Zoom par Patrick Adler
On purge bébé
Au Théâtre Hébertot
Que n'a-t-on attendu la Maillard - comme on disait jadis la Maillan - pour découvrir - enfin ! - ce petit bijou signé Feydeau, une pièce menée tambour battant par le duo croquignolet qu'elle forme avec Marc Chouppard. Car la dame, si elle a attendu son heure - la Covid étant passée par là - est remontée comme jamais. A Hébertot, on ne s'attendait pas à pareille bourrasque. Elle ramasse tout sur son passage et surtout les rires d'un public de 7 à 77 ans qui redécouvre un classique revisité par quatre véritables clowns, au sens noble du terme. Bravo ! Mille bravos !
Emeline Bayard est inénarrable, impayable en Julie Follavoine. Elle a cette « vis comica » naturelle qui emmène aussitôt le public. Elle est irrésistible - et ô combien efficace - quand elle débarque en trombe en chemise de nuit, les bas sur les chevilles, les bigoudis sur la tête et le seau de nuit à la main. Elle a le verbe haut, l'autorité naturelle, elle en impose. Mais pas que. Car sa variation de jeu est époustouflante. Elle a, comme la Pacôme, un sens inné de la rupture, monte à l'octave en un tournemain, passe du récitatif au chant avec brio. Elle est la Reine, la pièce maîtresse de l'échiquier, celle qui insuffle à la troupe cette folle énergie. D'autant qu'elle a signé la mise en scène. Et tout le monde suit. La petite troupe est au diapason. Comme toujours chez Feydeau, dans ce tourbillon de quiproquos et de surprises, le ton monte souvent. Comme dirait Aznavour, « ça gesticule, ça parle fort, ça joue les divas, les ténors... »
Ici aussi, les colères fusent, les portes claquent. A l'instar des pots de chambre, tout se brise, comme les espoirs de M. Follavoine. Devenu aussi fragile que sa porcelaine, il ne fait plus que subir. Entre les rodomontades de son épouse, les caprices de Toto, les invités arrivés en avance, tout part à vau-l'eau, tout devient... purge. Marc Chouppard, à peine sorti de son triomphe dans « Bouvard et Pécuchet » au Poche-Montparnasse (cf. article précédent), endosse avec la même aisance son nouveau costume. Clownesque à souhait, il est, lui aussi, irrésistible. Jouant de sa mince et très haute silhouette, face à la toute petite Rose, la bonne et Toto l'enfant (deux rôles qu'embrasse simultanément Corinne Martin, facétieuse à souhait et d'une énergie folle, quelle prouesse !), il est un gag à lui tout seul et ses essais de tirs au pot de chambre et surtout les conclusions que lui et M. Chailloux en dressent sont inénarrables de drôlerie. Saluons au passage la formidable performance de Manuel Le lièvre, mué dans ce rôle en une manière de « Bouzin » qui n'est pas sans rappeler un certain Christian Hecq.
C'est du théâtre « tout public » comme on aime. Emmeline Bayard a gardé le texte original auquel elle a judicieusement adjoint quelques chansons réalistes d'époque qui s'intègrent parfaitement à la trame. Accompagnés par le pianiste Manuel Peskine, elle et Marc Chouppart nous offrent de facétieux intermèdes, emprunts de fraîcheur et de fantaisie. Les autres comédiens (Vincent Arfa, Delphine Lacheteau) ne sont pas en reste. Chacun trouve sa place sur l'échiquier. Cette version 2026 de « On purge bébé » de Feydeau restera une des plus belles, des plus drôles et de plus réussies.
Un conseil : A entendre les premiers commentaires du public et de la presse à la sortie, je pense qu'il est prudent de réserver.
Pépite avec un Grand P !
Ici aussi, les colères fusent, les portes claquent. A l'instar des pots de chambre, tout se brise, comme les espoirs de M. Follavoine. Devenu aussi fragile que sa porcelaine, il ne fait plus que subir. Entre les rodomontades de son épouse, les caprices de Toto, les invités arrivés en avance, tout part à vau-l'eau, tout devient... purge. Marc Chouppard, à peine sorti de son triomphe dans « Bouvard et Pécuchet » au Poche-Montparnasse (cf. article précédent), endosse avec la même aisance son nouveau costume. Clownesque à souhait, il est, lui aussi, irrésistible. Jouant de sa mince et très haute silhouette, face à la toute petite Rose, la bonne et Toto l'enfant (deux rôles qu'embrasse simultanément Corinne Martin, facétieuse à souhait et d'une énergie folle, quelle prouesse !), il est un gag à lui tout seul et ses essais de tirs au pot de chambre et surtout les conclusions que lui et M. Chailloux en dressent sont inénarrables de drôlerie. Saluons au passage la formidable performance de Manuel Le lièvre, mué dans ce rôle en une manière de « Bouzin » qui n'est pas sans rappeler un certain Christian Hecq.
C'est du théâtre « tout public » comme on aime. Emmeline Bayard a gardé le texte original auquel elle a judicieusement adjoint quelques chansons réalistes d'époque qui s'intègrent parfaitement à la trame. Accompagnés par le pianiste Manuel Peskine, elle et Marc Chouppart nous offrent de facétieux intermèdes, emprunts de fraîcheur et de fantaisie. Les autres comédiens (Vincent Arfa, Delphine Lacheteau) ne sont pas en reste. Chacun trouve sa place sur l'échiquier. Cette version 2026 de « On purge bébé » de Feydeau restera une des plus belles, des plus drôles et de plus réussies.
Un conseil : A entendre les premiers commentaires du public et de la presse à la sortie, je pense qu'il est prudent de réserver.
Pépite avec un Grand P !
Paru le 03/02/2026
(57 notes) THÉÂTRE HÉBERTOT Jusqu'au dimanche 22 mars
COMÉDIE RÉPERTOIRE CLASSIQUE. 30 REPRESENTATIONS EXCEPTIONNELLES !
M. Follavoine, un fabricant de porcelaine, a invité à déjeuner, dans son appartement, un client de marque : Chouilloux, fonctionnaire influent du Ministère des armées qui doit statuer sur l'acquisition par l'Armée française de pots de chambre destinés aux solda...
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