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D.R.


Folles de son corps
La mise en scène d'Alain Sachs, la participation de Marthe Mercadier, Christine Delaroche, Jacqueline Jehanneuf, Jean-Paul Pitolin, Jean-Pierre Malignon et Jacques Ciron, promettent de bons moments. Guy-Claude François, décorateur de La Belle Mémoire fait partie de l'aventure, de même que le "Caravan Quartet" qui assure la partie musicale. Tout a été fait pour que le public soit fou de cette pièce !
Directeur de casting, Gérard Moulévrier vient de prouver, ces deux dernières années, l'intérêt tout particulier qu'il porte au théâtre. Metteur en scène de "La Souricière" et de "Qu'est-ce que sexe ?", le nouveau spectacle de Michel Leeb, il a écrit, avec "Folles de son corps", sa toute première pièce. Entre Cannes et Menton, l'action se passe dans une maison de retraite aisée où l'une des pensionnaires s'est mise en tête de monter une comédie musicale, activité artistique à laquelle le troisième âge n'est pas forcément accoutumé ! La directrice de l'endroit ne peut que s'inquiéter de ce regain d'activité, d'autant que l'arrivée du nouveau professeur de gymnastique, un beau Black athlétique, commence déjà à provoquer des remous...


====== INTERVIEW ======

Jacques Ciron

Cultivé et courtois, Jacques Ciron, nous raconte avec une véritable gourmandise ses souvenirs et sa participation à "Folles de son corps" à l'affiche des Bouffes-Parisiens.

1951, cours Escande. Pour Jacques Ciron, cette année-là marquera les prémices d'une belle carrière. À Paris ou en tournée, il ne compte plus le nombre de
représentations qu'il a données. Sa préférence marquée pour le théâtre ne l'empêche pas de jouer pour la télévision et le cinéma.

- tatouvu.mag : Entre votre dernier spectacle et l'actuel, il y a un point commun, c'est Marthe Mercadier !
- Jacques Ciron : Oui, nous avons fait ensemble une tournée cet hiver dans "Treize à table", mis en scène par Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé. J'ai joué avec elle pour la première fois en 1959, "Chérie noire" (c'était hier !), avec cet excellent comédien qu'était Jean Jacques. J'ai eu plusieurs fois l'occasion de retrouver Marthe, mais beaucoup plus tard, en 1988, dans les six cents représentations de "La Présidente".


- On vous a surtout vu dans des rôles comiques...
- JC : J'ai fait énormément de comédies, en effet, mais j'ai aussi beaucoup joué de classiques. J'ai été assistant, en 1963, de Jacques Charon à la Comédie-Française pour "Cyrano de Bergerac", le triomphe de Jean Piat. J'ai également fait une tournée autour du monde avec "Le Misanthrope" (en compagnie de Jacques François) qui nous a emmenés à Hollywood où nous avons joué pour Simone Signoret, Charles Boyer et Louis Jourdan ; et en Iran pour une représentation inoubliable devant l'impératrice Farah.

- Il y a aussi le cinéma, mais dans une moindre mesure !
- JC : Au cinéma, j'y ai travaillé davantage étant plus jeune. Mais pour être franc, il s'agissait plutôt de films commerciaux qui vous permettent de vivre, mais ne font pas avancer votre carrière. J'étais un jeune premier comique avec une bobine incroyable, je l'ai toujours du reste ! Une année d'études dans une université américaine m'a permis de parler anglais et de tourner dans des films américains. Le dernier en date étant Frantic de Polanski avec Harrison Ford. Je garde aussi le souvenir d'un film à sketches tourné par Vittorio De Sica, avec Shirley MacLaine et de Lady L réalisé par Peter Ustinov que j'ai retrouvé dans les Hercule Poirot, où je doublais son assistant.


- Vous en avez doublé plus d'un !
- JC : J'ai doublé Alfred dans Batman - les quatre films, mais aussi les dessins animés -, qui ont représenté soixante épisodes. Des dessins animés, j'en ai fait des tas, Babar, Pinocchio, de grands trucs qui s'étalaient sur un an ou deux. J'en fais moins, on prend des voix plus jeunes même si, comme vous pouvez le voir, je ne suis pas encore
gâteux ! (Rires.)


- Puisque vous parlez d'âge, les comédiens ne prennent donc jamais leur retraite ?
- JC : Ah non, jamais, grâce à Dieu ! Regardez Danielle Darrieux, elle est superbe, ou encore Jean Piat, c'est une merveille. Il est beau, il rayonne, c'est incroyable. Moyennant, il faut le dire, une somptueuse discipline.


- ... qui est aussi la vôtre ?
- JC : J'y donne des coups de canif de temps à autre, mais je fais très attention ! Vous voyez, je fais partie de ces comédiens qui vont en moyenne quatre fois par semaine au théâtre, lorsque je ne joue pas.
Le reste du temps, je ne vais pas dans des dîners en ville, je me couche de bonne heure, sauf hier soir où j'ai eu une fuite d'eau dans mes toilettes ! (Rires.)


- Avez-vous une autre passion que le théâtre ?
- JC : J'ai toujours voulu en faire. Déjà, tout petit, lorsqu'on me demandait ce que je voulais pour Noël, je répondais : "Un déguisement !" Chez mon oncle, il y avait de grands cartons des Galeries Lafayette, je les découpais, je faisais des rideaux, j'inventais des histoires et je jouais devant mon public, mais... je faisais payer les places ! (Rires.) Sinon, je dois ajouter que j'ai toujours aimé voyager. Ma chance a été que ces deux passions se complètent.


- Dans "Folles de son corps", il y a une partie musicale. Vous avez déjà chanté sur scène ?
- JC : Pas beaucoup, contrairement aux jeunes comédiens qui, de nos jours, sont formés pour chanter et danser. Je n'ai jamais poussé la chansonnette, mis à part dans Dédé, avec Antoine aux Nouveautés ou encore dans Célimare le bien-aimé en 2003, au théâtre de la Tête d'Or, dirigé par une femme formidable qui monte d'excellents spectacles. D'ailleurs, j'ai envie de dire aux artistes : "Si un jour madame Jacqueline Bœuf vous invite dans son théâtre, précipitez-vous les yeux fermés !"
Interview par Philippe Escalier
Paru le 22/03/2004

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