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© E. Robert


Véronic Joly
Conseillère artistique et "joueuse" à la Ligue d'improvisation, elle capterait des heures votre intérêt en parlant du théâtre tel qu'elle le conçoit.
Il se donne, loin des feux de la rampe, une forme de théâtre passionnante qui aurait quelque chose à voir avec la pratique du sport. "Il y a des valeurs communes : des histoires de passes, de stratégie, de hasard, de risque, d'adrénaline, de vision globale du jeu. D'où la nécessité de beaucoup s'entraîner ensemble pour travailler ces mécaniques d'improvisation." L'histoire veut que ces matchs d'improvisation venus du Québec en 1977 fûssent imaginés par deux comédiens ayant constaté que les théâtres se vidaient au profit des patinoires. "Mais c'est bien sûr !" se dirent les deux compères, pourquoi ne pas créer un spectacle qui allierait sport et théâtre ? L'idée est si bonne que l'Europe s'en empare quelques années plus tard, et que la France va jusqu'à remporter le dernier championnat du monde. À l'Élysée-Montmartre, le show de la Lifi* vaut le détour. Véronic Joly en parle de manière si passionnante qu'elle ferait dresser la paupière d'une statue de marbre ! D'emblée, la comédienne se révèle pure et dure : "Je suis pour un théâtre militant, un théâtre qui parle à l'homme de l'homme, du "petit homme" de ses petites vilainies, de ses bontés, de ce qui l'opprime, et du divin que chacun porte en lui. C'est peut-être un peu brechtien tout ça..." Elle recherche, elle analyse, ses propos ne sont pas là pour faire joli dans le décor ni pour séduire son interlocuteur, mais pour expliquer le théâtre tel qu'elle le comprend, tel qu'elle le pratique. Ce qui n'exclut en rien le sourire et le rire. Véronic Joly partage ses activités entre le Théâtre de la Jacquerie, la Comédie de Picardie et le Théâtre de la Forêt, quand elle ne s'emploie pas à rechercher des textes à adapter, à mettre en scène. Ça fait beaucoup tout ça, non ?

"Si l'on fait ce métier pour se montrer, alors que l'on n'a rien à dire, on n'a rien à y faire !"

"C'est vrai ! Mais en même temps tout cela se répond et s'enrichit mutuellement. Et vous savez, le statut d'intermittent du spectacle exige pour le garder beaucoup de travail !» Dès le départ, son parcours n'emprunte pas la voie classique. "J'ai choisi l'école internationale Jacques Lecocq parce qu'elle travaille beaucoup sur le mouvement et forme les comédiens à être également créateurs, scénographes, metteurs en scène..." Loin d'elle l'idée d'être une star, "Une chose est sûre, si l'on fait ce métier pour se montrer, alors que l'on n'a rien à dire, on n'a rien à y faire. Nous sommes là pour raconter des histoires, pour que les gens emportent du rêve, de l'émotion, pour qu'ils trouvent la vie belle ou qu'ils aient envie de se révolter. Faire ce métier uniquement, pour entendre les gens dire : "Véronic Joly est excellente", là franchement ce n'est pas intéressant !" D'où vient alors ce désir passionné de théâtre ? "Ah ! Je crois que tous les comédiens vous diront la même chose, ils ont envie qu'on les aime. Une envie tellement énorme qu'ils ont sur scène la possibilité de toucher un maximum de gens ! Et puis, il y a ce fameux idéal dans la vie, le mien passe obligatoirement par la création."
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 15/01/2005

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