Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

© Laurencine Lot


La Dame de la mer
au théâtre du Montparnasse
«La Dame de la mer», pièce étrange et passionnante, rarement jouée, est probablement l'une des plus belles et optimistes d'Ibsen. On se réjouit d'y retrouver Jacques Weber, aux côtés d'Anne Brochet.
Le nœud de l'intrigue :
Ecrasée par les fantasmes d'un passé enfoui au fond d'elle même, par son attirance mortifère pour la mer, Ellida, la jeune épouse du docteur Wangel, s'éloigne de la réalité sous le regard de son époux prêt à tout pour la sauver. A la faveur d'une journée particulière les événements vont se bousculer et les mots lentement feront sens, libérant Ellida et Wangel de leurs prisons...

L'époque :
Avec pour toile de fond l'austère Norvège du XIXème siècle et pour maître mot, liberté, Ibsen brosse une fine analyse psychologique de ses personnages et ménage jusqu'au bout le suspense. A l'époque (1888) les premières recherches sur les maladies mentales créent des débats passionnés et les travaux de Freud en sont à leurs balbutiements. Au début du XXème siècle les plus grands psychanalystes s'intéresseront de près à ce texte.

Jacques Weber est le docteur Wangel :
Nous l'avions quitté sur la scène de l'Odéon déclenchant l'enthousiasme en jouant les maris trompés de Labiche, mis en scène par Peter Stein. Bien loin du vaudeville, le voici aujourd'hui pour la seconde fois chez Ibsen, menant une enquête quasiment clinicienne pour trouver la raison du mal étrange qui ronge sa jeune épouse. « C'est une pièce extrêmement belle qui, sous des dehors qui pourraient paraître romantiques, nous plonge au cœur de la contradiction humaine. Il y a chez Ibsen quelque chose qui s'oppose à la rigueur tout en l'interrogeant, mais là, ça passe par le filtre de l'amour qui existe entre le docteur et sa jeune épouse. C'est elle qui soulève la pièce par son goût immodéré de la liberté. Ce rôle est fait pour Anne Brochet ! Face à Ellida, Wangel représente ni plus ni moins un homme qui essaie de comprendre ce que peut être le désir, la part sauvage d'un individu qui en l'occurrence est sa femme, évanescente et déraisonnable.

Ce que dit Ibsen c'est que l'on ne peut pas emprisonner de force la liberté d'autrui pour en faire sa propriété. Il y a chez lui quelque chose d'assez révolutionnaire, et ce qui est formidable c'est que la pièce est très audible pour tous, elle est à double, triple lecture. Et puis, cet étranger qui débarque, très Corto Maltaise finalement, qui n'a pas d'identité, qui n'appartient pas aux codes qui régissent la sociologie du pays, donc de sa pensée... C'est passionnant ! » Un rôle complexe qui réjouit le comédien, dans la plénitude de son art... « Oui, c'est une vraie composition, un homme à gilets, selon l'expression de Jung, et pour l'incarner je m'inspire du chef d'œuvre absolu qui est pour moi Le ruban blanc, ce film d'Haneke.» Adaptée par Eric-Emmanuel Schmitt la pièce est, selon la proposition de Jacques Weber, mise en scène par Jean-Romain Vespérini. « Je l'ai rencontré sur Le prix Martin à l'Odéon, il est metteur en scène d'Opéra et il nous fait faire un travail extraordinairement précis, exigeant à tous les niveaux, il a fait une mise en scène à la Ozu où l'on entend le texte scintiller comme ce soleil de minuit que nous n'avons pas ici. »
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 20/11/2013

-
Haut