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D.R.


Bernard Werber
Son visage s'est affiché à la rentrée dans les couloirs du métro à l'occasion de la sortie de son nouveau roman, "Nous les Dieux". Cet ancien journaliste scientifique, reconverti dans l'écriture, a signé de nombreux ouvrages où il marque, notamment, son intérêt pour l'avenir de l'homme. En 2003, il écrit "Nos amis les humains", qui se jouent actuellement à la Comédie-Bastille.
Au départ, Nos amis les humains a été écrite sous forme de nouvelle. Pourquoi pas une pièce dès le départ ?
La science-fiction dans le théâtre est un phénomène un peu nouveau, bizarre, pas facile à digérer pour un directeur de salle. Le livre a permis de prouver qu'il y avait déjà un public.

Il ne s'agit pas uniquement de fiction. Vous abordez aussi des thèmes plus philosophiques !
Oui, je dirais que c'est de la philosophie-fiction, donc de la philosophie mise en scène. J'aborde la place de l'homme dans le cosmos, le jugement de notre espèce et la difficulté des hommes et des femmes à se comprendre. C'est aussi un regard distancié par rapport à nous-mêmes, qui forme la base de tout mon travail. Les Fourmis, ce sont des insectes qui essaient de comprendre les hommes. Ici, on a des extraterrestres qui tâchent de savoir comment nous fonctionnons.

C'est une leçon d'empathie !
J'adore ce mot. Il pourrait résumer mon œuvre et il est, je crois, la base de la prochaine étape de conscience de l'humanité. Pour l'heure, on en est loin !

Très loin ! Néanmoins, vos textes comportent beaucoup d'éléments positifs. Vous êtes un optimiste acharné ?
Non, je suis pessimiste sur le court terme, mais optimiste sur le long terme. En ce moment, on a des clignotants prouvant que nous allons vers la catastrophe. Je me place dans le contexte de l'après-catastrophe, comme dans Nos amis les humains !

Le succès de votre premier livre vous a-t-il surpris ?
En vérité, je n'y ai pas été très attentif. Avant tout, l'objectif était d'être publié. Je n'ai jamais été à la mode, et si à un moment donné j'en ai souffert, maintenant, j'en suis heureux. Il y a eu un bouche-à-oreille, assez lent mais efficace. Mes lecteurs sont comme un club qui s'est agrandi doucement. Les Fourmis ont réellement démarré au moment de la publication en poche. Et c'est le second livre qui a vraiment éclaté. Maintenant, un écrivain, c'est rarement une star, on n'est pas des comédiens ou gens de la télé ! Vous savez, l'énergie que l'on met à être médiatisé est perdue pour la création.

De quoi êtes-vous le plus fier ?
De cette pièce ! Pour la première fois, pendant plus d'une heure, des acteurs disent des phrases que j'ai écrites. C'est génial ! De plus, Jean-Christophe Barc et Audrey Dana ont su créer sur la création, ils ne se sont pas contentés de réciter. Ils ont inventé une manière d'être, c'est cela que j'attendais.

Cela vous donne-t-il envie de récidiver dans ce genre ?
Oui, surtout si sur le long terme, l'engouement est là. Cela m'importe de rester en phase avec le public. Je n'ai aucune envie de faire un truc élitiste pour un petit groupe de gens. J'ai déjà en tête une histoire avec, cette fois, trois personnages.

Bernard Werber :
quelques dates et quelques titres

Né en 1961 à Toulouse où il fait des études de droit et de criminologie. En 1982, suit les cours de l'École supérieure de journalisme de Paris. Collabore entre 1983 et 1990 au Nouvel Observateur, avant de publier en 1991 son premier roman, Les Fourmis, sur lequel il travaillait depuis des années. L'Encyclopédie du savoir relatif et absolu sort en 1993, suivie un an plus tard des Thanatonautes. En 1995, il écrit
La Révolution des fourmis, puis Le Livre du voyage. Père de nos Pères (roman policier) est publié en 1998, L'Empire des anges en 2000 et L'Ultime Secret en 2001. Entre-temps, il réalise la bande dessinée Exit. Son dernier roman, Nous les Dieux est paru le 5 octobre 2004.


La pièce :
"Nos amis les humains"

Raoul et Samantha se retrouvent enfermés dans un grand cube. Entre stupeur et agressivité, ils envisagent toutes les hypothèses, y compris un épisode pour une télé-réalité d'un genre nouveau. Pourtant, ce ne sont pas des caméras qui les observent, mais des regards de bestioles bizarroïdes. Dans un retournement de situation dont il est coutumier, Bernard Werber a imaginé deux humains transformés en cobayes. À l'instar de La Planète des singes, l'homme et l'animal ont permuté. Qui plus est, le reste de la civilisation ayant disparu après un événement apocalyptique, il leur appartient de déterminer si l'espèce doit se perpétuer ou s'éteindre avec eux. Bernard Werber répond à cette question dans ce huis clos plein de drôlerie et de rebondissements, brillamment interprété par Jean-Christophe Barc (également metteur en scène) et Audrey Dana (elle fait ici figure de révélation).
Interview par Philippe Escalier
Paru le 15/11/2004

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