Zoom par Patrick Adler
La Guerre de Troie n'aura pas lieu
Studio Hébertot
Une très grande table (on se croirait chez Poutine), un dress-code très actuel pour des comédiens appelés à jouer les figures emblématiques de cet épisode historique, une ambiance "cellule de crise" contemporaine qui tranche avec les représentations classiques de notre enfance mais qui résonne ô combien dans la géopolitique actuelle, c'est Anouilh revisité avec intelligence dans ce parti-pris vraiment réussi !
On s'affaire, il y a urgence. Comme sur les réseaux sociaux, une foultitude d'infos arrive en direct, les micros sont branchés, les caméras installées, une négociation est visiblement en cours en dépit de l'affirmation péremptoire d'Andromaque qui dit d'emblée que "La guerre de Troie n'aura pas lieu". Non, vous ne vous êtes pas trompés d'époque, la pièce, le thème et quelque part, les personnages, sont devenus universels. On est dans l'avant-guerre. La menace est donc réelle, alors on débat, on explique, on ratiocine même mais il y a toujours un gap entre les discours et les décisions. Le public le sent qui, comme aimanté (bien qu'il connaisse la fin) suit les discussions avec fébrilité et devient presque participant dans le dilemme "se défendre ou déclarer la guerre". Malgré le retour d'Hélène et l'arrivée tant attendue du négociateur Ulysse, les bellicistes auront-ils le dernier mot ?
Fidèle au texte, en dépit de quelques coupes qui ne gênent en rien l'intrigue, Edouard Dossetto réalise un pari audacieux qui force le respect et l'admiration. On a beau connaître la pièce - devenue "un classique" - sa vision moderne, visiblement inspirée des dernières négociations internationales, est parfaitement crédible et même percutante par l'énergie qui s'en dégage. La distribution, comme la mise en scène sobre et très léchée, est convaincante.
Et puisque la pièce résonne plus que jamais aujourd'hui, posons-nous la question de notre rapport à la guerre, de nos atermoiements. Là aussi, il y a urgence. Comme il y a urgence à découvrir cette pépite que Jean-Pierre Hané a eu l'intelligence de programmer et qui - ce n'est que justice - démarre déjà fort bien.
Fidèle au texte, en dépit de quelques coupes qui ne gênent en rien l'intrigue, Edouard Dossetto réalise un pari audacieux qui force le respect et l'admiration. On a beau connaître la pièce - devenue "un classique" - sa vision moderne, visiblement inspirée des dernières négociations internationales, est parfaitement crédible et même percutante par l'énergie qui s'en dégage. La distribution, comme la mise en scène sobre et très léchée, est convaincante.
Et puisque la pièce résonne plus que jamais aujourd'hui, posons-nous la question de notre rapport à la guerre, de nos atermoiements. Là aussi, il y a urgence. Comme il y a urgence à découvrir cette pépite que Jean-Pierre Hané a eu l'intelligence de programmer et qui - ce n'est que justice - démarre déjà fort bien.
Paru le 24/02/2026
(5 notes) STUDIO HÉBERTOT Jusqu'au dimanche 5 avril
THÉÂTRE CONTEMPORAIN. Troie. Réunion en cellule de crise. Quelques heures avant l'arrivée du négociateur grec, Ulysse. Le débat fait rage. Faut-il se défendre face à l'agression grecque, et déclarer la guerre ? Faut-il l'éviter, et comment ? Car "la guerre s'enfante d'elle-même" malgré celles et ceux qui se battent...
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