Zoom par Jeanne Hoffstetter
Les Misérables
Théâtre Hébertot
"Jamais plus grosse hydre ne sera éclose dans un gouffre. Dante a fait l'enfer de dessous, j'ai tâché de faire l'enfer de dessus. Il a peint les damnés, j'ai peint les hommes." écrivait Victor Hugo à propos des Misérables.
L'hydre en question est un monument littéraire, historique (1815-1832) et philosophique nourri des nombreux paradoxes de l'auteur tiraillé entre le bien et le mal, la révolte, la violence, son obsession pour la rédemption et l'espoir qu'il mettait malgré tout en la société.
Malgré l'ampleur d'un tel roman ou peut-être à cause, il n'a cessé d'inspirer au long des décennies, cinéastes et metteur en scène. Manon Montel s'est à son tour lancée dans l'aventure il y a quelques années.
Sceptique, malgré les dithyrambes affichés depuis le début, ma curiosité et la confiance que je fais à la programmation du théâtre Hébertot ont fini par l'emporter. Bien m'en prit.
Ma première surprise fut de constater la présence dans la salle de jeunes enfants. Je vous explique en deux mots : ma mère, que l'œuvre de Victor Hugo intéressait au plus haut point, ne perdait jamais une occasion d'encourager ses enfants à sortir de la bibliothèque les livres de ce géant de la littérature française. Trop jeune sans doute pour me passionner, "Les Misérables" avaient rapidement retrouvé leur place.
Au théâtre, qu'allaient comprendre ces enfants des passions de Victor Hugo exposées là durant une heure et cinquante minutes ? Mais quelle ne fut pas ma surprise en sortant d'entendre dans la rue devant moi une maman répondre aux questions de son petit garçon ! Il n'avait donc dormi, ni ne s'était impatienté...
"Et ce matin, 30 juin, à huit heures et demie, avec un beau soleil dans mes fenêtres, j'ai fini "Les Misérables"... "C'est dans la plaine de Waterloo et dans le mois de Waterloo que j'ai livré ma bataille. J'espère ne point l'avoir perdue..." écrivait encore Victor Hugo.
Manon Montel je dois le dire a elle aussi réussi sa bataille, car je suppose que c'en fut une tant la tâche était d'ampleur. En prenant le parti non seulement de confier à la Thénardier la charge de raconter ce récit, n'hésitant pas à la faire s'adresser au public, elle a trouvé son fil conducteur lui permettant en outre autant d'ellipses que nécessaire à la construction de son adaptation sans que l'histoire n'en souffre. Sa mise en scène est magnifique, dont je brûle d'envie d'évoquer certains tableaux, mais ce serait tellement dommage ! Des morceaux de musique accompagnent judicieusement ce Paris d'une autre époque et les dix comédiens qui jouent, pour certains, plusieurs rôles dont Manon Montel elle-même, sont si épatants qu'ils nous feraient oublier que nous sommes au théâtre. Costumes et lumière sont superbes. En conclusion, le travail de Manon Montel est à la hauteur des éloges qui lui sont faites et je vais oublier le côté manichéen des personnages de Victor Hugo emporté par sa révolte et sa passion, sans oublier par contre de dire combien il est heureux pour le théâtre aujourd'hui de voir en nombre, dans la salle, enfants et jeunes gens !
Malgré l'ampleur d'un tel roman ou peut-être à cause, il n'a cessé d'inspirer au long des décennies, cinéastes et metteur en scène. Manon Montel s'est à son tour lancée dans l'aventure il y a quelques années.
Sceptique, malgré les dithyrambes affichés depuis le début, ma curiosité et la confiance que je fais à la programmation du théâtre Hébertot ont fini par l'emporter. Bien m'en prit.
Ma première surprise fut de constater la présence dans la salle de jeunes enfants. Je vous explique en deux mots : ma mère, que l'œuvre de Victor Hugo intéressait au plus haut point, ne perdait jamais une occasion d'encourager ses enfants à sortir de la bibliothèque les livres de ce géant de la littérature française. Trop jeune sans doute pour me passionner, "Les Misérables" avaient rapidement retrouvé leur place.
Au théâtre, qu'allaient comprendre ces enfants des passions de Victor Hugo exposées là durant une heure et cinquante minutes ? Mais quelle ne fut pas ma surprise en sortant d'entendre dans la rue devant moi une maman répondre aux questions de son petit garçon ! Il n'avait donc dormi, ni ne s'était impatienté...
"Et ce matin, 30 juin, à huit heures et demie, avec un beau soleil dans mes fenêtres, j'ai fini "Les Misérables"... "C'est dans la plaine de Waterloo et dans le mois de Waterloo que j'ai livré ma bataille. J'espère ne point l'avoir perdue..." écrivait encore Victor Hugo.
Manon Montel je dois le dire a elle aussi réussi sa bataille, car je suppose que c'en fut une tant la tâche était d'ampleur. En prenant le parti non seulement de confier à la Thénardier la charge de raconter ce récit, n'hésitant pas à la faire s'adresser au public, elle a trouvé son fil conducteur lui permettant en outre autant d'ellipses que nécessaire à la construction de son adaptation sans que l'histoire n'en souffre. Sa mise en scène est magnifique, dont je brûle d'envie d'évoquer certains tableaux, mais ce serait tellement dommage ! Des morceaux de musique accompagnent judicieusement ce Paris d'une autre époque et les dix comédiens qui jouent, pour certains, plusieurs rôles dont Manon Montel elle-même, sont si épatants qu'ils nous feraient oublier que nous sommes au théâtre. Costumes et lumière sont superbes. En conclusion, le travail de Manon Montel est à la hauteur des éloges qui lui sont faites et je vais oublier le côté manichéen des personnages de Victor Hugo emporté par sa révolte et sa passion, sans oublier par contre de dire combien il est heureux pour le théâtre aujourd'hui de voir en nombre, dans la salle, enfants et jeunes gens !
Paru le 03/03/2026
(1 notes) THÉÂTRE HÉBERTOT Jusqu'au dimanche 31 mai
TRAGÉDIE à partir de 8 ans. Une fresque bouleversante et spectaculaire, avec 10 comédiens et 70 costumes, qui vous fera revivre l’épopée de Victor Hugo sur scène !
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