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Marc Lesage , directeur
© Florence Hunot
Le théâtre de l’Atelier
Il y a un an, Marc Lesage reprenait la direction de cet emblématique et joli théâtre, l'un des plus anciens de Paris, chargé du poids de ses merveilleux fantômes mais aussi de ses difficultés financières. Pour marquer cet anniversaire, "Monsieur X", créé pour Pierre Richard par Mathilda May, investit la scène.
Points de vue et projets de Marc Lesage

C'est animé par l'amour qu'il porte à ce théâtre et par la richesse de ses expériences, qu'il quitte les Célestins de Lyon pour se vouer corps et âme à ses nouvelles fonctions. Formé au métier de comédien, Marc Lesage compte à son actif nombre de mises en scène, d'adaptations, et la direction de plusieurs scènes subventionnées... « Je serais incapable de vous dire vers quel âge j'ai décidé que ma vie se trouvait là, j'ai l'impression de l'avoir toujours su ! J'ai exploré toutes les facettes du théâtre, j'y ai tout fait ! » Venu du secteur public, il n'en n'est pas sectaire pour autant. Réunir deux mondes, public et privé, qui se regardent trop souvent en chien de faïence, est l'une des missions qu'il s'est donnée. « J'ai passé vingt-cinq ans de ma vie à créer des passerelles du théâtre public vers le privé. Maintenant, je vais travailler dans l'autre sens, pendant vingt-cinq ans encore, j'espère ! Diriger un théâtre privé, c'est le meilleur endroit pour explorer de ce point de vue les points de convergence possibles, et je suis plus que jamais convaincu qu'il y a des moyens de travailler ensemble, pertinemment et intelligemment. D'autant que l'on sait depuis toujours dans le théâtre public, qu'il y a un déficit de diffusion sur Paris. Je veux dire que si vous avez une production importante qui n'est pas retenue à la Colline ou à l'Odéon par exemple, vous avez très peu de chance de pouvoir la présenter à Paris. Mais je pense qu'on peut trouver des solutions, avec parfois le soutien du ministère ou de la ville. Certains théâtres privés, pas tous évidemment, peuvent représenter un appui pour une diffusion parisienne de grandes œuvres créées en région. »

Parvenir à rendre compatibles l'équilibre financier et la société d'aujourd'hui, sans perdre de vue ses vœux d'exigence.

« Redresser la barre ne se fait pas en six mois. Il n'y a pas eu d'un seul coup des retombées financières colossales et nous sommes toujours dans des finances extrêmement serrées. Ma mission est périlleuse, mais je me dois de faire honneur à l'histoire de ce théâtre. Dans un premier temps, l'objectif a été, tout en essayant d'être un peu éclectique, de redonner confiance au public à travers une programmation solide et des signes forts comme la reprise de "Premier amour" de Beckett avec Samy Frey, et un très beau "Mlle Julie" de Strindberg. Sans oublier "La Légende de Bornéo" de la Compagnie L'Avantage qui officie habituellement à la Bastille et représente une vraie passerelle entre le théâtre public et le théâtre privé... Mais on sait très bien que les théâtres privés, à partir du mois d'avril jusqu'au mois de septembre, sont soit fermés soit, fréquemment, en souffrance. Donc plutôt que de dilapider les fonds, mieux vaut trouver des solutions palliatives, quitte à passer par un mécanisme de location de salle, en essayant malgré tout de ne pas perdre de vue notre objectif de qualité. »

Coup d'œil sur la prochaine saison.

Mettre en place une programmation susceptible de conforter un public acquis, mais aussi d'en élargir le cercle, prend du temps et Marc Lesage a, pour ce faire, mouillé sa chemise. Une belle année attend à l'Atelier tous les amoureux du théâtre. Outre Pierre Richard et "Monsieux X", créations et classiques seront mis en lumière par des comédiens et metteurs en scène que l'on ne présente plus, ce qui n'interdit pas de laisser de la place à de belles découvertes. Ainsi, « "L'opposition, Mitterrand Vs Rocard" de Georges Naudy qui, à partir d'écrits et d'interviews, a imaginé la teneur d'un entretien, lequel a bien eu lieu, entre François Mitterrand et Michel Rocard, non encore déclarés candidats à la présidentielle. Plus tard, trois courtes pièces de Tchekhov, avec Jacques Weber, seront mises en scène par Peter Stein et Emeline Bayart sera aux commandes de "On purge bébé" de Feydeau. Didier Bezace orchestrera "Le Neveu de Rameau" de Diderot avec Pierre Arditi et Bruno Abraham-Kremer... » Et qui sait si ce passionné de théâtre allemand «Véritablement le plus grand actuellement», qu'est Marc Lesage, ne va pas de temps à autre comme au Théâtre des Célestins de Lyon, ouvrir ses portes aux grands auteurs et metteurs en scène d'outre-Rhin lorsqu'il aura remis ce joli navire à flots ? Faisons lui quoi qu'il en soit confiance pour nous divertir, éveiller notre curiosité, sans perdre de vue ses objectifs : ambition et exigence...
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 24/01/2020

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