Portrait par Jeanne Hoffstetter
Jean-Claude Grumberg
« Dans le couloir » au théâtre Hébertot
C'est une bien curieuse histoire dont on se demande où est la tête et où est la queue. En scène, « la vieille », Christine Murillo, et « le vieux » Jean-Pierre Darroussin, sans cesse à faire des aller-retours entre la cuisine où la soupe réchauffe et une porte close au bout du couloir...
Pour n'évoquer que le théâtre dans une œuvre si riche, et pour avoir lu ou vu un certain nombre de ses pièces, pour en avoir aimé le fond, la forme, l'humour et la dérision, j'avais envie de rencontrer un jour Jean-Claude Grumberg, l'auteur aux 6 Molière et multiples récompenses dont le Brigadier d'honneur 2025, étudié dans les écoles, qui aime se raconter sans se départir de son franc-parler, de son humour ni de sa vision peu optimiste du monde. Je l'écoute et nous tournons ensemble les pages d'une histoire familiale touchée aux pires moments qu'a connu notre pays. J'écoute l'enfant qu'il fut, épris de lecture. « La bibliothèque municipale m'avait adopté et a fait de moi un écrivain. Voilà. Des livres, des livres, des livres, et pas du tout l'école ! » De celui qui ne voulait pas, malgré le chemin tracé, devenir tailleur en confection et ne le devint pas, de celui qui voulait être comédien mais ne le devint pas non plus, je suivais le chemin.
Il est beaucoup plus difficile d'écrire une pièce à deux personnages
« J'aspirais à être un grand théoricien du théâtre, sérieux et tout et tout, mais je n'y arrivais pas. Donc faire rire et émouvoir si possible, il n'y avait que ça à faire ce qui m'a permis pendant soixante ans d'écrire des pièces. J'ai eu beaucoup de chance. »
Comment Beckett ou Ionesco sont-ils parvenus jusqu'à lui ? « J'ai lu Godot je devais avoir 17 ans, je travaillais Lorenzaccio et Richard III et je me suis dit : Mais qu'est-ce que c'est que ces conneries ? Et le père de Michel Hazanavicius qui ne faisait pas de théâtre, m'a tout expliqué. Aujourd'hui, ce qui est dommageable c'est que l'économie dicte souvent les pièces, et il est plus difficile d'écrire une pièce à deux personnages. Il faut trouver. Je pense que sans Beckett et sans Ionesco des auteurs comme moi n'existeraient pas de cette manière. Il faut savoir que les grands rénovateurs du théâtre en langue française sont Beckett de langue anglaise, Ionesco qui apprend le français en Roumanie, Adamov de langue russe... Ma mère, née à Paris, ne lisait pas le français, donc moi je suis dans cette ligne apatride. »
« Dans le couloir », une pièce écrite en hommage à Beckett et Ionesco ? Grand rire de l'auteur « Mais pas du tout ! Je ne suis pas fou au point de me dire : Tiens, je vais écrire une pièce en hommage à Beckett et Ionesco qui n'en ont rien à foutre ! Non, c'est après coup en la lisant et quand on m'a demandé ce que ça racontait que ça m'a frappé, et que j'ai dit que c'était un hommage. »
Allez ! Le vieux, la vieille et ce fils dont il est question sans cesse et que l'on ne voit jamais, un fantasme ? « Là, c'est votre problème ! On sait bien que Godot n'existe pas, que le type et le public qu'ils attendent dans « Les chaises » ne viendront pas. Voilà ! Je suis entré dans ce théâtre-là. »
Pour terminer, qu'a-t-on en tête, derrière le rire, en écrivant « Dans le couloir » ? « Ma propre déchéance, notre déchéance... »
Il est beaucoup plus difficile d'écrire une pièce à deux personnages
« J'aspirais à être un grand théoricien du théâtre, sérieux et tout et tout, mais je n'y arrivais pas. Donc faire rire et émouvoir si possible, il n'y avait que ça à faire ce qui m'a permis pendant soixante ans d'écrire des pièces. J'ai eu beaucoup de chance. »
Comment Beckett ou Ionesco sont-ils parvenus jusqu'à lui ? « J'ai lu Godot je devais avoir 17 ans, je travaillais Lorenzaccio et Richard III et je me suis dit : Mais qu'est-ce que c'est que ces conneries ? Et le père de Michel Hazanavicius qui ne faisait pas de théâtre, m'a tout expliqué. Aujourd'hui, ce qui est dommageable c'est que l'économie dicte souvent les pièces, et il est plus difficile d'écrire une pièce à deux personnages. Il faut trouver. Je pense que sans Beckett et sans Ionesco des auteurs comme moi n'existeraient pas de cette manière. Il faut savoir que les grands rénovateurs du théâtre en langue française sont Beckett de langue anglaise, Ionesco qui apprend le français en Roumanie, Adamov de langue russe... Ma mère, née à Paris, ne lisait pas le français, donc moi je suis dans cette ligne apatride. »
« Dans le couloir », une pièce écrite en hommage à Beckett et Ionesco ? Grand rire de l'auteur « Mais pas du tout ! Je ne suis pas fou au point de me dire : Tiens, je vais écrire une pièce en hommage à Beckett et Ionesco qui n'en ont rien à foutre ! Non, c'est après coup en la lisant et quand on m'a demandé ce que ça racontait que ça m'a frappé, et que j'ai dit que c'était un hommage. »
Allez ! Le vieux, la vieille et ce fils dont il est question sans cesse et que l'on ne voit jamais, un fantasme ? « Là, c'est votre problème ! On sait bien que Godot n'existe pas, que le type et le public qu'ils attendent dans « Les chaises » ne viendront pas. Voilà ! Je suis entré dans ce théâtre-là. »
Pour terminer, qu'a-t-on en tête, derrière le rire, en écrivant « Dans le couloir » ? « Ma propre déchéance, notre déchéance... »
Paru le 20/01/2026
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DANS LE COULOIR THÉÂTRE HÉBERTOT A partir du samedi 24 janvier
COMÉDIE. C’est l’histoire d’un couple d’octogénaires. Lui, souffre d’un mal de dos chronique et d’une vue très faible. C’est Jean-Pierre Darroussin. Elle, est équipée d’un appareil auditif et d’un appareil dentaire. C’est Christine Murillo. IIs n’ont pas la vie facile d’autant que leur cinquantenaire de fi...
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