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Photo: D.R.


SCENES FROM A MARRIAGE
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À partir de 16 ans
THÉÂTRE CONTEMPORAIN d’après Ingmar Bergman, adaptation et mise en scène de Markus Öhrn, avec Hélène Morelli, Mathieu Perotto. Surtitrées en anglais.
Tourné à l’origine pour la télévision suédoise, Scènes de la vie conjugale (Scener ur ett äktenskap) fut adapté au cinéma par Bergman en 1973. Le film retrace, sur dix ans, l’évolution du mariage de Johan, professeur d’université, et de Marianne, avocate spécialisée en droit de la famille. Au fil de rencontres successives, marquant les tournants et la faillite de leur relation, se dessine le portrait d’un couple dont l’issue semble inextricable — peu à peu incapable d’être ensemble, mais tout aussi incapable de se séparer. Adapté une première fois en 2023, Markus Öhrn s’empare à nouveau de Scènes de la vie conjugale, dans une version tout à fait inédite, portée cette fois par une distribution française. L’occasion de relire la fable bergmanienne à l’aune des violences domestiques — physiques et psychologiques — qui surgissent dans le secret et l’enceinte de nombreux couples. Pour ce faire, le metteur en scène transpose le film de Bergman dans un univers ubuesque, refusant toute forme de réalisme.
THÉÂTRE DE L'EUROPE
Place de L'Odéon
75006 PARIS
M° Luxembourg
Tél: 01 44 85 40 40
Web: www.theatre-odeon.eu/fr

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 > Plan du métro (RATP)
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Le spectacle s'est joué dans ce lieu du 20/05/2026 au 07/06/2026.
CONDITIONS GRAND PUBLIC
Durée 2h20.

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Derniers commentaires des adhérents
Oana C. a écrit le 31/05/2026 à 17h54

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Tout en reconnaissant la cohérence et la puissance du geste de mise en scène, le sentiment de perte de contact avec le sens de Bergman s'est imposé.
La radicalité de la proposition de Markus Öhrn impressionne par son audace mais produit comme dégât collatéral un violent effet de distanciation. Elle s'interpose entre nous et l'œuvre de Bergman, au point de rendre difficile l'accès à ce qui en constitue le cœur émotionnel et existentiel. Öhrn pousse si loin son propre langage esthétique qu'il finit par autonomiser le spectacle. On parvient à ressentir cette radicalité comme une forme d'effacement de Bergman. Le sens n'apparaît plus à travers l'œuvre, mais à travers le filtre d'un dispositif scénique qui devient l'objet principal de l'expérience : ce dispositif attire tellement l'attention sur lui-même qu'il finit par neutraliser ce qui fait la force de l'œuvre : la complexité des rapports humains, leur vulnérabilité, leur ambiguïté. On ne voit plus vraiment Scènes de la vie conjugale ; on voit une installation plastique de Markus Öhrn prenant Bergman pour matériau. Cela produit alors un redoutable paradoxe : alors qu'elle prétend renouveler notre regard sur Bergman, elle rompt les conditions mêmes de notre adhésion à son univers. Elle cesse d'être une médiation vers l'œuvre pour devenir un écran entre l'œuvre et le spectateur.
Au-delà de la minauderie critique qui consisterait à reprocher à Öhrn son "infidélité" à Bergman, ou qu'il fasse écran à Bergman, c'est le fait qu'il déplace le centre de gravité émotionnel de l'œuvre, du pathétique vers le grotesque, de l'empathie vers la distance. On reconnaît là l'un des enjeux majeurs des réinterprétations radicales. Mais à la sortie, une impression persiste : nous avons beaucoup ri ou grimacé, et l'émotion nous a peu touchés.