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D.R.


Gérard Berliner - "Mon Alter Hugo"
au Gymnase
Victor Hugo a inspiré un spectacle passionné à Gérard Berliner qui s'identifie au poète tout en libérant ses talents de comédien et de chanteur.
On croit tout connaître des grands hommes et pourtant ! On rabâche toujours les mêmes œuvres ou les mêmes extraits, on se complaît avec les mêmes anecdotes. Comme beaucoup d'hommes célèbres, Victor Hugo, ce génie démocrate et visionnaire, cette "force qui va", se fait de l'ombre. Gérard Berliner est allé dénicher l'homme privé derrière l'homme public pour laisser surgir ses innombrables qualités, sans oublier toutefois les petits défauts cocasses du géant. Sa méthode est simple : elle consiste à revêtir ses habits, prendre son allure, partager ses passions et ses combats. Barbe blanche et œil malicieux, on pourrait s'y tromper tant le comédien s'identifie à son héros. Pourtant dans ce mariage, chacun garde sa personnalité. Celle de Gérard Berliner, enfant de Belleville et de Ménilmontant, est liée à la chanson, un domaine qu'il aborde précocement. En 1978, Serge Lama le remarque et lui fait partager une importante tournée qui s'achève à l'Olympia. Quatre ans plus tard, Frank Thomas lui écrit Louise, un titre vendu à un million et demi d'exemplaires. D'autres albums suivront sur la lancée, mais c'est sa "rencontre" avec Hugo qui va le marquer et influer sur sa vie. Il s'intéresse de près au personnage, sollicite les conseils d'Alain Decaux et écrit Hugo illumine Paris donné en 2002 sous la tour Eiffel à l'occasion du bicentenaire de la naissance du père des Misérables. Une manifestation au cours de laquelle germera l'idée d'écrire le spectacle qu'il nous offre aujourd'hui.
Mon Alter Hugo permet à Gérard Berliner de mêler intimement ses deux passions, son personnage historique favori et le chant. Ses évocations sont, en effet, entrecoupées de chansons accompagnées au piano par un autre grand, Roland Romanelli. Jouant sur la corde sensible, avec des thèmes passant de la mélancolie à l'euphorie, les deux artistes nous donnent à entendre comment Hugo s'opposa à la peine de mort, combattit le travail des enfants, dénonça la misère, revendiqua les États-Unis d'Europe et la monnaie unique. Avec une bonne dose d'humour, on découvre le mari passionné, trahi par sa femme pour un critique
introverti et subjectif (Sainte-Beuve), puis l'homme amoureux de Juliette Drouet à en devenir possessif et mesquin. Non sans émotion, on se rappelle à quel point il détesta "Napoléon le Petit" et souffrit le martyre à la mort de sa fille. Et qu'il fut admiré par des millions de gens, dont des ouvriers sans le sou recourant à des loteries pour pouvoir lire ses livres, et qui, le 22 mai 1885, emplirent les rues de Paris pour suivre son cercueil, chapeau bas, jusqu'au Panthéon. Les talents de Gérard Berliner sont grands. Son évocation humaine, sensible, fait naître, et ce n'est pas la moindre de ses qualités, l'envie de se replonger dans l'œuvre du vieux lion, superbe et généreux.
Portrait par Philippe Escalier
Paru le 03/11/2006

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