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D.R.


Guy Montagné
Caramba ! Le revoilà
Il l'avait pourtant fait son "Adieu aux blagues", histoire de nous rappeler qu'il peut s'illustrer sur d'autres scènes, voire mettre en scène d'autres que lui...
Et, finalement le revoici. Victime d'un redoutable trou de mémoire... Mais, il n'a pas oublié notre rendez-vous. Le voilà, le rouge de sa chemise lui va bien, comme ce rôle de raconteur d'histoires qu'il reprend cette saison pour le plaisir de tous. "Je reviens sur les planches avec un one-man-show totalement inédit. Il s'agit d'un Mexicain qui arrive dans la Sierra Madre à trottinette pour pique-niquer. Tout commence bien, il se beurre une tartine, mais un condor arrive, lui pique sa tartine, et s'envole dans la montagne... Là, trou de mémoire. Je ne me souviens que d'une chose, l'histoire se termine par "Caramba" !" On imagine sans peine que le "trou" sera comblé de blagues désopilantes. D'emblée, le ton est donc donné. Côté coulisses, Guy Montagné est un ours, il le dit. Soit. Mais alors un ours bien léché qui aurait dans l'attitude de l'élégance et de la courtoisie, un ours de commerce agréable qui aurait l'art de vous faire oublier le temps en vous parlant de ce qu'il aime, de ce qui le fait sortir de ses gonds. Un ours qui aurait droit à quelques grognements ici et là, tant son perfectionnisme, tant sa tâche de "producteur qui a des couilles" requiert d'investissements personnels en tout genre. "Je n'ai jamais demandé une seule aide à qui que ce soit et j'en suis fier ! Mais se lancer seul est toujours très difficile, pour séduire le public, il faut prendre des risques, avoir la confiance des banquiers car la production coûte cher, il faut gagner des sous et ne jamais travailler avec n'importe qui, rien qu'avec des amis."

"Oui je gueule ! J'aime que les choses soient bien faites et tant pis si c'est difficile, mais le public se déplace, il paie, il a droit à ce qu'il y a de mieux !"

Les gens qui n'ont pas de parole "ça l'énerve", ceux qui rangent les artistes dans des tiroirs comme des slips et des chaussettes "ça l'énerve", les places de théâtre trop chères, "ça l'énerve". Derrière ce marchand de rires et de plaisir se cachent des années de travail, d'inquiétude, et l'on voudrait nous faire croire que le comique est un art secondaire ! Pour mémoire, le comédien fit le cours Simon (premier prix de comédie remis par Marcel Achard). Il enchaîne, théâtre, cinéma (Luis Buñuel, notamment), télévision, puis le hasard le conduit sur d'autres chemins, Collaroshow, Les Grosses Têtes, avant de retrouver la scène avec le succès que l'on sait. Ses histoires, agencées comme autant de petites pièces, font le tour des scènes, Paris, province, étranger... Cela suppose une telle énergie qu'il retourne au théâtre, au sens classique du terme, pour être entouré de partenaires. Mais c'est plus fort que lui, Sylvie Raboutet, une jeune comédienne exceptionnellement douée pour la rigolade, croise son chemin et le voilà qui s'enflamme, coécrit avec elle, produit et met en scène le désopilant Vivi. Attentif aux autres, il parle de la grande leçon que tout artiste pourrait tirer du travail "des gens de l'ombre" - les techniciens -, annonce un livre de recettes concocté par ses soins (une fine gueule amie des grands chefs !), évoque avec fierté le beau rôle qu'il vient de tourner pour La Crim' sur France 2, sa participation dans le film d'un jeune réalisateur, au cinéma. Il est heureux, c'est visible et le bonheur n'est-il pas contagieux ?
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 15/11/2004

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