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N. Mazéas
D.R.


Xavier Gallais
Né pour jouer
Déjà nominé pour les Molière en 2003, Xavier Gallais a obtenu, cette année, le trophée de la révélation masculine pour "Roberto Zucco", donné cet hiver aux Bouffes du Nord. Mise en scène par Jacques Weber, cette figure emblématique de la jeune génération fait la rentrée du Théâtre Antoine avec "Ondine" de Giraudoux.
Depuis sa sortie du Conservatoire, en 2001, où il joue Tartuffe monté par Jean-Luc Revol, chacun de ses spectacles fait figure d'événement. Avec son premier rôle, il est le plus jeune Cyrano de l'histoire. Pendant les répétitions d'Ubu Roi en avril 2002, il part un mois au Portugal tourner le rôle-titre de Ruy Blas, en compagnie de Carole Bouquet et de Gérard Depardieu : "Si le résultat est assez prestigieux, il ne m'a pas fait travailler davantage au cinéma." Il lui donne, par contre, l'envie de revenir devant une caméra. Certes, "il manque ce contact avec le public qui nous rend plus intelligents", mais tourner "est aussi un défi, une autre technique et le sentiment de devenir un objet. J'ai envie qu'on m'utilise". Un objet, capable cependant de tout exprimer ! La facilité, avec laquelle il s'accapare ses rôles, toujours très différents, est presque provocante. Tueur fou dans Roberto Zucco, il devient passionné et cabotin pour Beaucoup de bruit pour rien (sa première nomination) ou blasé et cynique dans Septembre blanc. "Je travaille dans les non-dits, pour faire jaillir l'inconscient du texte. L'humain n'est pas uniforme. J'ai envie que les gens puissent aussi venir au théâtre pour se retrouver, en oubliant le masque social qu'il faut porter tous les jours." Des variations de tonalités insufflées à chacun de ses personnages, devenu par sa magie, toujours complexes, à l'image du chevalier "humain" qu'il veut interpréter aux côtés d'Ondine. L'aventure le séduit à plus d'un titre. Heureux de travailler à nouveau avec Jacques Weber et de se trouver face à Laetitia Casta. Fier aussi de venir au Théâtre Antoine, dont il admire les deux directeurs mythiques et d'y jouer le conte populaire de Giraudoux, "auteur un peu bizarre, qu'à tort, l'on méprise parfois !".

Son Molière, trop récent et, surtout, trop mérité pour être éludé, l'a profondément ému. "J'ai ressenti une sensation de paix, comme si c'était la fin d'une première partie de vie, des quinze premières années de boulot, des premiers rôles, de l'étude et de la recherche. Et là, j'ai eu le sentiment d'être reconnu comme faisant partie intégrante de la famille, n'ayant plus à me battre pour prouver que j'avais des choses à dire. Maintenant c'est le travail vrai qui commence !" Un travail auquel il croit, sans l'ombre d'un doute et à propos duquel il dit avoir la foi. "Depuis l'âge de 5 ans, ne se passent pas trois heures où je ne pense théâtre. Même la nuit j'en rêve ! Tout m'y ramène. Dès mes premiers cours, dès l'âge de 10 ans, on m'a dit que j'étais fait pour jouer, ce qui tombe bien, car je ne sais et n'ai envie de rien faire d'autre ! Si doute il devait y avoir, ce serait plutôt dans l'art et la manière de rendre au plus juste la poésie et l'univers d'un auteur." Un doute qu'en spectateur assidu des spectacles de Xavier Gallais, on nous pardonnera de ne pas partager !
Portrait par Philippe Escalier
Paru le 15/09/2004

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