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Thibault de Montalembert
© Céline Nieszawer
Dossier par Philippe Escalier
Seuls nos cheveux sont gris

Thibault de Montalembert et Hélène Babu ressuscitent la tradition de la comédie de boulevard dans une transposition audacieuse du « Barbier de Séville ». Signée par l'autrice australienne Wendy Beckett et adaptée par Stéphane Laporte, cette farce satirique transforme la rivalité amoureuse de Beaumarchais en joute contemporaine.

Thibault de Montalembert, le comte romantique


Il incarne le comte Georges, personnage central de cette comédie satirique où la maturité devient prétexte à renaissance. Formé aux Amandiers sous la direction de Patrice Chéreau, passé par la Comédie-Française entre 1994 et 1996, l'acteur appartient à cette génération d'interprètes qui ont grandi dans le sérieux du théâtre d'art avant de conquérir une belle popularité grâce à la série « Dix pour cent ».

Sa carrière dessine le portrait d'un acteur de troupe, fidèle à quelques cinéastes élus. Arnaud Desplechin l'a convoqué à trois reprises, de « La Vie des morts » à « Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) », lui confiant ces rôles d'intellectuels fragiles qu'il habite avec une mélancolie contenue. Au cinéma comme au théâtre, il cultive l'art du second plan habité, cette présence qui ne cherche jamais l'effet.

Metteur en scène, il a monté la « Lettre au père » de Kafka au théâtre de la Bastille en 2007, révélant son goût pour les textes qui explorent les failles intimes. Dans « Seuls nos cheveux sont gris », il retrouve Hélène Babu, pour une variation espiègle sur les passions qui défient le temps. Le comte qu'il interprète affronte son rival Bartolini dans une bataille amoureuse où la maturité assumée devient atout romanesque.


Stéphane Laporte, l'adaptateur virtuose


Originaire du sud-ouest de la France, maître ès lettres anglaises formé en Californie, cet artisan des mots exerce le métier délicat de traducteur hors pair. Sa vocation est née en 1990 lors d'une représentation de « Nine ».

Depuis sa première grande adaptation de « Titanic » pour l'Opéra Royal de Wallonie en 2000, Stéphane Laporte a signé les versions françaises des plus grands musicals : « Le Roi Lion », « Mamma Mia! », « Un violon sur le toit », « Le Fantôme de l'Opéra », « Grease » et « Hairspray ». Pianiste de formation, il conçoit l'adaptation comme une réécriture mariant les bons mots à la musique, respectant le phrasé original tout en inventant une seconde langue qui sonne français et où l'humour n'est jamais absent.

Mais il ne se cantonne pas au musical. Il a également adapté Noël Coward (« Poste restante »), collaboré avec Jeanne Moreau pour « Un trait de l'esprit » de Margaret Edson, et même transposé en anglais « Monsieur Ibrahim » d'Éric-Emmanuel Schmitt. Avec « Seuls nos cheveux sont gris », il nous fait découvrir l'univers de Wendy Beckett. L'exercice consiste ici à franciser une relecture contemporaine et satirique de Beaumarchais, défi qui exige de jongler entre trois temporalités : le XVIIIe siècle de l'original, la modernité de la réécriture anglo-saxonne, et l'esprit parisien.
Paru le 30/01/2026
SEULS MES CHEVEUX SONT GRIS
THEÂTRE LIBRE
A partir du mercredi 4 février

COMÉDIE. Inspirée du Barbier de Séville, "Seuls mes cheveux sont gris" est une comédie satirique et moderne où Thibault de Montalembert incarne Georges, un comte romantique qui affronte son rival Bartolini pour conquérir la fantasque Deborah. Autour d’eux gravitent Figaro, Suzanne et Mavis, une galerie de ...

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