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D.R.


Christian Vadim
Une pierre après l’autre
Patiemment, discrètement, le comédien "construit son mur"... Après "Copier/Coller", une joyeuse comédie, il s'apprête à affronter "Le Jeu de la vérité".
Déjà une autre pièce en vue*, le temps qui passe lui sourit. Les interviews ? Pas trop son truc, mais cela fait partie du métier. Christian Vadim préfère la radio, le direct, ce qui va vite et ne risque pas de détourner sa pensée. Désolée, moi c'est le papier ! Conciliant, souriant, aimant manifestement s'amuser, il se prête de bonne grâce à vos questions et vous donne poliment le temps qu'il faut. Avec ses airs de jeune homme et son sourire craquant on en oublierait que la quarantaine a pourtant réussi à le rattraper ! Son rôle dans la pièce de Jean-Marie Chevret n'est pas le plus facile, loin s'en faut. Au milieu de cette joyeuse bande d'hurluberlus, il est Cédric Mallard, agent chargé de la sécurité sur un concert organisé autour d'une ex-star du show-biz. Un rôle délicat, tout en nuances, quand les autres s'en donnent à cœur joie pour faire mouche. Il joue le jeu, et le joue bien. "Je me sens bien dans cette aventure, cela faisait longtemps que je n'avais pas joué de vraie comédie et j'ai beaucoup de plaisir avec l'équipe. L'an dernier, je jouais De vrais amis mis en scène par Jacques Connort, une pièce très lourde. Ça change !"

"Il ne suffit pas d'apprendre son texte, il faut avoir l'intelligence du personnage pour pouvoir l'inventer en cas de trou de mémoire"

Contrairement à d'autres, suivre les traces de ses parents n'était pas à son programme. Alors qu'il étudie le droit, son père lui offre contre argent de poche un boulot de stagiaire. "J'avais 19 ans, je trouvais ça sympa, on vous payait pour vous amuser ! Mais le métier c'est autre chose et vous déchantez rapidement. Après, j'ai pris des cours et si j'ai tenu bon, c'est grâce au théâtre. Corinne Blue, mon professeur, avait monté Le Menteur de Cocteau, j'y avais un monologue d'un quart d'heure. Ça a été la révélation, le big-bang, la montée d'adrénaline !" Mais on a beau être "fils de..." et avoir du plomb dans la tête, les portes du paradis ne s'ouvrent pas pour autant, il faut faire ses preuves, gagner sa vie. "J'ai même tiré des lignes électriques, fait la peinture dans des appartements, été barman... Vous savez, l'envers du miroir qui vous fait réaliser qu'être comédien ce n'est pas juste jouer, s'asseoir et attendre qu'on vous apporte le café ! Tout ça vous apprend l'humilité et le respect des autres." De bas en hauts, des années durant il s'illustre à la télé et au cinéma "où il faut être brillant, exploser sur dix secondes" et où Raoul Ruiz lui offre ses plus beaux rôles. Ainsi qu'au théâtre "où il faut tenir la longueur, avoir l'intelligence du personnage, le posséder, seule manière de pouvoir l'inventer en cas de trou de mémoire, car apprendre son texte ne suffit pas". Le sprint et le marathon. Les deux sont difficiles, il les aime également. Très présent au théâtre, il joue les classiques et les contemporains, aime le drame et la comédie. "J'aimerais aussi découvrir le subventionné... Au cinéma, j'aurais aimé jouer dans 36 Quai des Orfèvres, mais il y a certains milieux où je n'ai pas encore mon droit d'entrée. C'est ainsi, si vous démarrez très bas, le mur est long à monter, il faut travailler et être patient ! En attendant la vie est belle."
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 17/02/2005

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