Article de Patrick Adler
Je suis Scarlett, Vivien Leigh au-delà du mythe
À la Folie Théâtre
Vivien is back ! Halleluia ! Ressuscitée sur scène par la poésie, le charme mâtinés de violence de Rosa Ruiz qui dit les mots subtils de Enrique Fiestas, également metteur en scène de ce joli moment théâtral. On aime beaucoup !
Elle entre sur scène, comme sortie de nulle part. À la fois fantomatique et réelle, elle va nous ouvrir le livre de sa vie, convoquant ses souvenirs, des plus agréables aux plus douloureux.
Devenue avec le temps bipolaire, on la voit progressivement osciller - et vaciller - entre fantasme et réalité, entre désir et souffrance. Elle a pourtant tout gagné avec le théâtre, devenu rapidement une nécessité. Loin des contingences maritales qui se solderont d'ailleurs par un divorce, éperdument amoureuse ensuite de l'icône Laurence Olivier, elle l'aura gagnée, sa liberté, elle en aura poussé des portes, jusqu'à perdre son accent par trop "british" pour décrocher le Graal : le rôle de Scarlett O'Hara qui lui vaudra un Oscar, avant de rencontrer Tennessee Williams et retourner au théâtre, sa vraie famille, sa vraie raison de vivre, sa véritable thébaïde et devenir la légendaire Blanche Dubois de "Un tramway nommé désir".
Elle a tout gagné au début de sa carrière en perdant son "a" (Elle s'appelait en fait Vivian et est devenue Vivien). Ça, c'est le marketing d'Hollywood... Elle le hait mais lui doit tout. C'est par lui qu'elle est devenue un mythe. En revenant hanter notre mémoire dans cette mise à nu aussi sincère que fiévreuse, elle montre qu'elle est avant tout une femme émancipée qui n'hésite pas par exemple à revendiquer l'égalité salariale à Hollywood, repère machiste (Gable gagne cinq fois plus qu'elle).
Elle a la morgue, l'ironie cinglante, celle du désespoir. Elle a la compassion, la fibre sociale même si, minaudant parfois, elle ne boude pas les petits privilèges. Elle est double, parfois triple, se confond avec ses personnages. Quand cette porosité se fait jour, elle flanche, digresse, hallucine. Le malaise est prégnant. L'icône subjugue jusque dans sa fragilité, sa destruction progressive.
À terre, elle contemple son dernier voyage. Et, là encore, l'émotion nous gagne.
Enrique Fiestas s'est démarqué du parti pris de la conférence (très réussie) de Caroline Silhol, autre brillante interprète de Vivien Leigh. Dans cette traversée intérieure, il la fait parler, comme une revenante, lui offre une nouvelle respiration. Rosa Ruiz incarne avec brio cette icone fébrile et ô combien attachante dans une mise en scène très épurée qui a choisi de mettre en valeur le texte et le jeu.
Il est des histoires de fantômes qui font peur. Avec Rosa Ruiz, bien au contraire, ils captivent. D'autant que la bande-son, très étudiée, accompagne ce retour imaginaire dans le temps, lui donnant un relief intéressant dans ce cadre intimiste qu'est la scène de À la folie Théâtre.
Une raison supplémentaire pour vous offrir ce joli moment de théâtre, vivant, émouvant et... passionnant !
Devenue avec le temps bipolaire, on la voit progressivement osciller - et vaciller - entre fantasme et réalité, entre désir et souffrance. Elle a pourtant tout gagné avec le théâtre, devenu rapidement une nécessité. Loin des contingences maritales qui se solderont d'ailleurs par un divorce, éperdument amoureuse ensuite de l'icône Laurence Olivier, elle l'aura gagnée, sa liberté, elle en aura poussé des portes, jusqu'à perdre son accent par trop "british" pour décrocher le Graal : le rôle de Scarlett O'Hara qui lui vaudra un Oscar, avant de rencontrer Tennessee Williams et retourner au théâtre, sa vraie famille, sa vraie raison de vivre, sa véritable thébaïde et devenir la légendaire Blanche Dubois de "Un tramway nommé désir".
Elle a tout gagné au début de sa carrière en perdant son "a" (Elle s'appelait en fait Vivian et est devenue Vivien). Ça, c'est le marketing d'Hollywood... Elle le hait mais lui doit tout. C'est par lui qu'elle est devenue un mythe. En revenant hanter notre mémoire dans cette mise à nu aussi sincère que fiévreuse, elle montre qu'elle est avant tout une femme émancipée qui n'hésite pas par exemple à revendiquer l'égalité salariale à Hollywood, repère machiste (Gable gagne cinq fois plus qu'elle).
Elle a la morgue, l'ironie cinglante, celle du désespoir. Elle a la compassion, la fibre sociale même si, minaudant parfois, elle ne boude pas les petits privilèges. Elle est double, parfois triple, se confond avec ses personnages. Quand cette porosité se fait jour, elle flanche, digresse, hallucine. Le malaise est prégnant. L'icône subjugue jusque dans sa fragilité, sa destruction progressive.
À terre, elle contemple son dernier voyage. Et, là encore, l'émotion nous gagne.
Enrique Fiestas s'est démarqué du parti pris de la conférence (très réussie) de Caroline Silhol, autre brillante interprète de Vivien Leigh. Dans cette traversée intérieure, il la fait parler, comme une revenante, lui offre une nouvelle respiration. Rosa Ruiz incarne avec brio cette icone fébrile et ô combien attachante dans une mise en scène très épurée qui a choisi de mettre en valeur le texte et le jeu.
Il est des histoires de fantômes qui font peur. Avec Rosa Ruiz, bien au contraire, ils captivent. D'autant que la bande-son, très étudiée, accompagne ce retour imaginaire dans le temps, lui donnant un relief intéressant dans ce cadre intimiste qu'est la scène de À la folie Théâtre.
Une raison supplémentaire pour vous offrir ce joli moment de théâtre, vivant, émouvant et... passionnant !
Paru le 22/09/2026
|
JE SUIS SCARLETT, VIVIEN LEIGH AU-DELÀ DU MYTHE À LA FOLIE THÉÂTRE Jusqu'au dimanche 3 janvier 2027
SEUL(E) EN SCÈNE. Elle fut Scarlett O’Hara dans "Autant en emporte le vent". Star adulée, incarnation du glamour hollywoodien, symbole de beauté et de triomphe… Derrière l’icône se cachait pourtant une femme hantée par ses blessures et ses démons. "Je suis Scarlett" retrace le destin bouleversant de Vivien Leigh, e...
|




