Spécial Avignon par Patrick Adler
Mécanique d’une famille
A l’Oriflamme, à 17h35
On a tous en tête ces images des manifestations des mères de la place de Mayo à Buenos Aires... Sept années de dictature en Argentine auront marqué à jamais le pays, jusque dans les familles puisque 500 enfants auront été arrachés à leurs parents. Dans ce face à face sororal, la quête de vérité est en marche. Glaçant mais ô combien instructif !
Elles sont deux sœurs qui se retrouvent dis ans après à Buenos Aires. Élevées ensemble, elles ont appris la vérité sur leur origine : si l'une fait partie de ces « enfants volés », l'autre est la fille d'un fonctionnaire zélé qui a participé à l'enlèvement. Si l'une souffre de se reconstruire, l'autre ne veut rien entendre, préférant le déni. Adultes, elles doivent faire face à ce mensonge. Comment accepter l'impensable ?
Si l'une est journaliste, donc factuelle - avec vérification de sources et présentation des preuves, l'autre, psychologue, invitée à un congrès sur le thème de « Justice unique, mémoires multiples » voit ses contradictions affluer. Comment justifier l'histoire au regard de sa situation personnelle ? Mettre tout à plat, repartir à zéro provoque des schismes. Au semblant de quiétude de l'une répond la colère de l'autre. Dialogue de sourds, joute verbale. On s'attaque, on hausse le ton, on vocifère, on convoque le passé qu'on réinterprète à sa sauce. Le traumatisme est là qui voit la Grande Histoire se prolonger jusque dans la Petite Histoire.
C'est intéressant, finement joué par les trois comédiens dans un huis clos glaçant qui accentue la tension. C'est tout un pan de l'histoire de l'Argentine qui resurgit, une période pourtant courte de sept ans qui laissera néanmoins des traces dans la psyché de chacun. Entre la fille d'une famille torturée et la fille d'une famille de tortionnaires, on entre dans la mécanique du pire. La sororité est mise à mal. Comment aimer l'autre, même s'il y a un lien familial ? La réponse est déjà : Nunca mas ! Plus jamais ça !
Seuls 300 enfants ont été retrouvés aujourd'hui, grâce à l'ADN. L'histoire n'est pas terminée et les mères de la Place de Mayo sont toujours là. Immuables. Elles aussi en quête de vérité.
C'est puissant et beau et le public ne s'y trompe pas qui, chaque jour, se rend en masse à l'Oriflamme.
Si l'une est journaliste, donc factuelle - avec vérification de sources et présentation des preuves, l'autre, psychologue, invitée à un congrès sur le thème de « Justice unique, mémoires multiples » voit ses contradictions affluer. Comment justifier l'histoire au regard de sa situation personnelle ? Mettre tout à plat, repartir à zéro provoque des schismes. Au semblant de quiétude de l'une répond la colère de l'autre. Dialogue de sourds, joute verbale. On s'attaque, on hausse le ton, on vocifère, on convoque le passé qu'on réinterprète à sa sauce. Le traumatisme est là qui voit la Grande Histoire se prolonger jusque dans la Petite Histoire.
C'est intéressant, finement joué par les trois comédiens dans un huis clos glaçant qui accentue la tension. C'est tout un pan de l'histoire de l'Argentine qui resurgit, une période pourtant courte de sept ans qui laissera néanmoins des traces dans la psyché de chacun. Entre la fille d'une famille torturée et la fille d'une famille de tortionnaires, on entre dans la mécanique du pire. La sororité est mise à mal. Comment aimer l'autre, même s'il y a un lien familial ? La réponse est déjà : Nunca mas ! Plus jamais ça !
Seuls 300 enfants ont été retrouvés aujourd'hui, grâce à l'ADN. L'histoire n'est pas terminée et les mères de la Place de Mayo sont toujours là. Immuables. Elles aussi en quête de vérité.
C'est puissant et beau et le public ne s'y trompe pas qui, chaque jour, se rend en masse à l'Oriflamme.
Plus d'informations : loriflamme-avignon.fr/spectacle/mecanique-dune-famille/
Paru le 23/07/2026




