Article de Patrick Adler
Crime et châtiment
Théâtre de la Huchette
Entrer dans ce petit écrin de la rue du Vè, c'est comme ouvrir une boîte à musique. Tout s'illumine. Tout s'anime. Un tour de clef suffit pour remonter le mécanisme et voir se déployer devant vous de jolies figurines. Vous venez d'entrer en un tournemain dans le monde merveilleux du Théâtre de la Huchette. Un théâtre musical où tout est beau et harmonieux : venez redécouvrir cette nouvelle pépite dans la mise en scène léchée et délicate de Dominique Scheer-Hazemann et Elisa Sergent.
Repenser, réadapter en musique le puissant "Crime et châtiment" de Dostoïevski dans un espace aussi restreint tient de la gageure. Mais c'est vite oublier qu'il y a peu Franck Desmedt y produisit "Les Mystères de Paris" avec le succès qu'on sait. L'homme de théâtre, déjà auréolé d'un Molière et couronné de succès depuis "Kessel" et "St Exupéry, le commandeur des oiseaux" (toujours au La Bruyère), sait où il va.
Alors... on prend les mêmes - ou presque - et on recommence : À la scénographie le Prince du minimalisme, l'inventif Bastien Forestier, aux musiques le (si) talentueux François Peyrony, aux costumes la lumineuse et inventive sociétaire du lieu Julia Allègre. Ajoutez les lumières de Guillaume Roucher et les chorégraphies de Marijo Buffon et vous avez "la boite à musique", fin prête à accueillir trois virtuoses : Milena Marinelli, Jérémy Petit et Adrien Biry-Vicente, trois formidables comédiens-chanteurs qui vont vous faire revivre la descente aux enfers de ce jeune étudiant devenu meurtrier par nécessité et/ou devoir, ce long voyage dans sa conscience et sa culpabilité. Jérémy Petit incarne Raskolnikov. Adrien Biry-Vicente et Milena Marinelli endossent, eux, plusieurs personnages avec une dextérité impressionnante, changeant de costume, d'accessoire en un éclair. Les trois évoluent sur un plateau habilement pensé : traversé en partie par une structure translucide qui s'ouvre, se referme par une fenêtre et par une porte, on évite ainsi la vision violente de l'acte criminel.
Les interrogatoires du Commissaire Porphyre (incarné magistralement par le jubilatoire Adrien Biry-Vincente, dont le jeu est subtil à souhait) ont lieu côté court. Côté jardin se trouve la chambre de Raskolnikov, incarné avec justesse par Jéremy Petit. Comme "habité" par ce rôle de torturé, il est convaincant quand il passe de la fragilité à une extrême violence. Désorientée et émouvante, Milena Marinelli l'est aussi, qui nous émeut ô combien en Sonia, prête à tout pour sauver sa famille ou en Dounia prête à sauver le meurtrier.
Côté chant, est-il utile de préciser que les voix - toutes a capella, sans trucage aucun - sont juste magnifiques. On est dans l'art à l'état pur. Brut et beau. Pour des chants (merveilleux François Peyrony) qui permettent à chacun(e) d'exprimer le ressenti de son personnage.
Quand la boite à musique s'est refermée le soir de la Première, après une standing-ovation amplement méritée, il y eut cette sensation étrange que l'histoire se poursuivait déjà. Dehors. Comme chez soi. D'autant qu'une personne manquait à l'appel, disparue avant la Première : la délicieuse Véronique Viel dont l'œil expert ne pouvait manquer à l'appel et encore moins sur l'affiche comme le rappelait avec émotion Dominique Scheer-Hazemann.
Courez découvrir cette nouvelle pépite de La Huchette.
Alors... on prend les mêmes - ou presque - et on recommence : À la scénographie le Prince du minimalisme, l'inventif Bastien Forestier, aux musiques le (si) talentueux François Peyrony, aux costumes la lumineuse et inventive sociétaire du lieu Julia Allègre. Ajoutez les lumières de Guillaume Roucher et les chorégraphies de Marijo Buffon et vous avez "la boite à musique", fin prête à accueillir trois virtuoses : Milena Marinelli, Jérémy Petit et Adrien Biry-Vicente, trois formidables comédiens-chanteurs qui vont vous faire revivre la descente aux enfers de ce jeune étudiant devenu meurtrier par nécessité et/ou devoir, ce long voyage dans sa conscience et sa culpabilité. Jérémy Petit incarne Raskolnikov. Adrien Biry-Vicente et Milena Marinelli endossent, eux, plusieurs personnages avec une dextérité impressionnante, changeant de costume, d'accessoire en un éclair. Les trois évoluent sur un plateau habilement pensé : traversé en partie par une structure translucide qui s'ouvre, se referme par une fenêtre et par une porte, on évite ainsi la vision violente de l'acte criminel.
Les interrogatoires du Commissaire Porphyre (incarné magistralement par le jubilatoire Adrien Biry-Vincente, dont le jeu est subtil à souhait) ont lieu côté court. Côté jardin se trouve la chambre de Raskolnikov, incarné avec justesse par Jéremy Petit. Comme "habité" par ce rôle de torturé, il est convaincant quand il passe de la fragilité à une extrême violence. Désorientée et émouvante, Milena Marinelli l'est aussi, qui nous émeut ô combien en Sonia, prête à tout pour sauver sa famille ou en Dounia prête à sauver le meurtrier.
Côté chant, est-il utile de préciser que les voix - toutes a capella, sans trucage aucun - sont juste magnifiques. On est dans l'art à l'état pur. Brut et beau. Pour des chants (merveilleux François Peyrony) qui permettent à chacun(e) d'exprimer le ressenti de son personnage.
Quand la boite à musique s'est refermée le soir de la Première, après une standing-ovation amplement méritée, il y eut cette sensation étrange que l'histoire se poursuivait déjà. Dehors. Comme chez soi. D'autant qu'une personne manquait à l'appel, disparue avant la Première : la délicieuse Véronique Viel dont l'œil expert ne pouvait manquer à l'appel et encore moins sur l'affiche comme le rappelait avec émotion Dominique Scheer-Hazemann.
Courez découvrir cette nouvelle pépite de La Huchette.
Paru le 18/03/2026
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CRIME ET CHATIMENT THÉÂTRE DE LA HUCHETTE Jusqu'au lundi 1 juin
SPECTACLE MUSICAL. Comme dans la série Colombo, nous connaissons le meurtrier: Rodion Raskolnikov, nous connaissons une victime : l’usurière Alena Ivanovna. Avec l’aide du commissaire Porphyre nous allons découvrir les raisons qui ont poussé Rodion Raskolnikov à éprouver sa liberté d’être et de faire et les châtime...
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