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©Emmanuel Noblet


Olivier Saladin
de retour aux urgences, au théâtre de l’Atelier
Il pose sur sa carrière et les motivations qui l'y conduisirent un regard amusé et distancié. Parlez-lui du succès rencontré par "Ancien malade des hôpitaux de Paris", de nouveau à l'affiche et nommé aux Molière, il garde raison et reconnaît quand même que oui, ça marche bien...
Alors bien sûr, le concernant, vous reviennent à l'esprit les regrettés "Deschiens" de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, les discussions inénarrables entre les deux normands qu'étaient Messieurs Morel et Saladin... Le médecin légiste Pluvinage et ses envolées poétiques dans "Boulevard du Palais" ne sont pas mal non plus ! Quant à sa présence sur scène, elle ne reste jamais sans effet... La Pépinière, le Rond-Point, et le théâtre de l'Atelier pour le dernier en date, où il fait sienne la nouvelle de Daniel Pennac. Drôle d'histoire que celle de ce jeune médecin de garde aux urgences qui, rêvant à sa future carte de visite, va l'espace d'une nuit et face à un cas d'espèce, voir ses certitudes voler en éclats. Olivier Saladin qui aime bien et connaît un peu l'univers médical, n'a pas hésité lorsque son ami François Morel lui a tendu le texte de Pennac traitant avec humour non seulement d'un cas grave d'hypocondrie, mais aussi, le titre est éloquent, du rapport des médecins hospitaliers à leur carte de visite. « J'aime bien le côté technique, précis de la médecine. Là j'ai vu immédiatement qu'en tant qu'acteur je pouvais m'en emparer complètement et même improviser ici ou là, avec l'assentiment de Daniel Pennac. Tout ça a été intuitif et immédiat. »

Ça n'est pas moi qui dois faire rire, ce sont les situations.

De la grande importance du décor à la mise en scène, du choix de l'acteur à endosser tour à tour les rôles de chaque spécialiste appelé au chevet du malade, comment travailler en bonne intelligence avec un metteur en scène lorsque l'on a des choses, une idée aussi précise ? «C'est vrai que certains metteurs en scène aiment prendre totalement les choses en main, mais moi je préfère que l'on m'accompagne. J'ai mon intuition d'acteur et je suis aussi capable de penser, je savais où je voulais aller. Je voyais un thriller médical, j'avais cette image de flèche partie droite pour atteindre son but, tout de suite. Je ne voulais pas non plus le jouer trop comique, ça n'est pas moi qui doit faire rire, ce sont les situations. Alors je savais qu'avec mon copain Benjamin Guillard qui est également comédien, ça collerait tout de suite. Sinon j'ai fait de petits agencements pour garder le rythme. Un peu comme pour un costume auquel il faut reprendre un ourlet ou raccourcir légèrement les manches pour qu'il vous aille parfaitement. »

Sans dévoiler, à ceux qui ne l'ont pas encore vu, la cerise sur le gâteau posée à la fin du spectacle, force est de constater que la flèche n'a pas raté sa cible. Le public s'amuse et s'émeut de la crainte subite du docteur Galvan de ne pas être à la hauteur, personnage auquel Olivier Saladin ajoute un supplément d'âme et de rêves. « Le succès, vous savez... Je raconte une histoire, après j'ai toujours espoir que, comme dans une malle pleine d'objets que l'on découvre dans un grenier, le spectateur va trouver des choses qui correspondent à sa vie... »
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 18/05/2016

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