Zoom par Patrick Adler
Le bal des voleurs
Le Funambule Montmartre
Habituée des tréteaux en plein air, la Compagnie "Les allumeurs de réverbères", spécialisée depuis des années dans le théâtre de rue, a enfin posé ses valises au Funambule pour une version inédite, rafraîchissante et ô combien réussie du "Bal des voleurs" de Jean Anouilh. En adoptant la forme de la Commedia dell'arte et en réduisant la pièce à quatre personnages, ces virtuoses font montre d'une énergie débordante et d'un vrai savoir-faire puisqu'ils arrivent à captiver l'attention des grands comme des petits. Chapeau !
Ils ont le sens du contact, ces quatre clowns qui n'ont pas attendu le début de la pièce pour se glisser dans le public et faire connaissance... grimés, costumés, prêts à jouer. Ce "Bal des voleurs", qu'on classe d'ordinaire comme une comédie de jeunesse, légère, et qui fut souvent adaptée, même pour la danse, se prête formidablement à la farce et à la poésie. Tout ici est burlesque : l'intrigue, rocambolesque, les costumes, extravagants, les masques - très réussis, puisqu'ils permettent parfois même de jouer deux personnages en un - les mimiques et ce travail du corps qu'on ne peut ici que louer tant le jeu de chacun (e) est précis, presque millimétré et surtout... varié. C'est habile, brillant, ces quatre-vingt-dix minutes s'écoulent sans qu'on soit tenté de regarder sa montre. Il y a chez cette petite troupe l'énergie du diable. Avec elle, le public prend un bain de jeunesse, les enfants jubilent, les adultes sont admiratifs. On est chez Guignol mais en grand. Émerveillés que nous sommes par tant de maîtrise, de talent et surtout de drôlerie, on redécouvre en même temps la pièce avec bonheur grâce à la judicieuse mise en scène de Thimotée Grivet (Il joue aussi avec ses trois brillants partenaires : Fanny Fourme, Camille Mammar, Achille Aboulin - en alternance avec Nicolas Le Guen-). Dans ce mix de vrai et de faux où la malle aux costumes permet en un tournemain de se travestir sans pour autant perdre le public (on identifie aussitôt les personnages), on se régale de toutes ces vaines duperies qui nous renvoient à l'avertissement prononcé dès le début :
"Heureux sont les fêlés, ils laissent passer la lumière". Elle a jailli sur le public qui repart, irradié et heureux de tant de fantaisie. Pépite !
"Heureux sont les fêlés, ils laissent passer la lumière". Elle a jailli sur le public qui repart, irradié et heureux de tant de fantaisie. Pépite !
Paru le 25/04/2026
(19 notes) THÉÂTRE FUNAMBULE MONTMARTRE Jusqu'au samedi 2 mai
COMÉDIE. Trois voleurs peu dégourdis, Peterbono, Hector et Gustave, vivent, tant bien que mal, de menus larcins à Vichy. Experts en déguisement, ils se font passer, un jour, pour des princes espagnols afin d’approcher Lady Hurf et sa fortune. Contre toute attente, la comtesse mord à l’hameçon et invite les...
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