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D.R.


Duel 
Victoire de la musique !
Un pianiste affronte un violoncelliste. Ce délire musical virtuose et comique a su séduire le public par son inventivité et sa tonicité. Le voici de retour au Vingtième Théâtre.
Qui pourrait résister ? Après une gorgée de Ballantines, Laurent Cirade chante, lunettes noires sur le nez, My Funny Valentine avec la voix grave de Louis Armstrong. Paul Staïcu, lui, joue du piano couché, à l'envers, s'il vous plaît ! Il faut vous y faire, ces deux musiciens classiques, passés par les meilleures formations, ont mal tourné... Ils ont gardé leur habit queue-de-pie, mais se comportent en vrais sauvageons. L'un colore Le Sacre du printemps avec La Vie en rose. L'autre utilise son violoncelle en guise de tournebroche devant un feu de bois. Cela ne serait rien s'ils ne passaient leur temps à se chamailler, chacun voulant imposer sa "vision" de la musique et son tempo. Le grand baraqué (Laurent Cirade, membre du Quatuor pendant douze ans) prend plaisir à martyriser le pianiste frêle (le Roumain Paul Staïcu) qu'il terrorise pour lui faire entonner des airs militaires. Personne n'intervient, pire encore, le public rit aux éclats !

Lorsqu'on a passé des années à travailler son solfège, que l'on connaît les ambiances sérieuses des concerts classiques, il est difficile de ne pas céder à la tentation de tout dynamiter, de marier en grandes pompes Bach et les Beatles. Comment se refuser le plaisir de jouer du piano avec les pieds, allongé sur une chaise longue ? Loin de tomber dans les clins d'œil pour mélomanes connaisseurs, ce spectacle s'adresse bien à tous, grâce aux deux langues internationales que sont la musique et l'humour.

"Faire rire, c'est plus dur qu'apprendre le violoncelle", dit Laurent Cirade. Visiblement, les deux musiciens ont trouvé matière à épanouir leurs talents clownesques dignes de grands comédiens, capables de faire sourire, juste en posant un orteil sur la scène. La complicité entre les deux hommes est bien réelle, leur affrontement n'en a que plus de sel. Comportant un grand nombre de sketches, jouant avec des airs nombreux et variés, Duel garde, du début à la fin, un rythme endiablé. Il fallait une professionnelle pour orchestrer les idées foisonnantes qui le composent. C'est ce que réalise avec brio Agnès Boury qui a récemment mis au point les adieux de Maria Pacôme. Jouant sur l'opposition physique des deux compères, égratignant au passage le totalitarisme, elle multiplie les idées folles, tel ce Vol du bourdon où Laurent Cirade descend des cintres, suspendu à un filin. Normal qu'après cela, l'ensemble du public soit euphorique. Ce Duel extrêmement animé, jubilatoire, nous fait aimer la musique et, surtout, nous rend heureux.
Zoom par Philippe Escalier
Paru le 15/01/2005

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