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© Gaelle Simon
Zoom par Patrick Adler
Éva Rami
"Va aimer " au Théâtre Lepic

Dans la veine de « l'Aigle noir » de feue Barbara ou des « Chatouilles » d'Andrea Bescond.

L' atmosphère est lugubre, la lumière jamais crue - à la différence du propos -, seules quelques lucioles éclairent qui le corps, qui le visage et surtout le mouvement, cette chorégraphie parfois macabre qui prend aux tripes.
Elsa - sublime Eva Rami - fait corps avec sa cage. Comme un oiseau frêle pris entre deux feux, deux désirs - sortir, rester enfermée - elle se raconte. De manière intime. Elle déroule son histoire, tantôt candide, tantôt rageuse. Sans temps mort car la colère ou l'état des lieux ou les deux n'autorisent aucun ventre mou. Et peu à peu justement on entre dans le dur. Des attouchements apparemment inoffensifs du primaire à la découverte des corps à l'adolescence, elle oscillera toujours entre rester dans sa cage et en sortir, entre cris et chuchotements, entre soumission et domination. Avec ce sempiternel questionnement du bien-fondé de la propriété du corps. En convoquant tous ses souvenirs, Elsa/Eva qui campe avec virtuosité cette galerie de personnages qui ont jalonné son existence nous tient en haleine. Elle a les mots pour le dire. Et surtout, au procès... le mot de la fin. On reste médusés face à une telle performance. Dans le noir, l'ampoule - seul élément de décor avec des chaises et un banc noirs - volette et vacille. Elle est debout. Nous aussi. Dix minutes durant. Va aimer : le titre est évocateur et prémonitoire. Vous allez aimer. Forcément.
Paru le 23/01/2024

(13 notes)
EVA RAMI - Va aimer !
THÉÂTRE LEPIC
Jusqu'au mardi 30 avril

SEUL-E EN SCÈNE. Personne n’aime voir un oiseau enfermé, mais est-il si simple d’ouvrir sa cage? À travers cette question pourtant simple, l’autrice et comédienne Eva Rami s’intéresse aux relations complexes de domination et d’enfermement qui peuvent se mettre en place en amour. Dans son troisième seule-en-scène, ...

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