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Sarah Biasini
Bruno Perroud


L’Antichambre
Sous la direction de Christophe Lidon, Danièle Lebrun,
Si les manuels d'histoire oublient souvent le pouvoir que prirent au XVIIIe siècle les femmes à travers leurs salons littéraires, certains auteurs nous le rappellent brillamment.
Bienvenue donc dans l'un de ces salons littéraires du siècle des Lumières, où sous l'impulsion d'aristocrates cultivées et libres d'esprit, fleurissent les idées d'avant-garde, se préparent L'Encyclopédie et la Révolution. Bienvenue en ces lieux où s'expriment et se querellent, les plus grands esprits de l'époque : écrivains, philosophes, scientifiques et politiques. Jean-Claude Brisville place son intrigue chez madame du Deffand, que l'on trouve en compagnie de son ex-amant, le président Charles Hénault, et de sa nièce, Julie de Lespinasse, sa lectrice. Écrivain, historien, Charles Hénault, ami de la reine et président de la Première Chambre des enquêtes du Parlement de Paris, est en outre fort apprécié pour son éloquence et sa gentillesse. Il est, disait Voltaire : "Le seul homme à avoir appris aux Français leur histoire." À travers les joutes oratoires placées sous le signe de l'intelligence et de l'humour, qui opposent les deux femmes, la pièce met en évidence le conflit des générations et la lutte pour le pouvoir. Rendez-vous avec deux acteurs qui ne boudent pas leur plaisir...

Roger Dumas

"La première question que j'ai posée à Christophe Lidon était : Il y a perruque ou pas ? Nous jouons dans de très beaux costumes XVIIIe, ce qui impose une certaine tenue. Mais une perruque aurait supposé une attitude encore différente, très étudiée, et je ne voulais pas que la gestuelle domine la sincérité du personnage, auquel j'ai cherché à donner beaucoup d'humanité. À ce propos, j'aime beaucoup ce que dit notre metteur en scène : "Roger Dumas, il sent l'odeur de la soupe." ("De la bonne soupe", précise en riant Sarah Biasini.)
Moi, je trouve ça très bien cette humanité, mais il ne fallait pas que je lui donne un côté trop bonhomme, car il est quand même président du Parlement ! L'autre difficulté était d'éviter de tomber dans des discussions de salon trop précieuses, car il s'agit de personnes intelligentes et cultivées dont les joutes volent haut ! Il n'est pas question ici de mignardises dont on croit qu'elles font XVIIIe, ce qui est totalement faux. On joue souvent Marivaux comme ça, à tort d'ailleurs. Mais je connais mes défauts et j'ai éliminé tout ça au fur et à mesure des répétitions ! Mon rôle ? Difficile, oui et les autres aussi, mais nous avons un metteur en scène extraordinaire ! Hénault a été l'amant de madame du Deffand, il a ses habitudes chez elle mais lorsque la petite Julie Lespinasse arrive avec sa fraîcheur et son intelligence au milieu de ce ronron d'habitués plus très jeunes, personne ne résiste et elle a de quoi rendre fou le président. D'autant qu'elle en joue, ce qui donne lieu à une scène de séduction absolument formidable ! Mais il n'est pas dupe et elle sait qu'il n'est pas dupe, alors..."

Sarah Biasini

"Lorsque Christophe Lidon, avec lequel j'ai un projet pour Avignon, m'a fait lire la pièce, je l'ai trouvée
formidable et j'ai dit oui. On ne peut pas refuser un rôle comme celui-là dans lequel il y a tout à jouer ! L'histoire se passe sur dix ans de vie partagée entre trois personnes. Julie est une bâtarde, sa mère n'est plus là et son père l'a rejetée. Elle arrive chez sa tante à 20 ans et la quittera à 30. Ce sont dix années importantes au cours desquelles le caractère se forge. Par son intelligence, sa curiosité, son instinct, elle fait son éducation chez la marquise tout en étant déçue de ne pas avoir avec elle la relation chaleureuse qu'elle espérait. Bien qu'elles se rejoignent sur certaines choses, comme l'ambition, la différence d'âge est un obstacle, Julie a un cœur encore vert alors que la marquise en a vu 'des vertes et des pas mûres !'. Au fil du temps, ses illustres amis vont préférer la compagnie de Julie, ce qui mène les deux femmes à se déchirer. Il y a là quelque chose d'inéluctable, je crois, c'est le temps qui passe... En fait, la marquise et sa nièce vont se croiser sans jamais se rencontrer vraiment. Ce que je dois montrer c'est la manière dont évolue la maturation du personnage durant ces dix années. Elle devient plus posée, elle réfléchit davantage, adopte un ton différent, tout ça n'était pas évident au départ, la scène de séduction non plus, mais il y a des choses magiques dans ce métier, tout d'un coup on comprend, on trouve les clés, et ce sur quoi on bloquait durant des semaines s'efface... C'est un grand bonheur."
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 29/04/2008

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