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© Pascal Gely
Xavier Gallais
Le parcours exemplaire de cet ancien élève du Conservatoire est avant tout frappant par sa richesse remarquable. Il est marqué par une inépuisable gourmandise pour des textes et des rôles très différents, toujours joués avec cette facilité et cette authenticité qui sont la marque des plus grands. Xavier Gallais nous donne rendez-vous en ce début d'année au Lucernaire en interprétant "Le Fantôme d'Aziyadé" d'après Pierre Loti.
Quand avez-vous créé cette adaptation et pourquoi ce choix ?
"Le Fantôme d'Aziyadé" a été créé l'été dernier au théâtre de la Reine Blanche lors de son ouverture à Avignon. Avec Florient Azoulay, nous avions adapté un seul en scène tiré de "Faim" de Knut Hamsun. Il s'agissait d'une déambulation d'un homme dans une ville en construction (Oslo) et nous voulions le pendant, avec un texte de la même période, racontant aussi l'errance d'un homme, dans une ville, cette fois en déconstruction (Istanbul), mais d'un style différent. Mon père est un artiste peintre, sa première exposition tournait autour des photos de Pierre Loti, auquel je me suis intéressé pendant mon adolescence. Florient, de son côté, a dévoré toutes ses œuvres à vingt ans. Tout cela a nourri notre envie d'un thriller métaphysique sur les traces d'un premier voyage et d'un premier amour.

Comment avez-vous travaillé ?
L'adaptation s'est faite sur mesure, en sachant que j'allais être l'interprète. La difficulté est de ne pas rester trop proche de l'œuvre originale afin de pouvoir se l'approprier. Nous avons voulu faire, de façon assumée, un théâtre littéraire, démontrer l'importance du texte. J'ai fait un énorme travail sur la diction, la voix et sur la façon dont le corps peut créer des images avec un minimum d'effets, ce que l'on pourrait résumer par : comment le langage et la gestuelle peuvent nourrir l'imaginaire du spectateur ?

Vous êtes déjà enseignant au Conservatoire. Qu'est ce qui a conduit à accepter la direction de l'école de la Salle Blanche ?
Avec ces cours au Conservatoire, je suis rentré dans un processus de transmission. Quand La Reine Blanche m'a proposé de créer ma propre école, en co-direction avec Florient Azoulay, j'y ai vu le moyen d'exprimer un travail plus artistique que pédagogique. Je voulais faire autre chose que ce qui existe déjà et constituer un groupe de travail et de recherche autour d'un spectacle que nous allions écrire et monter ensemble.

Un mot pour conclure sur Elisabeth Bouchaud avec qui vous préparez "Majorana 370"
Cette auteure-interprète est d'abord une scientifique. À Paris et à Avignon, elle dirige la Reine Blanche, deux lieux questionnant le lien entre Arts et Sciences. Avec Florient Azoulay, elle a écrit cette pièce passionnante qui intrique deux destins, d'une part celui d'Ettore Majorana, grand physicien italien des années 30 dont on a perdu toutes traces avant la guerre, d'autre part celui d'une femme qui aurait pu se trouver dans le vol MH 370 (Kuala Lumpur-Pekin) et qui a aussi disparu des radars. Avec ces proches que sont mes anciens élèves du Conservatoire, partageant avec moi une recherche sur le jeu de l'acteur, je fais une mise en scène autour de l'intrication quantique !
Interview par Philippe Escalier
Paru le 30/01/2020

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