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D.R.
Zoom par Patrick Adler
La Dame de chez Maxim
Lucernaire

Ils ont, à deux, développé une marque, un label, dans ce lieu qui nous offre régulièrement des pépites. Ils y ont ouvert une école, créé un Collectif. Aujourd'hui, la patte "Florence Le Corre et Philippe Person" est reconnaissable entre mille. Aussi est-ce un plaisir de les retrouver dans cette adaptation survitaminée de "La Dame de chez Maxim".
La troupe démarre en trombe. Dans la salle. Le rideau se lève. Ça chante, ça rit, ça parle fort. Prêts pour la fête ?
Philippe Person, pour garder la dynamique et l'esprit "Feydeau" a expurgé une bonne partie du texte pour n'en retenir que la "substantifique moelle", ce qui ne nuit en rien à l'intrigue, que l'habile adaptateur a transposée dans les années 50. Comme toujours chez Florence et Philippe, on sait allier chic et choc. Chic des costumes et des décors, choc des situations. La multiplication des tableaux dans cette ambiance survoltée va vous donner le tournis. Donc, accrochez-vous bien ! Attendez-vous à des surprises : des effets sonores en running-gags comme "La Marseillaise" qui retentit dès qu'on prononce le mot "Président" au "fauteuil extatique" qui, tantôt statufie les personnages, tantôt les réveille ; des portes qui claquent aux claques qui tombent, c'est l'esprit "vaudeville". Les comédiens semblent follement s'amuser et ne rechignent pas à appuyer le trait dans le jeu pour le rendre toujours plus savoureux. Un jeu physique, très physique, car le corps est mis à rude épreuve, comme chez les clowns. Il est tantôt élastique, tantôt mécanique comme dans les films de Capra ou chez Buster Keaton. C'est d'une efficacité remarquable, même si l'ensemble gagnerait parfois à se discipliner un peu car c'est peu de dire que la troupe mouille la chemise. Le public, lui, est aux anges, qui rit à gorge déployée de toutes ces pirouettes qui vont jusqu'au french-cancan !
Comme dirait un certain politique "Mais où trouvent-ils toute cette énergie ?". Sans doute dans un travail de longue haleine qui, malgré l'apparence de joyeuse débandade de la pièce, est d'une précision d'horloger.

Une fois encore, bravo à Florence Le Corre et Philippe Person qui savent diriger une troupe et nous offrir une distribution de haute volée. Vous allez retrouver l'excellent Jean-Gérald Dupeau, déjà remarqué dans "Un fil à la patte", découvrir Pauline Royer, exceptionnelle en Môme Crevette. Quant aux jeunes Paul Ansart de Lessan et Erine Lucas, ils sont très convaincants en M. et Mme Petypon. Le reste de la troupe est également au cordeau.

Gageons que cette nouvelle aventure théâtrale va offrir aux Parisiens et aux touristes de passage un bain de fraîcheur dans la canicule estivale annoncée. Bravo à tous !
Paru le 09/06/2026

(12 notes)
DAME DE CHEZ MAXIM (LA)
THÉÂTRE DU LUCERNAIRE
Jusqu'au dimanche 30 août

COMÉDIE DE BOULEVARD à partir de 12 ans. Le docteur Petypon a passé la nuit chez Maxim avec son ami Mongicourt. Ce dernier le retrouve endormi... à midi ! De la chambre sort la Môme Crevette, danseuse du Moulin-Rouge. Le général Petypon, l’oncle, arrive, prend la Môme pour l’épouse du docteur qui ne nie pas et invite son neveu au mariage...

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