Zoom par Jeanne Hoffstetter
La guerre de Troie n’aura pas lieu
Studio Hébertot
D'emblée la typographie intéressante de l'affiche, l'opposition des visages et des époques, annoncent le propos de la pièce. La guerre de Troie aura-t-elle lieu... ou non ?
Grand classique de notre littérature et de nos mises en scène théâtrales, la pièce de Jean Giraudoux, écrite en 1935, a de beaux jours devant elle. "Beaux jours" étant ici pensé à bon escient. Je me souviens d'ailleurs l'avoir vue avec Anny Duperey (Hélène) et Bernard Giraudeau (Pâris) au théâtre de la Ville magnifiquement mise en scène par Jean Mercure.
La pièce : S'il détourne les tragédies de la Grèce antique à travers ses personnages, c'est bien à son époque qu'il pense en écrivant cette "Guerre de Troie" alors que les régimes dictatoriaux naissent ici et là en Europe, que les prémices d'une nouvelle guerre se font sentir et que ses voyages diplomatiques la lui font indirectement côtoyer. C'est aux Dardanelles qu'il pense encore où, à deux reprises en 24 heures, il fut gravement blessé refusant la première fois d'abandonner ses compagnons face à l'horreur (il reçut pour ça la Légion d'honneur).
Devenu un ardent défenseur de la paix, de la fraternité entre les hommes et les peuples, Jean Giraudoux n'ignore pas pour autant qu'il existe aussi un clan des va-t-en-guerre, qu'il existe des "poètes" idéologues dangereux qui ne partagent pas ses idées, qu'il est difficile de lutter face aux forces du mal. Tout cela est magnifiquement exprimé sous la plume de l'auteur.
Autre temps, autre manière
J'ai trouvé épatante la mise en scène d'Edouard Dossetto qui prend le parti de placer l'action de nos jours sans altérer en aucune manière le texte malgré quelques coupes. Vidéos, tablettes, portables, micro, visios, réseaux, table de conférence et comédiens adéquat, d'emblée le plateau nous plonge dans l'actualité entre urgence, menace et espoir de négociation... sur fond de guerre de Troie comme pour mieux nous montrer peut-être qu'au fond si tout change, rien ne change depuis Homère, l'homme demeure et de quelque manière qu'il s'exprime, quel qu'en soit le motif ou la nécessité, le besoin de conflit est sa vie.
La pièce : S'il détourne les tragédies de la Grèce antique à travers ses personnages, c'est bien à son époque qu'il pense en écrivant cette "Guerre de Troie" alors que les régimes dictatoriaux naissent ici et là en Europe, que les prémices d'une nouvelle guerre se font sentir et que ses voyages diplomatiques la lui font indirectement côtoyer. C'est aux Dardanelles qu'il pense encore où, à deux reprises en 24 heures, il fut gravement blessé refusant la première fois d'abandonner ses compagnons face à l'horreur (il reçut pour ça la Légion d'honneur).
Devenu un ardent défenseur de la paix, de la fraternité entre les hommes et les peuples, Jean Giraudoux n'ignore pas pour autant qu'il existe aussi un clan des va-t-en-guerre, qu'il existe des "poètes" idéologues dangereux qui ne partagent pas ses idées, qu'il est difficile de lutter face aux forces du mal. Tout cela est magnifiquement exprimé sous la plume de l'auteur.
Autre temps, autre manière
J'ai trouvé épatante la mise en scène d'Edouard Dossetto qui prend le parti de placer l'action de nos jours sans altérer en aucune manière le texte malgré quelques coupes. Vidéos, tablettes, portables, micro, visios, réseaux, table de conférence et comédiens adéquat, d'emblée le plateau nous plonge dans l'actualité entre urgence, menace et espoir de négociation... sur fond de guerre de Troie comme pour mieux nous montrer peut-être qu'au fond si tout change, rien ne change depuis Homère, l'homme demeure et de quelque manière qu'il s'exprime, quel qu'en soit le motif ou la nécessité, le besoin de conflit est sa vie.
Paru le 09/03/2026
(9 notes) STUDIO HÉBERTOT Jusqu'au dimanche 5 avril
THÉÂTRE CONTEMPORAIN. Troie. Réunion en cellule de crise. Quelques heures avant l'arrivée du négociateur grec, Ulysse. Le débat fait rage. Faut-il se défendre face à l'agression grecque, et déclarer la guerre ? Faut-il l'éviter, et comment ? Car "la guerre s'enfante d'elle-même" malgré celles et ceux qui se battent...
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