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D.R.


Carlotta Clerici
La force du destin
Née dans une petite ville autour du lac de Côme, Carlotta Clerici vient en France pour y passer quelques mois. Plus de dix ans après, son séjour n'a toujours pas pris fin et elle s'avoue séduite par Paris où, en 2001, elle a présenté sa première pièce, "La Mission". La seconde, "L'Envol" - une histoire de retrouvailles et de destins se forgeant autour d'un lac -, est actuellement créée au Vingtième Théâtre.
En découvrant L'Envol, on a le sentiment qu'il s'agit d'une œuvre très personnelle !

En effet, c'est la pièce que j'avais envie d'écrire. Elle est plus personnelle que La Mission. Cette histoire d'amour et de passion, de décisions essentielles pour l'orientation d'une vie, me touche beaucoup. Comme tout le monde, j'ai dû faire des choix importants qui ont changé le cours de ma vie. Je voulais parler de ces moments-là à travers, notamment, le personnage principal de Yann qui fait appel au souvenir d'une personne précise.

La mise en scène vous a-t-elle toujours attirée ?

Oui, j'ai d'abord été metteur en scène avant d'écrire. J'ai travaillé très jeune comme assistante en Italie, il y a seize ou dix-sept ans.

Se mettre en scène n'a rien d'évident !

J'en ai conscience. C'est très dangereux, il faut avoir le plus de recul possible et ne pas arriver avec des idées préconçues. Je travaille beaucoup avec les comédiens. J'essaie de me laisser surprendre par eux et je laisse évoluer mes idées de départ.

Quels sont les auteurs qui vous inspirent ?

Cela pourrait paraître très prétentieux, mais mon modèle absolu, inatteignable, c'est Anton Tchekhov et, en Italie, Eduardo De Filippo.

Et pas Pirandello ?

Pas du tout. Je trouve Pirandello très philosophique, l'action y passe trop par la parole, pas assez par les personnages. De Filippo est bien plus grand, avec de vrais personnages, des situations construites, complexes où le quotidien banal et les grands événements se conjuguent. Il y a souvent chez ces deux grands auteurs, des dialogues qui peuvent sembler - lus au premier degré -, un peu communs. Mais si l'on creuse, ils se révèlent terriblement riches.

Pourriez-vous écrire une comédie ?

J'adore la comédie. Je viens de monter La Main passe avec ma compagnie. Feydeau est un auteur que j'adore. En réalité, je ne suis attachée à aucun genre. Quand je commence à écrire, j'ai envie de raconter une
histoire, sans savoir si ce sera une comédie ou une tragédie. D'ailleurs, les deux styles se mélangent souvent et L'Envol comporte aussi des situations très drôles.

Vous a-t-il fallu beaucoup de temps pour trouver un théâtre ?

Non, ce fut même miraculeux. À la fin de la première lecture, qui s'est parfaitement déroulée, j'ai vu le directeur du Vingtième Théâtre venir vers moi en me donnant rendez-vous, quinze jours après, pour signer ! D'habitude, on voit les responsables de salles essayer de partir sans faire de bruit !

Êtes-vous aussi passionnée que vos personnages ?

Oh oui ! J'essaie tout de même d'y apporter un peu de raison Mais il faut reconnaître que la passion est, dans la vie, ce qui peut nous arriver de mieux.

Sinon, qu'est-ce qui vous manque le plus de l'Italie ?
Après ma famille, le lac !

La Mission et L'Envol, éd. L'Harmattan.
Interview par Philippe Escalier
Paru le 08/04/2005

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