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D.R.


Philippe Person
Depuis trois ans, ses spectacles ont su attirer l'attention d'un large public. Après avoir mis en scène "L'Euphorie perpétuelle", Philippe Person s'installe, entre le 15 octobre et le 31 décembre, au théâtre Mouffetard avec sa version d'"Angelo, tyran de Padoue" où Pierre Santini tient le rôle-titre.
Qu'est-ce qui vous a séduit dans cette pièce ?
Elle me fascine depuis longtemps. J'y retrouve un peu les histoires, pleines de rebondissements, que l'on nous racontait quand nous étions gamins. En outre, chose rare, c'est une œuvre, presque féministe, en tout cas écrite pour les femmes. Ce qui me plaît chez Hugo, c'est qu'il donne aux sentiments une place prépondérante, comme Racine, finalement ! Dans
Angelo, il y a de très fortes tensions, cassées par de multiples ruptures, presque comiques. J'avais très envie de travailler sur le mélo, de rechercher l'émotion, dans un décor dénudé où les acteurs auraient toute leur place. J'ai donc fait le choix de partis pris particulièrement marqués. Le résultat est là et je dois avouer, non sans plaisir, que j'ai souvent vu les gens sortir en larmes !

Une intensité due, en partie, à la version raccourcie que vous proposez ?
J'ai pensé pouvoir la mettre en scène sans les seize comédiens nécessaires, dans une version d'une heure trente (plus courte de moitié !) en coupant le texte, mais sans le retoucher. Le résultat - aucun temps mort et une histoire avec un rythme très nerveux - semble satisfaire tout le monde. Au départ, j'avais le trac, craignant les réactions des puristes toujours prompts à vous tomber dessus quand vous touchez à Hugo. Eh bien, j'ai assisté à la réaction inverse : des gens ravis de voir enfin jouer cette pièce et à l'origine d'un bouche-à-oreille très positif.

Victor Hugo a mis dix-sept jours pour écrire "Angelo".
Vous avez dû mettre bien plus de temps pour la monter ?
La coïncidence est amusante car, pour la première fois de ma vie, j'ai monté une pièce en trois semaines. C'est une folie qui a pu se réaliser notamment grâce aux comédiens qui m'ont fait confiance. Ceci dit, on a ensuite pris le temps de travailler en profondeur pour Avignon 2003.

Pour en venir à vous, comment résumeriez-vous votre trajectoire ?
J'aime le travail de compagnie qui facilite grandement la construction de spectacles. Je ne revendique pas un théâtre particulier, ayant toujours abordé des auteurs très différents, ce qui n'est pas un atout auprès des institutions qui ne m'ont jamais apporté aucune aide d'aucune sorte. J'ai monté Racine, Musset, L'Enfer des plaisirs, basé sur des textes érotiques d'une qualité extraordinaire, mis à l'index par la censure et conservés dans une pièce de la Bibliothèque nationale appelée L'Enfer justement ! J'ai aussi créé un spectacle sur les comportements alimentaires. Beaucoup joué, notamment à l'étranger, Manger est mon premier grand succès commercial, sur des thèmes intéressant tout un chacun. En ce sens, il ressemble à L'Euphorie perpétuelle qui vient ensuite.

Ne pas jouer dans cette pièce que vous adorez, n'est-ce pas un peu frustrant ?
Non, d'abord parce que je ne cesse pas de jouer, au théâtre ou au cinéma. Mais là, j'ai fait le choix exclusif de la mise en scène, car j'avais peur en faisant les deux, de me priver du plaisir absolu de l'un ou de l'autre.
Interview par Philippe Escalier
Paru le 15/09/2004

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