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© Fabienne Rappeneau
Isabelle Gélinas
dans "Le Système Ribadier", au théâtre de la Michodière
Montée l'an passé par Ladislas Chollat aux Bouffes Parisiens, la pièce de Feydeau fait maintenant les beaux soirs du théâtre de la Michodière. Pour composer ce trio inénarrable, Patrick Chesnais est rejoint cette fois par Isabelle Gélinas et Nicolas Vaude. Rencontre avec Isabelle Gélinas, toute à la joie de jouer pour la première fois Feydeau et de retrouver pour la cinquième fois Ladislas Chollat.
Monter et jouer Feydeau est particulièrement difficile. Comment se passent
les répétitions ?

Oh la, la ! On répète sept ou huit heures par jour. Il faut une énergie folle pour garder le rythme. Feydeau aime ses personnages, et en même temps il se moque d'eux, il les maltraite. Il faut aussi trouver leur modernité tout en les respectant. Ce qui implique une grande rigueur et de l'humilité. On doit jouer à fond la situation sans se poser de questions, sinon ça retombe. C'est du sport. Pas question de tourner dans la journée et de jouer le soir ! Je n'ai jamais connu ça.

Vous m'aviez dit un jour aimer aller au bout du bout, pousser les personnages jusqu'au point où ça va craquer. Le personnage d'Angèle doit vous réjouir !
C'est vrai qu'en tenant à garder toute crédibilité, j'aime emmener loin les personnages qui s'y prêtent. C'est le cas ici où ils ont tous un petit grain. Je n'aime pas jouer naturaliste au théâtre. Angèle est une belle rencontre, et ça se passe bien. C'est un personnage tiraillé entre sa jalousie, ce désir qu'elle a pour un autre homme, et les conventions. C'est un personnage plein de contradictions très intéressant à jouer.

Avant d'écrire, l'auteur disait partir de l'observation pour trouver ses personnages dans la réalité, et ne voulait en aucun cas en faire des fantoches. Tout en leur gardant leur caractère propre, il les jette dans des situations burlesques. « Un vaudeville réussi doit être avant tout logique, bien s'enchaîner et présenter une situation intéressante. » Là, il fait feu de tout bois pour laisser éclater son génie : L'adultère, les modes, l'hypnose, très en vogue à ce moment-là...
Oui, il était très intéressé par les nouvelles découvertes. Il évoquait déjà un peu ça dans La dame de chez Maxim avec ce fauteuil qui endort. Et en effet il s'en sert pour donner matière à des situations très drôles. Il est génial, tout le deuxième acte est inouï !

Chercher le drame dans la comédie, disait Michel Bouquet...
Et la comédie dans le drame ! Oui, c'est une excellente clé qu'il nous a donnée, sinon on enfonce des portes ouvertes. Là, moi je vais chercher le drame, cette femme est très humaine, elle n'est pas seulement une furie jalouse au premier acte, elle est malheureuse. Ensuite les choses vont basculer...

Avez-vous déjà d'autres projets ?
Oui, en janvier je vais jouer une pièce de Brigitte Buc avec Valérie Lemercier et Patrick Catalifo au théâtre Antoine. Puis je vais tourner pour la télévision deux épisodes de la collection Crimes parfaits. Je suis comblée, très chanceuse! Mais en attendant j'espère que nous jouerons devant de belles salles, les gens ont plus que jamais besoin d'être embarqués, divertis, c'est tellement merveilleux d'être dans la joie !
Interview par Jeanne Hoffstetter
Paru le 06/12/2021