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© Laurencine Lot


À tort et à raison
au théâtre Hébertot
Dans cette pièce remarquable à tous égards, Michel Bouquet et Francis Lombrail se livrent une guerre sans merci. Autour d'eux, Juliette Carré, Didier Brice, Margaux van Plas et Damien Zanoly.
La pièce
Signée Ronald Harwood, mise en scène par Georges Werler et basée sur des documents historiques, elle nous renvoie à Berlin en 1946. Cette année-là le commandant Américain Arnold, fort de son inculture, est missionné pour diriger l'enquête qui doit prouver la complaisance du grand chef d'orchestre Furtwängler envers le régime nazi. Dans le crescendo de l'interrogatoire, Arnold s'acharne à faire tomber l'idole de son socle, mais l'affrontement finira par fissurer les certitudes de chacun. L'artiste peut-il, au prétexte d'exercer son art, fermer les yeux sur la barbarie qui l'entoure ? Est-on en mesure de juger le comportement d'autrui ? Cette confrontation fascinante magnifiquement interprétée n'apportera pas de réponse.

Francis Lombrail est Steve Arnold.
Il avait incarné le personnage en 2013 au théâtre Rive Gauche sous la direction d'Odile Roire. Jean-Pol Dubois était Furtwängler. « Et c'était magnifique ! Là, Michel Bouquet (qui a joué ce rôle qu'il adore il y a dix-sept ans) apporte à Furtwängler une couleur différente, un côté totalement inatteignable. On sent que les arguments concrets d'Arnold se fracassent contre une personne cultivée, qui vit dans un autre monde. Alors mon jeu est différent aussi. Derrière la technique très au point d'Arnold pour détruire Furtwängler, quelque chose va le faire douter, on sent qu'il va rechercher en lui ce qu'il n'a pas l'habitude d'y trouver. Il est impossible de prendre parti, de dire qui a raison et qui a tort. C'est un personnage formidablement intéressant à interpréter qui au début pose ses questions, ne raisonne pas, puis au troisième acte on sent le doute contre lequel il tente de lutter, monter en lui. Finalement la rédemption ne peut venir que de l'art, que de la croyance en l'excellence. J'ajoute que les comédiens qui nous entourent sont formidables et que la pièce a une résonnance incroyable aujourd'hui. »

Didier Brice est Helmut Rode, second violon
« Le théâtre est là à son meilleur. C'est une pièce majeure qui, sur la trame d'un suspense dont les enjeux évoluent d'une scène à l'autre, propose une formidable réflexion au public. Chacun des rôles est très abouti psychologiquement et symboliquement, et parce que l'auteur ne prend jamais parti, tous les personnages peuvent nous toucher. C'est aussi la force de cette pièce qui nous met aussi face à tous nos débordements, nos amalgames, nos désirs, notre paresse, tout en étant une véritable déclaration d'amour à l'art. Pour ce qui concerne Helmut Rode, tout en étant très ambigu, on sait clairement de quel côté il se situe, mais je ne veux pas trop en dire, si ce n'est qu'il m'arrive pourtant de faire rire ! J'étais surpris qu'on me propose un rôle avec ces défauts-là et puis, après l'avoir interprété en tournée je le sens plus proche de moi, de choses enfouies qui tout à coup se révèlent. Le théâtre c'est prendre les gens dans nos bras et leur dire : Regardez, nous sommes comme vous, nous avons les mêmes défauts, les mêmes joies.»
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 10/02/2016

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À TORT ET À RAISON   (58 notes)
THEATRE HEBERTOT
Jusqu'au lundi 2 janvier

C. DRAMA. En 1946, à Berlin, le commandant américain Steve Arnold se retrouve face au célèbre chef d'orchestre, Wilhelm Furtwängler. Ce dernier se voit reprocher d’avoir continué à diriger la Philharmonie durant le régime hitlérien et échangé une poignée de mains avec le dictateur. Le commandant a "la quest...


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