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D.R.


Robin Renucci
L’acteur et le travail de mémoire
Accompagné au piano alternativement par Mikhaïl Rudy et Nicolas Stavy, Robin Renucci a mis "Le Pianiste"
au centre du spectacle qu'il donne à la Pépinière Opéra. Son auteur, Wladyslaw Szpilman, enfermé durant des mois dans le ghetto de Varsovie martyrisé, réchappera de la mort grâce à l'intervention d'un officier allemand. L'œuvre de ce musicien au destin incroyable a été portée à l'écran par Roman Polanski.
Depuis que Corinne Bacharach lui a proposé d'effectuer la lecture du Pianiste, à quatre reprises, au musée d'Art et d'Histoire du judaïsme, en 2001, Robin Renucci ne s'est plus séparé de ce texte. À cette époque, "l'auteur venait de mourir. Comprenant que j'étais face à un témoignage important, j'ai eu à cœur d'en porter la parole". L'été suivant, aux Rencontres internationales artistiques de Corse, en public et en plein air, il réitère cette lecture. Peu de temps après, la Palme d'or obtenue à Cannes étant venue mondialiser l'ouvrage, le comédien rencontre Mikhaïl Rudy, "cet immense virtuose, spécialiste de la musique de Chopin, qui a accepté d'être à mes côtés sur scène au Festival de Perpignan. Mon travail s'est considérablement enrichi". Pendant ses mois d'enfermement, seul dans le ghetto, le pianiste aura en tête tout ce fracas de piano. Cette musique, omniprésente, il fallait que les spectateurs puissent aussi l'entendre, qui plus est, jouée de mains de Maîtres.

"J'ai fait appel à Cécile Guillemot pour que la parole soit la plus transparente possible. L'espace est presque vide pour faire voyager l'imaginaire sollicité par la mise en lumière très riche de Julien Barbazin." Bien évidemment, il n'est à aucun moment question de jouer la comédie. "Ce qui m'importe c'est de porter ce texte par la voix. Je n'aime pas l'industrie de l'image que l'on peut faire autour de la Shoah. Cela doit passer de préférence par le récit de ceux qui l'ont vécue. Certains ne sont plus là pour le faire. Il faut donc que d'autres s'en chargent."

Quatre années ont été nécessaires pour faire éclore ce spectacle, au moment où l'on commémore les 60 ans de la libération des camps. Acteur militant, Robin Renucci se réjouit que les médias parlent depuis plusieurs mois de ce qui lui importe. Au demeurant, l'acteur sensible à toutes les exclusions et toutes les injustices, sans jamais oublier le côté si particulier de la Shoah, entend penser à tous les génocides. "En disant ce texte, je ne peux pas ne pas songer au génocide des Cambodgiens, des Arméniens, du Rwanda ou celui qui se déroule, à l'heure où l'on se parle, au Darfour."
Au théâtre, que ce soit Le Soulier de satin joué dans la cour d'honneur d'Avignon ou encore Le Grand Retour de Boris S. traitant des relations père-fils et du poids de la judaïté, les différents rôles soigneusement choisis et incarnés par Robin Renucci ont toujours laissé le souvenir de moments forts et émouvants. Personne ne doute que d'ici quelque temps, il faudra rajouter Le Pianiste à une liste déjà longue.

Wladyslaw Szpilman,"Le Pianiste", éditions Robert Laffont.
Portrait par Philippe Escalier
Paru le 14/03/2005

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