Zoom par Jeanne Hoffstetter
Pour un oui ou pour un non
Au théâtre de Poche Montparnasse
C'est vraiment épatant d'aller au théâtre pour n'y voir que le meilleur ! Et il se trouve qu'en ce moment nous sommes franchement gâtés dans ce domaine... Mais ce dont j'ai envie de vous parler maintenant, c'est de ce « Pour un oui ou pour un non » que je n'aurais manqué sous aucun prétexte. Nathalie Sarraute, j'en explorais à la fin des années soixante, l'écriture et son sous-texte, sa quête inlassable du sens. « Portrait d'un inconnu », « Entre la vie et la mort » furent mes premières lectures.
Mais trêve de digression. Le langage, les mots dont « on ne sait pas d'où ils vous viennent », méfiance. Leur parcours entre celui qui les dit et celui auxquels ils s'adressent... ça peut faire mal, provoquer un véritable drame quand l'émotion s'interpose. Ainsi, vous n'imaginez pas ce qu'une simple réflexion : « C'est bien... ça. », venue se glisser entre deux vieux amis peut déclencher, surtout lorsque s'invite le ton, car n'y a-t-il pas un monde entre le silence ou non qui sépare les deux mots ? Entre une virgule et trois points de suspension ? Entre un fait passé et son retour dans le présent ?
Bref, quand de cette réflexion anodine peut aussi naître une pièce d'une heure aussi intense... Fascinant, non ? Tout aussi fascinant et jouissif le jeu subtil, la joute verbale entre Gabriel Le Doze et Bernard Bollet, H1 et H2, qui se délectent de façon évidente de ce texte de Nathalie Sarraute. Ces deux-là parviendraient à faire fondre de plaisir une statue de glace ! Il me faut aussi signaler la présence d'Anne Plumet, personnage secondaire appelée pour tenter de jouer en vain les médiatrices, la mise en scène sans fioritures et parfaite de Tristan Le Doze et la présence dans la salle d'une classe entière de jeunes gens qui ne se privèrent pas à la fin de laisser éclater leur enthousiasme. Tellement réjouissant de voir et d'entendre ça !
Mais trêve de digression. Le langage, les mots dont « on ne sait pas d'où ils vous viennent », méfiance. Leur parcours entre celui qui les dit et celui auxquels ils s'adressent... ça peut faire mal, provoquer un véritable drame quand l'émotion s'interpose. Ainsi, vous n'imaginez pas ce qu'une simple réflexion : « C'est bien... ça. », venue se glisser entre deux vieux amis peut déclencher, surtout lorsque s'invite le ton, car n'y a-t-il pas un monde entre le silence ou non qui sépare les deux mots ? Entre une virgule et trois points de suspension ? Entre un fait passé et son retour dans le présent ?
Bref, quand de cette réflexion anodine peut aussi naître une pièce d'une heure aussi intense... Fascinant, non ? Tout aussi fascinant et jouissif le jeu subtil, la joute verbale entre Gabriel Le Doze et Bernard Bollet, H1 et H2, qui se délectent de façon évidente de ce texte de Nathalie Sarraute. Ces deux-là parviendraient à faire fondre de plaisir une statue de glace ! Il me faut aussi signaler la présence d'Anne Plumet, personnage secondaire appelée pour tenter de jouer en vain les médiatrices, la mise en scène sans fioritures et parfaite de Tristan Le Doze et la présence dans la salle d'une classe entière de jeunes gens qui ne se privèrent pas à la fin de laisser éclater leur enthousiasme. Tellement réjouissant de voir et d'entendre ça !
Paru le 10/02/2026
(16 notes) THÉÂTRE DU POCHE-MONTPARNASSE Jusqu'au dimanche 1 mars
THÉÂTRE CONTEMPORAIN. Pour un Oui ou pour un Non, en effet… c’est souvent d’un rien que partent brouilles et guerres. Nathalie Sarraute démonte sous nos yeux le mécanisme de déconstruction d’une vieille amitié, à partir d’une simple réplique devenue culte : "C’est bien…ça !". Le langage devient une arme insidieuse, cre...
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