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© PascalIto
Laurent Ruquier
«Un couple magique», aux Bouffes Parisiens
Un magicien maladroit dont l'assistante et compagne dans la vie deviendrait, selon leur agent artistique, trop envahissante sur scène. Soit. Mais l'histoire ne s'arrête pas là... Sans lever le voile, disons que l'imagination débridée de l'auteur nous offre un spectacle abracadabrantesque et drôle.
Incontournable Laurent Ruquier... Bien assis au cœur de sa réussite. Non, je plaisante, assis, le terme est si impropre le concernant, lui qui n'a de cesse de travailler, de consacrer sa personne et sa plume, son enthousiasme, et son humour parfois particulier il est vrai, à la radio, à la télévision, au théâtre. Des couleuvres, des angoisses, des joies, des succès, des vilenies aussi, il en a rencontré depuis qu'un jour de février 1963, dans une modeste famille du Havre il ouvrit les yeux sur un monde qui lui réserverait par chance ou par hasard tant de surprises. « J'ai sûrement eu de bonnes fées qui se sont penchées sur moi, mais je crois davantage aux coïncidences, à la bonne étoile, qu'au hasard. Le hasard, on le provoque. » Quelques études supérieures, économie, gestion, et le voilà, bien décidé à aller voir ailleurs, là où ses rêves le poussent. «Impose ta chance, serre ton bonheur, et va vers ton risque», écrivait René Char. Il frappe aux portes qui nourrissaient tant son imaginaire dans son enfance, jusqu'à y rencontrer ses rêves de gamin, ceux qu'il faisait en écoutant les animateurs, en écrivant des histoires, en faisant le pitre, en regardant Au théâtre ce soir, par exemple ; ces rêves de devenir quelqu'un, d'attirer les regards et d'écrire des histoires, toujours. De celles qui nous renvoient à notre «Couple magique» imaginé dans un premier temps, il en rit encore, pour lui-même et pour Isabelle Mergault, qui se voyait bien « dans un boulevard, en petite tenue » ; des histoires qu'il conserve dans son sac à malices, repoussées pour cause de pandémie, mais que nous verrons bientôt « si tout va bien ».

Mon projet sur les Max brothers me prend beaucoup de temps

Et des histoires encore, écrites tout récemment comme Je préfère qu'on reste ensemble, pour faire suite à Je préfère qu'on reste amis. Et puis, et puis... patience, elle finira par arriver cette comédie musicale écrite il y a trois ans, « Mon projet sur les Max brothers me prend beaucoup de temps, il faut obtenir les droits, c'est compliqué, puis il faudra trouver la bonne troupe, les bons producteurs, je ne veux pas faire les choses à moitié. Je pense qu'il me faudra encore au minimum deux ans. »

Écrire, pour nous faire rire ou parler de la société ... « Oui, j'aime ça, mais je ne peux pas le faire aussi souvent que je voudrais parce que mes activités radio, télé et production m'accaparent beaucoup. On croit que je fais tout en même temps, mais les choses ne sont pas si simples, il faut parfois attendre longtemps pour qu'un projet aboutisse, alors les circonstances font que l'on peut voir deux de mes pièces presque en même temps, même si je n'ai pas trop envie de ça. Je ne vais quand même pas monopoliser tous les théâtres ! »

Ce qui est beau c'est que c'est aussi une belle histoire d'amour

Revenons à «Un couple magique». « C'est un boulevard que j'ai écrit il y a pas mal d'années mais à l'époque j'avais trop d'activités pour aller plus loin. Puis Isabelle s'est mise à écrire ses propres pièces. Alors c'est resté dans les tiroirs. Lorsque Stéphane Plaza m'a demandé de trouver une pièce, je l'ai ressortie, de nouvelles idées sont arrivées et ça devenait encore plus rigolo. J'ai inventé tout un stratagème qui devrait provoquer beaucoup de rires dans la salle, et voilà ! Et ce qui est beau c'est que c'est aussi une belle histoire d'amour. Mais je n'en dirai pas plus ! »

Un couple de prestidigitateur au centre de l'histoire. Une raison particulière ? Souvenirs d'enfance là aussi, ou fascination pour la magie ? « Ah ! je ne vais pas vous mentir, je sais qu'il y a beaucoup d'amateurs, mais moi je ne suis pas vraiment fou de ça. Ce que je trouvais amusant c'est mon magicien à moi qui est très maladroit et dont le capital génétique dans ce domaine ne lui a manifestement pas été transmis. » Stéphane Plaza, Valérie Mairesse et Jeanfi Janssens, dont c'est le premier grand rôle, occupent le haut de l'affiche, mis en scène par Jean-Luc Moreau ; mais une anecdote sympathique s'invite dans la distribution... « Ah oui ! Ce qui me fait plaisir et que je voudrais dire, c'est que j'ai demandé à Jean-Luc de me retrouver une actrice que je voyais dans Au théâtre ce soir et qui me faisait beaucoup rire. Elle s'appelle Brigitte Winstell et il l'a retrouvée ! Elle a un petit rôle, mais très payant, elle va être extrêmement drôle. » Un spectacle sur le confinement en cogitation ? Bizarre, on n'imagine pas vraiment. « Non, non, rien de prévu là-dessus, trop de gens l'ont déjà fait, et puis, vive la liberté ! »
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 25/03/2022