Zoom par Patrick Adler
Hamlet, la fin d'une enfance
Lucernaire
C'est sans doute parce que les thèmes de ses pièces sont universels que Shakespeare ouvre le champ des possibles. Et quand Christophe Luthringer s'en empare, ça fait sens et ça fait du bruit. Comme dans un Opéra-rock. Magnifié par le talent d'un jeune surdoué de la scène : Victor Duez, cet Hamlet-là est captivant, roboratif à souhait. On s'étonne, on s'émerveille : le texte est là, Hamlet aussi, téléporté dans une chambre d'ado en bordel où apparaissent, comme dans un cabinet de curiosités un castelet, des marionnettes, un écran pour les visios, une guitare et... le crâne mortuaire. Lui joue Hamlet sur un rythme haletant. Un Hamlet revisité qui nous laisse béats d'admiration.
Il a balancé ses baskets rouges, pris sa guitare, il joue fort, très fort pour couvrir les paroles de sa mère qui, selon lui, l'a trahi en le remplaçant aussi promptement après la mort de son père. On est bien chez Shakespeare et Hamm fait de son royaume - sa chambre - son seul refuge. Enfermé dans sa colère comme le Prince du Danemark pour qui, comme lui, "quelque chose est pourri", il fait revivre la pièce grâce à ses potes en visio, des marionnettes et poupées sorties d'un coffre, des figurines tirées de "La Guerre des Etoiles" (Guildenstern et Rosenkranz), posées sur une étagère. Il déclame, chante, danse, se meut en marionnettiste dans un rythme étourdissant.
Cette énergie diabolique qui, comme Hamlet, pourrait le conduire à la folie, s'estompe peu à peu. La douleur s'atténue, la résilience est en marche, le deuil se fait. Les appels de la mère derrière la porte semblent enfin trouver un écho. Dans une dernière danse macabre où le lit devient tombe et où il livre un hommage à son père, un bouquet de fleurs à la main, Hamm lâche prise, ouvre la porte, appelle sa mère.
C'est bouleversant et, quelque part, unique. Après "Tout va bien", Victor Duez nous cueille une fois de plus. Son jeu d'acteur est puissant, impressionnant dans sa variation. Il se fond avec agilité dans le décor "rock" très léché de David Teysseyre. La bande son est ultra-pop et comme le jeune homme sait aussi chanter, on se réjouit à l'écoute de ses balades, odes à sa dulcinée.
Son premier Avignon a été un énorme succès, confirmé depuis à Paris (il joue au Lucernaire jusqu'au 29 mars). Il récidive cet été en Avignon. Alors, ne le manquez pas ! C'est un régal !
Cette énergie diabolique qui, comme Hamlet, pourrait le conduire à la folie, s'estompe peu à peu. La douleur s'atténue, la résilience est en marche, le deuil se fait. Les appels de la mère derrière la porte semblent enfin trouver un écho. Dans une dernière danse macabre où le lit devient tombe et où il livre un hommage à son père, un bouquet de fleurs à la main, Hamm lâche prise, ouvre la porte, appelle sa mère.
C'est bouleversant et, quelque part, unique. Après "Tout va bien", Victor Duez nous cueille une fois de plus. Son jeu d'acteur est puissant, impressionnant dans sa variation. Il se fond avec agilité dans le décor "rock" très léché de David Teysseyre. La bande son est ultra-pop et comme le jeune homme sait aussi chanter, on se réjouit à l'écoute de ses balades, odes à sa dulcinée.
Son premier Avignon a été un énorme succès, confirmé depuis à Paris (il joue au Lucernaire jusqu'au 29 mars). Il récidive cet été en Avignon. Alors, ne le manquez pas ! C'est un régal !
Paru le 27/02/2026
(17 notes) THÉÂTRE DU LUCERNAIRE Jusqu'au dimanche 29 mars
SEUL(E) EN SCÈNE à partir de 12 ans. Un Hamlet comme on ne l’a jamais vu ! Hamm, 19 ans, a perdu son père il y a deux mois, et sa mère a déjà retrouvé quelqu’un. Cette situation est insupportable. Hamm ne veut plus sortir de sa chambre. Dans une mise en scène immersive, il transforme son lieu en théâtre. Avec sa guitare, ses lumières...
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