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© Alejandro Guerrero
La Course des géants
Après "Les Crapauds Fous" avec lesquels elle avait démontré l'étendue de ses talents, Mélody Mourey renoue avec le succès en présentant aux Béliers "La Course des géants". Dans cette deuxième pièce, écrite sur le thème de de la conquête spatiale, elle met brillamment en scène Nicolas Lumbreras, Jordi Le Bolloc'h, Éric Chantelauze, Anne-Sophie Picard, Valentine Revel-Mouroz, et Alexandre Texier.
Nous sommes à Chicago dans les années 60. Grand immature sans autre famille qu'une mère à problèmes, Jack Mancini travaille dans la pizzeria de son oncle qui l'aime assez pour lui servir de père et oublier ses nombreuses turpitudes : le jeune homme adore les chiffres, mais il est surtout passé maître dans l'art d'additionner les problèmes. Passionné depuis toujours par l'aviation, rêvant de devenir astronaute, ce surdoué dispose pourtant des moyens pour s'accomplir. La rencontre avec un professeur de psychologie qui découvre ses talents et le prend sous son aile, va lui permettre de lutter contre ses démons et lui ouvrir d'autres horizons ainsi que les portes de la NASA.


Mélody Mourey

Native du sud-est de la France, elle a fait Sciences Po Aix, ce qui peut expliquer son intérêt pour les sujets touchant l'Histoire, les sciences sociales et humaines. Tout commence avec une première pièce et l'éclatant succès que remportent « Les Crapauds Fous ». « J'ai découvert l'histoire vraie des « Crapauds Fous » par hasard, en me documentant sur les inventions polonaises pour écrire une rubrique dans la revue de culture générale L'Éléphant. Il était écrit à la fin d'un article que le vaccin contre le typhus avait permis à deux jeunes médecins de sauver des milliers de vies pendant la Seconde Guerre mondiale. Intriguée, je me suis documentée sur cet exploit méconnu et bouleversant... Et j'ai tout de suite eu envie de le raconter au théâtre. »

Pour « La Course des géants », Mélody Mourey explique qu'elle avait pas mal d'histoires en tête. « Je voulais parler de ce que l'on est prêts à accomplir pour réaliser ses rêves et des rencontres qui changent le cours d'une vie. J'avais plusieurs idées de pitchs sur ce thème, je les ai tous présentés à mon producteur David Roussel, et c'est celui sur la conquête spatiale qui l'a le plus enthousiasmé ! Le récit est fictif mais plusieurs faits réels ont nourri le contexte et certaines péripéties, comme l'histoire de Ken Mattingly, l'astronaute qui aurait dû partir sur la mission Apollo 13 et qui a appris quelques jours à peine avant le lancement qu'il ne décollerait pas car il lui manquait un vaccin. » Sur la mise en scène, quasi cinématographique et particulièrement efficace, Mélody Mourey précise que pendant l'écriture elle avait des idées précises en tête développées avec l'équipe à la création, en particulier avec le scénographe Olivier Prost qui a construit des décors légers facilitant les nombreux changements. Pour finir, si après ses deux coups de maître, on lui demande son secret de fabrication, elle précise modestement que raconter des histoires qui la touchent est probablement le meilleur moyen qu'elle connait de séduire les spectateurs.


Nicolas Lumbreras

Comment êtes vous arrivé sur ce spectacle ?
J'ai passé une audition. Mélody m'avait vu dans plusieurs spectacles ces dernières années et j'avais également vu son travail sur « Les Crapauds Fous ». On se connaissait mais on n'avait jamais travaillé ensemble et il y avait un désir mutuel.

Vous êtes comédien, issu du Cours Périmony, pianiste, vous avez pris aussi des cours de guitare, vous écrivez, vous êtes l'auteur de la comédie «Jean-Louis XIV » notamment, mettez en scène, tout cela explique un CV particulièrement fourni !
J'ai eu la chance de faire des choses très différentes et de créer mes propres spectacles. Au théâtre, ces dernières années, l'on a fait appel à moi pour une multitude de seconds rôles : le fait d'avoir plusieurs cordes à mon arc permet aux metteurs en scène de me voir dans des personnages assez variés. Pour moi, c'est souvent cinq ou six rôles par pièce à chaque fois et c'est génial ! J'ai beaucoup de chance de me confronter à des univers différents et des façons de travailler qui ne sont jamais les mêmes : c'est d'ailleurs pour cela que j'ai choisi ce métier. J'ai donc l'habitude des spectacles avec des changements de costumes et de décors très rapides. C'était le cas dans «Edmond» ou dans « Le Tour du monde en 80 jours ».

N'est-ce pas trop difficile d'arbitrer entre le ciné ou la télé et le théâtre ?
Parfois ! Mais pendant la fermeture des théâtres durant la Covid, j'ai beaucoup tourné puisque je n'étais pas tous les soirs sur scène à Paris. J'ai participé récemment à « Un homme heureux » de Tristan Séguéla ou, entre autres, aux derniers films de Fabrice Eboué et de Jérôme Commandeur. J'ai pu ainsi n'être jamais à l'arrêt.


Jordi Le Bolloc'h

Familier du petit écran, comment se sont faits vos début au théâtre ?
Pour commencer, avec Les Ateliers de l'Ouest, le Conservatoire de Marseille et les Cours Simon. J'ai joué ma première pièce, « Calamity Jane » avec Alain Sachs, puis j'ai entamé ma collaboration avec Les Béliers à Avignon, dans « Pour ceux qui restent » mis en scène par Martin Dorondeau avec qui j'ai travaillé aussi pour « Un Boulevard dans la tête ». En 2015, on a repris « Le Carton », toujours aux Béliers à qui je dois de participer à « La Course des géants ».

J'ai toujours fait un peu de télé. Sans fermer la porte au théâtre, j'ai répondu aux opportunités que l'on me proposait comme « Mon Ange » avec Muriel Robin que nous avons tourné il y a quelques mois pour TF1. Les séries que j'ai faites se sont arrêtées sur Canal +, ce qui m'a permis de travailler sur différentes choses dont l'écriture d'un épisode qui sera sur M6 pour les 20 ans de Caméra Café l'an prochain.

Après des personnages plutôt drôles dans les séries, vous voilà avec un rôle un peu tourmenté !
Oui, c'est un peu nouveau mais ce genre de personnage est tellement riche et agréable à jouer, d'autant que l'écriture de Mélody Mourey est très subtile, donc elle ne m'amène pas dans des situations trop évidentes ou trop simplistes et je peux vraiment m'amuser à mélanger les sentiments. Ça fait déjà deux ans que le spectacle tourne, au moins dans nos têtes, le casting ayant été bouclé en janvier 2020. En lisant le projet, j'ai été enthousiaste, j'étais pressé de pouvoir le travailler. La pandémie m'a permis de faire murir le personnage. C'est un peu comme une relation avec quelqu'un : on peut sentir une accroche au départ et avec le temps, une relation approfondie se crée. Donc au final, cette attente aura été bénéfique sans compter qu'après avoir autant attendu, on se régale d'y aller tous les soirs, surtout avec une équipe aussi formidable !
Dossier par Philippe Escalier
Paru le 17/12/2021