètique du Café du Palais, institution de la Cité des sacres que tient sa famille, où la culture et les mots ne sont jamais absents. La venue au lycée de Philippe Adrien, venu parler d'« Ubu », détourne la jeune femme de ses projets d'avocate ou de psychiatre. Elle monte à Paris et intègre le Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique.
Sa carrière, forte de quatre décennies, conjugue théâtre, cinéma et télévision sans jamais s'enfermer dans un registre unique. Au plateau, elle a défendu aussi bien « Médée » d'Euripide que des comédies plus légères, aux côtés de metteurs en scène aussi différents que Jérôme Savary, Philippe Adrien, Marion Bierry, Thomas Le Douarec ou Alexis Michalik, dont elle partage longtemps l'affiche d'« Edmond ». Au cinéma, elle apparaît en 2024 dans « Le Deuxième Acte » de Quentin Dupieux. Engagée, elle siège au conseil d'administration de l'Adami. Elle est aussi marraine de l'association ELA, qui aide les familles touchées par la leucodystrophie.
Aujourd'hui au Poche, retrouvant le grand répertoire, elle rejoint la distribution d'« Antigone » aux côtés d'Éric Laugérias, Hermine Granville, Cassandre de Kerraoul, Séverine Vincent, Robin Hairabian et Antony Cochin. Elle jouera aussi cet été en Avignon aux Lucioles, « Le voyage d'Alice en Italie » de Lukas Bärfuss, mis en scène par Stéphanie Dussine.
Paru le 17/05/2026
(11 notes) THÉÂTRE DU POCHE-MONTPARNASSE Jusqu'au dimanche 12 juillet
TRAGÉDIE. Antigone, c’est le farouche cri de colère de la jeunesse envers l’autorité arbitraire. C’est la voix vive de l’instinct s’opposant aux diktats humains. Jean Anouilh s’inspire de la tragédie de Sophocle pour composer, en pleine Occupation, une œuvre emblème de toutes les résistances. Antigone aura...
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