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D.R.


Philippe Sivy
Durant plusieurs mois, il a été le compagnon de scène de Sophie Forte dans "Sur le fil". Il s'apprête à jouer "La Mouette" au Théâtre 14 à partir du 29 mai. Ces deux spectacles très différents, unis par le travail du metteur en scène Anne Bourgeois, permettent d'apprécier le labeur d'un comédien, habitué du Festival d'Avignon, à l'aise dans tous les registres.
Comment avez-vous vécu l'expérience de Sur le fil ?

J'ai toujours été dans des pièces très sobres, un peu dans le style "théâtre subventionné" comme, par exemple, Dans la solitude des champs de coton créé à Amiens. Avec Sur le fil, j'ai été plongé dans un spectacle réaliste, avec un langage proche du quotidien et j'y ai pris beaucoup de plaisir. Visiblement, cette histoire d'amour impossible n'a laissé personne indifférent. J'aurais plaisir à retrouver un rôle dans cette tonalité.

Avant d'aborder dans quelques jours Tchekhov, vous avez repris Lettre ouverte à Pinochet. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

C'est une œuvre de Marco Antonio de la Parra que j'ai créée au Théâtre du Nord-Ouest.
À l'origine, il s'agit d'un monologue retraçant la vie de l'auteur qui termine ses études de psychanalyste au moment où la dictature de Pinochet se met en place. Ce texte pose le problème de l'engagement. Quand on a tout le confort, face à des événements graves, comment réagit-on ? Est-on capable de dire non ?

Comment se sont passés vos débuts de comédien ?

J'ai commencé très tôt. Mais avant de passer à l'acte, j'ai connu un long flirt avec ce métier. À 23 ans, j'ai eu un grave accident de voiture qui a tout remis en question. J'ai repris des cours beaucoup plus tard et ce n'est que depuis quatre ans que je joue régulièrement et, je le dis avec plaisir, de plus en plus facilement. Outre la scène, j'ai tourné dans Sauf le respect que je vous dois de Fabienne Godet qui eut sa part de succès en France, mais aussi à l'étranger où le film a engrangé les prix. J'ai participé également à une nouvelle série policière qui sera diffusée en fin d'année.

Votre carrière a commencé après votre accident, donc en fauteuil roulant. Il a fallu surmonter les obstacles ?

Le fauteuil est à double tranchant. C'est mon identité d'acteur. Reste que certains pensent que l'on ne peut pas le mettre partout, une idée que je tâche de combattre. Certes, c'est toujours compliqué, mais je soulage les metteurs en scène en leur montrant que ce n'est pas réducteur et que cela peut ouvrir sur beaucoup de choses. Le fauteuil ne m'a pas empêché de travailler, la preuve ! Mais sinon, il faut l'oublier, on n'est pas là pour s'apitoyer ! J'en parle, pour vous répondre, mais dans mon travail, jamais.

Quels rôles avez-vous envie d'aborder maintenant ?

J'ai une envie, mais c'est peut-être un peu tôt, d'interpréter Richard III. C'est une grosse ambition, mais c'est jouable ! Et puis, j'aimerais pouvoir me consacrer à des personnages un peu moins torturés... Je ne sais pas pourquoi on me colle souvent ces rôles-là ! J'ai envie de sortir des pervers ou des manipulateurs pour aller vers un registre léger, doux. Je rêve de naïfs, de romantiques, d'amoureux transis !
Interview par Philippe Escalier
Paru le 08/06/2007

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