Zoom par Patrick Adler
Orphelins
Théâtre Lucas-Paumier
Un plateau quasi nu : trois chaises, une palette en fond de scène. Un grand texte signé Dennis Kelly, trois grands comédiens (Laure Extramania, Antoine Dubois, Stan Gal) et la mise en scène précise et fine de Olivier Sanquer. Vous avez là un petit chef-d'œuvre qui a déjà reçu le Prix du Club de la Presse 2025 en Avignon. "Orphelins" est un huis clos haletant qui interroge sur notre rapport au monde, à l'autre, à nos rapports de classe, au petit racisme ordinaire qui peut tourner à la tragédie en une fraction de seconde. C'est politique, sociétal, hélas d'actualité. Pour reprendre l'expression des "Tontons flingueurs" : c'est du brutal ! Mais tellement brillant !
Hélène et Daniel s'apprêtent à fêter un heureux événement quand survient Léo, le t-shirt maculé de sang. Léo, c'est le frère de Hélène, celui qui n'a jamais eu de chance dans la vie, sur qui tous les malheurs du monde s'abattent. Léo, c'est aussi - à la vie, à la mort - ce frère qu'on n'abandonne jamais. Hélène le sait, qui l'a toujours couvert.
Face à ce duo presque incestueux uni par les liens du sang, Daniel, le mari d'Hélène, tente d'exister. Par trop raisonnable pour Hélène qui aspire à changer de cadre de vie quand lui semble s'accommoder de tout, même d'une agression dont il a été la victime, il apparait comme lâche. Pas sûr. Juste loyal. Mais revenons à Léo. Toute la pièce part de cette interrogation. D'où vient ce sang sur ce t-shirt ? Léo a-t-il été victime d'une agression ou, au vu de ses antécédents judiciaires - il a un casier - n'est-il pas l'agresseur ?
Dans cette recherche de la vérité où le récit de Léo change sans cesse, où le couple va se déliter en un tournemain, où entre la défense du "clan" ("il faut laver le t-shirt, faire disparaître les traces ") et le devoir civique ("doit-on appeler la police ?") Daniel et Hélène s'écharpent, s'invectivent, s'injurient, où tout est bégaiement, discours syncopés, cris, pleurs, on entre progressivement dans le drame et même l'horreur, la barbarie.
On ne saurait spolier la suite de l'histoire, d'autant que, fins limiers que nous pensions être, nous allons être constamment baladés par Léo, cet ange noir paumé, qui ne sait plus qui et où il est, qui fait vaciller le couple et le spectateur par ses allégations, ses sous-entendus, ses lapsus et sa candeur presque psychotique.
Attendez-vous à être secoués par le texte - une pure merveille - et par le jeu intense, varié et juste des trois comédiens. De simple drame familial, la pièce devient politique et fait écho à ce que nous vivons aujourd'hui : la radicalisation, le racisme, la mise au ban des laissés pour compte, la toxicité des héritages familiaux.
C'est insécure et angoissant, d'un réalisme terrifiant, c'est brut et brutal, violent, très violent avec cette impression d'être dans un labyrinthe et ne pas pouvoir en sortir. La musique et les lumières savamment travaillées accompagnent cette tension permanente dont on ne
saurait sortir indemnes mais dites-vous que vous allez vivre, grâce à Olivier Sanquer, divin metteur en scène, et son trio d'acteurs, un moment intense, rare et beau ! Un chef-d'œuvre à ne pas manquer, d'autant qu'il se joue tous les mardis, sauf le 10 novembre, au Théâtre Lucas-Paumier.
Face à ce duo presque incestueux uni par les liens du sang, Daniel, le mari d'Hélène, tente d'exister. Par trop raisonnable pour Hélène qui aspire à changer de cadre de vie quand lui semble s'accommoder de tout, même d'une agression dont il a été la victime, il apparait comme lâche. Pas sûr. Juste loyal. Mais revenons à Léo. Toute la pièce part de cette interrogation. D'où vient ce sang sur ce t-shirt ? Léo a-t-il été victime d'une agression ou, au vu de ses antécédents judiciaires - il a un casier - n'est-il pas l'agresseur ?
Dans cette recherche de la vérité où le récit de Léo change sans cesse, où le couple va se déliter en un tournemain, où entre la défense du "clan" ("il faut laver le t-shirt, faire disparaître les traces ") et le devoir civique ("doit-on appeler la police ?") Daniel et Hélène s'écharpent, s'invectivent, s'injurient, où tout est bégaiement, discours syncopés, cris, pleurs, on entre progressivement dans le drame et même l'horreur, la barbarie.
On ne saurait spolier la suite de l'histoire, d'autant que, fins limiers que nous pensions être, nous allons être constamment baladés par Léo, cet ange noir paumé, qui ne sait plus qui et où il est, qui fait vaciller le couple et le spectateur par ses allégations, ses sous-entendus, ses lapsus et sa candeur presque psychotique.
Attendez-vous à être secoués par le texte - une pure merveille - et par le jeu intense, varié et juste des trois comédiens. De simple drame familial, la pièce devient politique et fait écho à ce que nous vivons aujourd'hui : la radicalisation, le racisme, la mise au ban des laissés pour compte, la toxicité des héritages familiaux.
C'est insécure et angoissant, d'un réalisme terrifiant, c'est brut et brutal, violent, très violent avec cette impression d'être dans un labyrinthe et ne pas pouvoir en sortir. La musique et les lumières savamment travaillées accompagnent cette tension permanente dont on ne
saurait sortir indemnes mais dites-vous que vous allez vivre, grâce à Olivier Sanquer, divin metteur en scène, et son trio d'acteurs, un moment intense, rare et beau ! Un chef-d'œuvre à ne pas manquer, d'autant qu'il se joue tous les mardis, sauf le 10 novembre, au Théâtre Lucas-Paumier.
Paru le 07/10/2026
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ORPHELINS THÉÂTRE LUCAS-PAUMIER Jusqu'au lundi 30 novembre
TRAGÉDIE à partir de 15 ans. Orphelins, nouvelle mise en scène d'Olivier Sanquer ("Tom à la ferme" - Coup de Coeur Télérama, "Les Feluettes"), s'abat comme une rafale en plein visage. Une pulvérisation brutale du huis clos qui nous projette dans la sauvagerie du réel. Fidèle au dogme In-Yer-Face et à la plume chirurgicale de ...
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