Zoom par Patrick Adler
Le Chant des Lions
Tristan Bernard
On l'attendait depuis longtemps ce "Chant des lions", qui eut l'heur' de connaître un gros succès en Avignon. Julien Delpech et Alexandre Foulon, les heureux auteurs de cette pépite, retiennent leur souffle. Après leur brillant et spectaculaire premier Opus "Les Téméraires", comment Paris va-t-elle accueillir leur second bébé ? Après cette première, tout porte à croire que le public sera au rendez-vous, d'autant que tous les ingrédients sont là : la mise en scène inventive - comme toujours - de Charlotte Matzneff, les chorégraphies endiablées de Marie-Jo Buffon, l'incroyable inventivité de Mehdi Bourayou dans les créations sonores et les lumières de Moïse Hill... sans oublier un casting de rêve avec la lumineuse Marina Pangos en Germaine Sablon ( elle remplace Vanessa Cayol, engagée dans la comédie musicale "Chicago") et le fougueux Éric Chantelauze en Kessel et vous avez la recette d'un succès programmé... pour longtemps !
La Grande histoire est indissociable des petites histoires qui sont la caisse de résonance d'une époque. Elle s'écoute et se transmet avec des mots mais aussi avec des sons et c'est ce mélange détonant que nous allons vivre - intensément - dans ce "Chant des Lions". Nos deux héros : Germaine Sablon, chanteuse-phare des années 30 et Kessel... qu'on ne présente plus, vont vivre les trois coups, comme au théâtre : le coup de foudre (amoureux), le coup de grâce (la guerre) et le coup de chance (la création du "Chant des Partisans"). Dans un mix savamment dosé entre dialogues et chants, qui traduisent les états d'âme des personnages dans cette période trouble qu'est l'Occupation, on se joue de la peur comme de la mort. Mieux, on l'affronte... en chantant car le chant unit et l'histoire qui se joue devant nous à un rythme fou trouve son apogée avec la création chorale d'un des éléments actuels de notre patrimoine culturel musical : Le Chant des Partisans. Certes, le TGV n'est pas encore apparu mais Charlotte Matzneff n'a pas son équivalent pour vous faire passer en un tournemain d'une époque à l'autre, d'un lieu à l'autre (le compartiment d'un train, une station de radio, un salon, un cabaret), obligeant la troupe à être au diapason.
Et puisqu'on parle de diapason, faisons focus sur l'autre "magicien de la pièce" : Mehdi Bourayou qui crée en direct, avec la maestria qu'on lui connait, tout l'habillage sonore, des simples bruitages aux musiques d'ambiance. Comme dans les cinémas d'antan, il est l'homme-orchestre qui compose la B.O du film... mais au théâtre. Pour les éclairages, le fidèle Moïse Hill est aux manettes. C'est léché, étudié, élégant. Des scènes flamboyantes au cabaret aux contre-jours et autres ambiances tamisées de la clandestinité, il opère. Avec talent. Comme Antoine Milian à la scénographie et Corinne Rossi aux costumes.
Ce "Chant des lions" qui nous offre un duo magique et époustouflant, Chantelauze/Kessel et Pangos/Sablon, est servi par une troupe qui ne démérite pas dans le jeu, l'énergie et l'harmonie de la pièce. On savoure le travail de mémoire - qui se souvenait de Germaine Sablon ? -, cette parenthèse historique qui a vu naître le Chant des Partisans et des amours passionnelles, tumultueuses mais réconciliées par une création artistique qui résonne dans toutes les oreilles, dans tous les pays. De l'amour-engagement au chant partisan, quelle belle aventure !
Merciiiiiii à tous ! Pépite !
Et puisqu'on parle de diapason, faisons focus sur l'autre "magicien de la pièce" : Mehdi Bourayou qui crée en direct, avec la maestria qu'on lui connait, tout l'habillage sonore, des simples bruitages aux musiques d'ambiance. Comme dans les cinémas d'antan, il est l'homme-orchestre qui compose la B.O du film... mais au théâtre. Pour les éclairages, le fidèle Moïse Hill est aux manettes. C'est léché, étudié, élégant. Des scènes flamboyantes au cabaret aux contre-jours et autres ambiances tamisées de la clandestinité, il opère. Avec talent. Comme Antoine Milian à la scénographie et Corinne Rossi aux costumes.
Ce "Chant des lions" qui nous offre un duo magique et époustouflant, Chantelauze/Kessel et Pangos/Sablon, est servi par une troupe qui ne démérite pas dans le jeu, l'énergie et l'harmonie de la pièce. On savoure le travail de mémoire - qui se souvenait de Germaine Sablon ? -, cette parenthèse historique qui a vu naître le Chant des Partisans et des amours passionnelles, tumultueuses mais réconciliées par une création artistique qui résonne dans toutes les oreilles, dans tous les pays. De l'amour-engagement au chant partisan, quelle belle aventure !
Merciiiiiii à tous ! Pépite !
Paru le 01/02/2026
(16 notes) THÉÂTRE TRISTAN BERNARD Jusqu'au jeudi 30 avril
COMÉDIE DRAMATIQUE. 1933. Germaine Sablon, l'une des chanteuses les plus populaires de la capitale, se produit dans un cabaret. Dans le public se trouve Joseph Kessel, journaliste, auteur, aviateur et aventurier. Leur coup de foudre est immédiat mais la guerre arrive et transforme la vie de ces deux amants. Aujourd’h...
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