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D.R.


Éric Métayer
Après avoir joué toute la saison durant, "Les Cailloux plein les poches", Éric Métayer a pris son bâton de metteur en scène pour aller présenter quatre spectacles en Avignon. À "Cravate club", "Shakespeare le défi" et "Clinic", s'ajoutait la création de "Soral, c'est pas du Ronsard !", one-woman-show d'Agnès Soral.
Entre la saison au La Bruyère et Avignon, comment faites-vous pour tenir le coup sans vous doper ?
Je vais en Avignon en tant que metteur en scène, un domaine que j'apprécie de plus en plus, et pas seulement parce que c'est plus reposant ! Il est vrai que mes trois derniers spectacles joués étaient de vrais marathons, quasiment des épreuves sportives. Après la dernière des Cailloux, Christian Pereira et moi étions bien contents qu'arrive un temps de repos, avant de repartir en tournée en octobre.

Comment avez-vous rencontré Agnès Soral et que lui avez-vous apporté ?
C'est un concours de circonstances amical. On se connaît depuis longtemps, elle me fait rire, y compris dans la vie. Elle m'a donné à lire son texte (écrit avec Jacques Pessis, ndlr) et j'ai apprécié d'y trouver, non une succession de sketches mais une histoire avec de vrais personnages. L'une des particularités d'Agnès est qu'elle peut jouer sur des registres très larges. J'ai pu la faire travailler sur son jeu. Comme souvent, on a l'habitude des mots et pas toujours des gestes. Pour moi qui suis issu de l'improvisation, savoir jouer avec rien est un vieux réflexe. Agnès a accepté d'aller dans ce sens, même si ce n'est pas son univers.

Vous avez déjà travaillé avec des femmes en scène, je pense à Sylvie Joly. En quoi sont-elles différentes à diriger ?
Il y a des moments où les femmes acceptent d'aller vers quelque chose de plus tragique, de plus tripal, alors que les hommes sont plus sur le gag ! D'une façon générale, elles osent plus !

Agnès Soral raconte l'histoire de ses rencontres masculines. Elles ont vraiment été aussi nombreuses et aussi variées ?
Laissons planer le doute, pour que le spectateur ait toute la surprise. Je dirai juste que ce spectacle est un peu "du lard et du cochon" ! Le sujet nous fait côtoyer des caractères très divers, jusqu'aux stéréotypes que toutes les femmes ont, malheureusement, rencontrés !
En ce qui vous concerne, même si vous êtes bien ancré dans le comique, on a du mal à vous cataloguer ?
Je croise les doigts pour que ça reste le cas, dès qu'on a le tampon sur le dos, pour l'enlever, c'est coton ! Dans la comédie, la palette est large de Mondy à Planchon en passant par
Panique au Plazza. Sans parler de mes rôles plus durs, pas comiques du tout, comme celui que j'ai joué dans Les Possédés de Dostoïevski.

Y a-t-il des choses qui vous rassurent au théâtre actuellement ?
Il y aurait plutôt des sujets d'inquiétude. Mais je suis content de voir que les deux spectacles ayant tenu toute la saison, Des cailloux plein les poches et L'amour est enfant de salaud ont été joués par de vrais professionnels et pas avec des affiches qui font penser avant tout à Gala ! Il faut que le théâtre reste un endroit pour les comédiens.
Interview par Philippe Escalier
Paru le 15/09/2004

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