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D.R.


“Les Murs de cartes”
Sans l'ombre de Ionesco, présente depuis 1957, le théâtre de La Huchette ne serait pas ce qu'il est. Mais c'est oublier un peu vite qu'il s'y donne en seconde partie de soirée d'excellentes créations, comme actuellement "Les Murs de cartes".
Gonzague Phelip,
l'auteur

Il y a dans le monde du théâtre de jeunes talents enthousiastes et discrets. Gonzague Phelip et Hélène Cohen en font partie. Un brin de timidité, de la modestie, du perfectionnisme... Voilà ce que l'on perçoit de prime abord chez ce jeune auteur manifestement fort occupé. C'était hier... Ses études terminées il suit des amis kanaks en Nouvelle-Calédonie, digère l'expérience et publie il y a quatre ans Le Choc, récit épistolaire de cette aventure. Dix ans plus tard, il y retourne "pour voir les changements survenus depuis les accords de Matignon et la mort de Tjibaou". De ce nouveau voyage, naît en 2001, un roman : Kanaky, Kanaky, Kanaky. Au théâtre, il fait le régisseur aussi bien que l'assistant à la mise en scène. Ailleurs, c'est selon et cela va du facteur d'instruments de verre au concepteur d'expositions, du co-auteur de film documentaire au percussionniste... Un touche-à-tout ? Non, un touche à ce qui l'aime et l'intéresse profondément... La pièce ? Sa première pièce, et déjà les échos s'opposent, mais tous se rejoignent pour dire qu'il y a là-dessous du talent. Est-ce si simple d'écrire une pièce ? (Rires.)
"Je l'ai écrite d'un jet, alors que je faisais la régie de La Leçon et de La Cantatrice chauve. Ensuite, je l'ai beaucoup, beaucoup retravaillée."

Ils savent instinctivement que l'amour est la seule façon de rester debout
Rechercher au théâtre le divertissement n'exclut pas d'y trouver intelligence et sensibilité. Ici, un regard lucide et plein d'humour posé sur ces petits riens conduisant à la difficulté de s'aimer, mais au besoin fou que nous en avons pourtant. N'obéissant en rien aux règles strictes de la narration, son récit peut apparaître déroutant à certains, les autres y adhèrent totalement et s'y retrouvent dans les méandres de ce texte qui ne s'impose aucun carcan. Poétique ? "Je n'ai aucune prétention à la poésie, bien que j'aie, c'est vrai, ma petite musique. Là, il s'agit d'une histoire d'amour et l'amour, dans une société où tout se jette, y compris les sentiments, on ne sait pas trop quoi en faire. On joue, on se cache pour mieux fuir la réalité, quitte à tout perdre. Pourtant, sans les sentiments, il y a un manque, une absence qui ouvre une faille dans laquelle peut s'installer la peur, terreau pour toutes les soumissions. Alors, ils luttent, car instinctivement ils savent que l'amour est la seule façon de rester debout."
Partis une nuit à la recherche l'un de l'autre, un jeune couple se retrouve au petit matin et se raconte entre chaud et froid cette errance.
En contrepoint, un vieux voisin solitaire en quête de présence.
Miroir, pour ces deux-là qui se cherchent et se fuient tout à la fois. Pas de suspense, mais un constat parfois tranchant, le point de vue d'un jeune auteur à suivre...

Hélène Cohen
à la mise en scène

Son joli minois de brunette respire la gaieté et l'enthousiasme. Comédienne, chanteuse de comédies musicales et scénariste, elle attendait depuis longtemps de rencontrer le texte qu'elle aurait envie de mettre en scène.

Et maintenant la mise en scène !
Oui ! J'ai eu un vrai coup de cœur. Ce texte c'est... Comment dire ? C'est l'imaginaire porté par les mots, par l'humour aussi. Il y a des moments drôles, troublants ou violents, et derrière, des tas de choses à découvrir. C'est un peu psychanalytique au fond, mais je trouve que cette pièce dégage un vrai romantisme, une véritable passion pour ce qu'est l'amour, et c'est si rare aujourd'hui...
Vous avez exploré, avec bonheur depuis l'âge de 14 ans, différents domaines. Qu'est-ce qui vous attire aujourd'hui dans la mise en scène ?
Au départ, c'était la direction d'acteurs. Ceux-là sont solaires et lunaires à la fois, je les trouve formidables. Ensuite, je me suis rendu compte que le rapport au langage théâtral, au langage des corps, des lumières est vraiment quelque chose de passionnant.

N'est-il pas risqué de commencer par une pièce contemporaine, "sur le fil", la première d'un jeune auteur inconnu en tant que tel ?
Justement, c'est un véritable pari, d'autant qu'il y a là une écriture très personnelle. Il faut remercier le théâtre de La Huchette d'avoir suivi, c'est vraiment culotté. Mais il faut dire qu'il y a des antécédents ! Peut-être aurais-je envie dans l'avenir de monter des classiques, mais pour le moment, ce qui m'intéresse c'est de faire découvrir, de bousculer, d'exciter les curiosités. Se réveiller soi-même et réveiller les autres, c'est ça l'important, non ?
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 15/11/2004

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