Portrait par Philippe Escalier
Samuel Valensi
auteur, metteur en scène de « Made in France »
« Made in France », qu'il a co-écrit avec Paul-Éloi Forget et mis en scène, a rencontré un immense succès lors du dernier Festival d'Avignon. La pièce continue de séduire un large public et confirme l'attrait pour un théâtre à la fois divertissant et intelligent.
Avec sa compagnie « La Poursuite du bleu », fondée il y a dix ans, Samuel Valensi crée son premier spectacle, « L'Inversion de la courbe », au Théâtre de Belleville en 2017, suivi de « Melone Blu » au Théâtre 13. La compagnie prend véritablement son envol en 2022 avec « Coupures ».
Sa quatrième pièce, « Made in France », connait un succès fulgurant. Samuel Valensi confirme qu'Avignon 2025 a été une belle surprise : « Nous avons déjà connu des Avignon joyeux, mais la différence cette année, c'est la presse qui nous a suivis et a encouragé le public à venir. J'ai vraiment senti qu'après « Coupures », les gens nous attendaient, ce qui a créé une pression supplémentaire, mais aussi un contexte très fédérateur pour toute l'équipe. »
Avec son regard subtil et son ambition de toucher le plus grand nombre, « La Poursuite du bleu », attachée à la diversité et à la complexité des points de vue, aime explorer les grandes questions de société. « Ce positionnement vient d'un désir très personnel d'aborder au théâtre les crises que nous traversons, tout en ayant l'opportunité d'en rire. Si tout est sérieux, rien n'est grave. Je me dis que si Shakespeare vivait aujourd'hui, le lieu de pouvoir qui l'intéresserait serait en grande partie l'entreprise », confie cet ancien élève d'HEC. Avant d'ajouter : « Le fil conducteur de nos spectacles, c'est une "mauvaise" réécriture de Steinbeck et « Des souris et des hommes », une manière de raconter comment le système économique nous atomise et nous confronte à des injonctions contradictoires insoutenables, reflet de notre époque. »
Face à ce théâtre aussi inventif que dynamique, la question des sources d'inspiration s'impose. Samuel Valensi dit être fasciné par l'image et cite des références cinématographiques variées : les univers grinçants d'Albert Dupontel ou de Ruben Östlund, mais aussi Jacques Tati et Charlie Chaplin. Sur sa mise en scène, il précise : « Pendant l'écriture, j'ai beaucoup d'images. Je visualise le plateau et je fais des schémas. J'ai du mal à dissocier l'écriture de la mise en scène, qui vient contrebalancer le travail d'auteur, solitaire et parfois difficile. Si je devais tout lâcher une fois le point final posé, cela me rendrait malheureux. Heureusement, la suite est un moment très collectif, assez jubilatoire. Il y a aussi une forte dimension musicale, grâce à la batterie qui symbolise l'usine. Lison Favard, Léo Elso et la batteuse Mélanie Centenero ont accompli un superbe travail. »
D'évidence, cette belle aventure est appelée à continuer : « J'ai plusieurs projets en tête et je dois choisir, ce qui n'est pas simple. Je suis tenté de revenir vers le monde de l'entreprise, mais je ne veux pas m'y enfermer. J'ai beaucoup de sujets qui m'attirent. Dans tous les cas, j'ai envie de continuer à aborder de grands thèmes d'actualité, de façon drôle et populaire. »
Sa quatrième pièce, « Made in France », connait un succès fulgurant. Samuel Valensi confirme qu'Avignon 2025 a été une belle surprise : « Nous avons déjà connu des Avignon joyeux, mais la différence cette année, c'est la presse qui nous a suivis et a encouragé le public à venir. J'ai vraiment senti qu'après « Coupures », les gens nous attendaient, ce qui a créé une pression supplémentaire, mais aussi un contexte très fédérateur pour toute l'équipe. »
Avec son regard subtil et son ambition de toucher le plus grand nombre, « La Poursuite du bleu », attachée à la diversité et à la complexité des points de vue, aime explorer les grandes questions de société. « Ce positionnement vient d'un désir très personnel d'aborder au théâtre les crises que nous traversons, tout en ayant l'opportunité d'en rire. Si tout est sérieux, rien n'est grave. Je me dis que si Shakespeare vivait aujourd'hui, le lieu de pouvoir qui l'intéresserait serait en grande partie l'entreprise », confie cet ancien élève d'HEC. Avant d'ajouter : « Le fil conducteur de nos spectacles, c'est une "mauvaise" réécriture de Steinbeck et « Des souris et des hommes », une manière de raconter comment le système économique nous atomise et nous confronte à des injonctions contradictoires insoutenables, reflet de notre époque. »
Face à ce théâtre aussi inventif que dynamique, la question des sources d'inspiration s'impose. Samuel Valensi dit être fasciné par l'image et cite des références cinématographiques variées : les univers grinçants d'Albert Dupontel ou de Ruben Östlund, mais aussi Jacques Tati et Charlie Chaplin. Sur sa mise en scène, il précise : « Pendant l'écriture, j'ai beaucoup d'images. Je visualise le plateau et je fais des schémas. J'ai du mal à dissocier l'écriture de la mise en scène, qui vient contrebalancer le travail d'auteur, solitaire et parfois difficile. Si je devais tout lâcher une fois le point final posé, cela me rendrait malheureux. Heureusement, la suite est un moment très collectif, assez jubilatoire. Il y a aussi une forte dimension musicale, grâce à la batterie qui symbolise l'usine. Lison Favard, Léo Elso et la batteuse Mélanie Centenero ont accompli un superbe travail. »
D'évidence, cette belle aventure est appelée à continuer : « J'ai plusieurs projets en tête et je dois choisir, ce qui n'est pas simple. Je suis tenté de revenir vers le monde de l'entreprise, mais je ne veux pas m'y enfermer. J'ai beaucoup de sujets qui m'attirent. Dans tous les cas, j'ai envie de continuer à aborder de grands thèmes d'actualité, de façon drôle et populaire. »
Paru le 30/01/2026
(15 notes) THÉÂTRE DE LA RENAISSANCE Jusqu'au dimanche 15 mars
THÉÂTRE CONTEMPORAIN. Après tout ce temps passé à l’attendre derrière les barreaux, ça y est, Emile a obtenu sa peine aménagée. Dès demain, il passera ses journées à l’usine et ses nuits en centre de détention, de quoi rêver d’une sortie rapide pour bonne conduite. Problème : l’usine où il s’apprête à travailler déloca...
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