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© Adéquat


Claire Nadeau
au théâtre du Montparnasse
Aux côtés de Genneviève Fontanel, Judith Magre et Edith Scob, elle joue «Les grandes filles» de Stéphane Guérin, mise en scène par Jean-Paul Muel.
Stéphane Guérin a l'art de repeindre à sa manière nos conventions sociales. Qu'allons nous découvrir derrière ce titre mystérieux ?
Au fond, je ne sais pas si ce titre est une référence au grand âge ou à la jeunesse éternelle. Disons que c'est une antiphrase. Et je suis la benjamine de ce quatuor, c'est vous dire ! L'une est juive, l'autre musulmane, la troisième témoin de Jéhovah et la quatrième, catholique. Au fil des saisons, certains événements comme le Nouvel an, la Saint Valentin, la fête des mères ou celle de la musique, vont nourrir leurs rencontres souvent fortuites, et leur donner matière à évoquer des souvenirs personnels. Elles s'expriment en toute liberté, ironisent et cependant n'entrent jamais dans le conflit. On pourrait dire que ce sont de vieilles dames indignes !

Il n'est pas innocent qu'elles soient de confessions différentes, dans quelle mesure cela impacte-il leurs échanges ?
La religion n'est pas prise au sens strict et n'a pas d'interférence, sauf à donner à chacune d'elles un caractère. C'est avant tout humoristique. Elles ne revendiquent à aucun moment ce qu'elles représentent, ne parlent ni de religion ni de politique. Pour vous donner un exemple le personnage incarné par Judith veut jouer Yiddish Mamma sur des casseroles à la fête de la musique ! Tout ça est un peu décalé et absolument hilarant !

Parlez-nous de votre personnage, madame Yvonne.
Elle est catholique simplement parce qu'elle trouve que c'est joli dans les églises, que la confession est super quand on a fait des bêtises puisqu'on est tout de suite pardonné. Mais en plus elle est lesbienne et militante féministe. Et pour ajouter au tableau elle est un peu sourde ! Vous voyez que le personnage est complexe !

Complexité à laquelle s'ajoute l'écriture particulière de Stéphane Guérin, que vous connaissez bien pour l'avoir abordée il y a un moment en compagnie de Micheline Presle, et déjà mise en scène par Jean-Paul Muel.
Oui, oui, c'est un auteur peu classique que j'aime bien et qui, du fait de ne mettre dans ses textes aucune ponctuation, n'est pas facile à jouer. Je pense qu'à travers cette écriture particulière il veut signifier qu'il faut insuffler la même énergie jusqu'au bout de la pensée.

Etes-vous du genre à vous battre pour obtenir un rôle que vous avez envie de défendre ?
J'ai plutôt le désir que l'on vienne me chercher. Vous êtes là, Cendrillon toute moche dans son coin et tout d'un coup on vient vous dire : Tu seras princesse... Ce qui ne veut pas dire non plus tout accepter !

Vous avez déjà d'autres projets dont nous aurons l'occasion de reparler. En attendant, un dernier mot sur ces «Quatre grandes filles» dont les répétitions vont bientôt commencer ?
Oui, tout cela m'enchante. Je suis ravie d'être placée sur le même plan que ces trois grandes comédiennes, j'espère que nous serons bien ensemble et que je serai à la hauteur !
Interview par Jeanne Hoffstetter
Paru le 19/04/2015

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