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©Kevin Boyer


Pascal Greggory
au théâtre de l’Atelier
Souvent reprise depuis sa création en 1968, «L'aide-mémoire» de Jean-Claude Carrière est aujourd'hui mis en scène par Ladislas Chollat. Face à Sandrine Bonnaire, l'acteur habille de couleurs intéressantes ce « Don Juan ».
L'intrigue est simple : Suzanne arrive comme un ouragan flanquée de ses bagages chez Jean-Jacques, expert juridique, étrange vieux garçon, dont l'occupation favorite est de collectionner les conquêtes en prenant soin de les répertorier dans son « aide-mémoire ». Se sont-ils connus ? Que cherche-t-elle ? Que veut-il ? Que comprendre ? Mystère. C'est une comédie.

Une comédie qui se joue des apparences, dans un studio où le placard encombré de cintres, joue les personnages à part entière. Où, isolée au milieu du décor, une porte en fer forgé s'ouvre et se ferme au rythme de l'exaspération, des allées et venues de Jean-Jacques, de l'évolution de ses sentiments... Sandrine Bonnaire peu habituée aux planches, et Pascal Greggory grand acteur du théâtre public profondément marqué par Luc Bondy, Arthur Nauziciel et surtout Patrice Chéreau, forment un couple surprenant mais harmonieux, qui bouleverse légèrement les codes de la pièce.

Je pense incarner cette masculinité d'aujourd'hui, plus en nuances...


« L'aide-mémoire traite de la difficulté pour un homme et une femme, de donner naissance à un amour et de le faire vivre. C'est un thème intemporel, et j'aime l'écriture assez subversive de Jean-Claude Carrière. Il y a quelque chose d'évident en apparence mais derrière, des connotations plus profondes, parfois perverses peut-être, dont les teintes varient scène après scène. C'est une partition difficile à jouer et j'aime beaucoup ça.» Avec finesse Pascal Greggory nous conduit ainsi vers les zones d'ombre du personnage. « Bien sûr on peut prendre la pièce au premier degré et faire de lui un macho, un séducteur un peu veule, mais nous avons pensé avec Sandrine et Ladislas que ça n'était pas intéressant, qu'il fallait chercher ce qui se cache derrière les apparences : une grande fragilité, une profonde solitude...

Je souhaite montrer qu'un homme est une entité nourrie de sentiments contradictoires. Ce qui m'intéresse ce sont les failles. La pièce demeure très actuelle mais nous, nous avons changé et je pense incarner cette masculinité d'aujourd'hui, plus en nuances, avec des failles presque féminines beaucoup plus intéressantes. Mon travail d'acteur est basé sur ces personnages qui doutent et sont en perpétuelle contradiction avec leurs sentiments. Jean-Jacques est de ceux-là. C'est la première fois que j'aborde un personnage qui peut avoir un côté comique malgré lui, et je découvre qu'il est très plaisant d'entendre rire les spectateurs.

C'est peut-être une nouvelle voie qui s'ouvre à moi ! Mais au théâtre le métier d'acteur est difficile, c'est très mystérieux ce qui s'y passe, les rapports entre les acteurs, le metteur en scène, le public... Tout est troublant, c'est un investissement total pour moi. Le cinéma est moins stressant !» Le temps encore de parler des livres qu'il dévore, de Pasolini qui l'enthousiasme, de nos grands acteurs âgés qui le fascinent, du théâtre encore, et de cinéma, de souvenirs et de désirs, et il est déjà l'heure de partir pour se préparer à jouer...
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 03/05/2014

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