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© Philippe Roux
Dossier par Patrick Adler
Nuit d’ivresse
Portraits croisés : Catherine Jacob Philippe Lellouche

Elle arrive, majestueuse, au théâtre de la Madeleine. Elle est ponctuelle. Juste professionnelle, ajoutera-t-elle, amusée. Catherine Jacob, c'est un monument du théâtre et du cinéma qu'on peut approcher, photographier mais pas visiter... sauf quand elle vous ouvre son coeur.

Vous la voyez chic, elle l'est, assurément. D'aucuns la voient aussi choc. Grattez un peu le vernis et vous découvrirez un être beaucoup plus fragile qu'il n'y paraît. Ce nouveau challenge, après le succès de "Agathe royale" en Avignon, ce n'est pas rien pour elle. C'est Benjamin Castaldi qui a d'emblée suggéré son nom à Gilles Lelouche, son futur partenaire et metteur en scène.

Adoubée comme une évidence par l'autrice elle -même, elle pouvait être rassérénée. Mais passer derrière Josiane Balasko... Catherine, bien qu'enthousiaste, avoue avoir un temps douté. Pour elle, rien n'est jamais acquis. D'ailleurs, elle nous signale d'emblée qu'elle n'entend pas « faire du Balasko ». Sa version sera plus proche d'une provinciale à l'élocution difficultueuse, aux mots tronqués, à la syntaxe baroque. Exit la gouaille parigote.

Catherine entend alterner la comédie et l'émotion, deux registres qu'elle maîtrise parfaitement et qui correspondent bien à Simone, son personnage, une femme qui a pris des coups dans la vie, déjà ceux assénés par son mari qu'elle va occire par « maladresse », sans préméditation. Après quatre années de prison et une courte permission de sortie, elle se retrouve déphasée, entre deux lieux (de passage à Paris avant de retrouver sa sœur en province), entre deux états : la joie de sortir de sa cellule et... l'inconnu de la grande ville.

La rencontre avec Jacques Belin, cet animateur goguenard, hâbleur en diable et un brin mythomane, laissé lui-aussi sur le carreau après son éviction de la télé, va un temps rapprocher ces deux êtres qu'au départ tout oppose et que tout réunit dans une solitude non assumée.



Quand Philippe Lellouche apparaît, elle dit : « Belin, c'est tellement lui ! ». Philippe Lellouche, c'est l'homme pressé qui comble sa « paresse naturelle » (sic) par une suractivité énorme : de la matinale sur RMC à l'écriture d'un film, de la gestion d'un théâtre à la performance sur scène en passant par des répétitions à venir et les « primes » de « Danse avec les Stars » , il ne s'arrête jamais, d'autant qu'il a élu domicile depuis peu dans le Sud de la France... Il ne nous parlera pas beaucoup de son rôle, ni de sa mise en scène. Philippe, c'est un instinctif, un animal. Quand certains privilégient les répétitions, lui s'y soumet, presque de mauvaise grâce puisqu'il a avant tout besoin de l'effet miroir du public pour jouer et ressentir. C'est là où il excelle.

Rien à voir avec le sérieux, l'opiniâtreté de Catherine qui brode son canevas avec assiduité et rigueur. Elégant, Philippe Lellouche nous confiera avant de nous quitter (pour un autre rendez-vous ?) que celle qui tient la scène, celle qu'on va voir, celle qu'on attend, celle qui déplace les foules, c'est celle qui ne danse pas, comme lui, avec les stars mais celle qui mène la danse. Parce que c'est elle, la Star !
Paru le 24/01/2026
NUIT D’IVRESSE
THÉÂTRE DE LA MADELEINE
A partir du mercredi 28 janvier

COMÉDIE. Jacques Belin (Philippe Lellouche), animateur d’un jeu télévisé à succès, se retrouve seul dans un bar de la Gare Saint-Lazare, il y fait la connaissance de Simone (Catherine Jacob), une femme qui sort de prison, venue attendre son train. Tout les oppose. Ensemble, ils vont vivre une soirée très a...

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