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© M. Toussain


Anne Loiret
La vie telle qu’en ses rêves
"Jacques a dit" au Théâtre de Paris, "Holy Lola" sur les écrans, un épisode de "Louis Page" en tournage... Elle joue et s'amuse.
Jacques a dit connaît au Petit Théâtre de Paris l'un des plus beaux succès théâtraux de la saison, ce qui réjouit Anne Loiret que son rôle enchante. "Il donne la parole aux personnes qui, d'habitude, ne la prennent pas. À celles qui finiraient par dire un jour tout ce qu'elles ont sur le cœur depuis des années, mais sans agressivité. Et je pourrais ajouter que ma plus belle réplique ce sont ces vingt minutes de silence que j'ai au départ et qui font que le public se pose des questions. C'est un rôle extrêmement bien écrit et totalement jouissif qui me fait prendre conscience, en tant que comédienne, de ce qu'est la force du silence. Ce spectacle est ce que j'appelle de la très belle ouvrage, je suis heureuse et fière d'en faire partie." Anne Loiret possède ce charme indéfinissable des personnes naturelles et souriantes dont les propos s'égrènent à l'aune de sa réflexion. Trouver le mot juste, restituer le plus fidèlement possible des sentiments complexes, laisser la pensée libre d'aller et venir, creusant le sillon de la sincérité avec élégance. Point n'est besoin chez elle de se montrer intransigeante ou sectaire pour affirmer clairement qu'elle possède dans la vie une éthique, qu'elle aborde son métier sous l'angle de l'exigence et qu'elle s'en porte bien.

Point n'est besoin de vous faire croire que le sacro-saint théâtre est maître quand il y a aussi du bonheur à prendre devant les caméras et que l'ensemble est tout simplement vital. Formée le plus classiquement du monde au Conservatoire de Paris, la comédienne avoue cependant qu'il est bien compliqué d'expliquer ce désir de monter sur les planches. "Ce sont des raisons profondes et complexes et je travaille encore à les comprendre. Je pense vraiment que le désir de devenir acteur est d'ordre psychanalytique, ça a quelque chose à voir avec la reconnaissance. Mais je sais une chose : c'est vital. Car j'aurais pu avoir depuis le début 10 000 raisons de me décourager. Pourtant, je suis encore là ! En fait, je suis sortie du Conservatoire en 90 et ça fait cinq ans que je vis bien de mon travail. Je pense profondément que l'on ne peut pas faire ce métier si ce n'est pas vital." Mais l'univers d'un comédien c'est aussi l'œil indiscret de la caméra. Cet œil qui vient la chercher de si près et qui, pourtant, lui donne des moyens supplémentaires : "Je n'ai pas à parler fort... Garder la même sincérité au théâtre lorsque l'on doit vous entendre au bout de la salle est une pratique bien différente, mais j'ai du temps pour y arriver avec les répétitions, alors que cette dimension n'intervient pas dans le jeu quand je tourne. Cela va peut-être vous étonner, mais d'un côté comme de l'autre, le moteur premier pour moi est de m'amuser, ce qui ne m'empêche pas de faire des choses sérieuses !" Ce qui ne l'empêche pas non plus de trembler de peur durant les répétitions, de penser à chaque nouvelle pièce : ""Cette fois, c'est sûr, je vais me planter !" "Mais je pense qu'un artiste qui ne doute pas n'est pas un artiste..."
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 15/02/2005

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